«Toujours vivante»: Street art contre les violences conjugales

En ce jour de Fête des mères, notre collectif, Citoyenne Féministe, lance une campagne nationale de street art contre les violences conjugales.

Communiqué de presse de « Citoyenne Féministe »
Dimanche 26 mai 2019

Graffiti Miaoutoo et Kwim pour Citoyenne Féministe, Tour Eiffel © Citoyenne Féministe Graffiti Miaoutoo et Kwim pour Citoyenne Féministe, Tour Eiffel © Citoyenne Féministe

Si pour certain.e.s, cette journée est l'occasion de mettre les mamans à l’honneur, nous souhaitons rappeler qu’être mère ne protège pas : 40 % des violences conjugales démarrent lors de la première grossesse et 1 femme sur 10 souffre de violences physiques et psychologiques dans l’année précédant la naissance d’un enfant.

Les violences ont des répercussions dramatiques sur les victimes. Blessures, coups (notamment au ventre pour 28 %), mais aussi violences sexuelles (82%), peuvent entraîner chez la femme enceinte dépression, envies suicidaires, état de stress post-traumatique, conduites à risque, troubles du sommeil, troubles alimentaires, troubles cardiovasculaires, hypertension artérielle... Le foetus est lui aussi touché : risques de fausse couche, d’accouchement prématuré ou d’hypotrophie à la naissance. Des conséquences graves, aussi sur le développement de l’enfant qui est alors davantage exposé à des handicaps, troubles du comportement, troubles dépressif….

Partant de ce constat alarmant, nous, Citoyenne Féministe, avons décidé de relancer notre campagne de street art « AIME-MOI », menée le 14 février pour la Saint-Valentin. Nous avions, par un collage nationale de «QR Code1», diffusé un appel à témoignages adressé à toutes les victimes de violences conjugales.

 © Citoyenne Féministe © Citoyenne Féministe
Aujourd’hui, en France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son (ex)compagnon. Des statistiques lourdes de sens, malheureusement biaisées car on ne comptabilise pas les suicides forcés. Combien de femmes se donnent la mort chaque année suite aux violences subies? Combien de bourreaux ne se voient jamais inquiétés d'une quelconque investigation ou information judiciaire?

Parce que l'absence d'études et de statistiques empêche de réaliser l'ampleur de ce fléau, nous continuons donc de mener notre propre enquête. Par le biais d'un questionnaire en ligne, nous relançons notre appel afin de récolter 1000 témoignages et lever enfin ce tabou. Libérons la parole et écoutons celles qui luttent ou ont lutté pour s’en sortir!

Grâce à la mobilisation d’une soixantaine d’activistes, suite à notre appel via les réseaux sociaux, 17 000 «QR Code» ont été collés dans 22 villes : Marseille, Paris, Avignon, Toulouse, La Roche S/Yon, Tours, Flers, Quimper, Audierne, Douarnenez, Pouldreuzic, Landudec, Plonéour-Lanvern, Plozevet, Pont-l’Abbé, Pluguffan, Scaer, Mantes la jolie, Poitiers, Lille, Bourges et même Bruxelles !

Femmes et hommes de toute la France se sont reconnu.e.s citoyen.ne.s féministes pour agir et porter ce combat à nos côtés. Dix graffeur.se.s (Beds, Dyan Art, Inos, Kwim, Lillipute, Miaoutoo, ER Crew) se sont joint.e.s à ce projet à Paris (Tour Eiffel, Notre Dame et Canal Saint-Denis) et à Marseille (Ombrière du Vieux port). Elles.Ils ont réalisé des fresques de plusieurs mètres dédiées à celles qui sont TOUJOURS VIVANTES.

Graffiti ER CREW pour Citoyenne Féministe, Paris © Citoyenne Féministe Graffiti ER CREW pour Citoyenne Féministe, Paris © Citoyenne Féministe

Graffiti Miaoutoo et Kwim pour Citoyenne Féministe, Tour Eiffel © Citoyenne Féministe Graffiti Miaoutoo et Kwim pour Citoyenne Féministe, Tour Eiffel © Citoyenne Féministe

Graffiti Dyan Art, Lillipute, Beds pour Citoyenne Féministe : Vieux port, Marseille © Charlotte Ricco Graffiti Dyan Art, Lillipute, Beds pour Citoyenne Féministe : Vieux port, Marseille © Charlotte Ricco

Une campagne nationale liant art et initiative citoyenne, pour diffuser un message de soutien. Un élan solidaire pour que toutes les femmes victimes de violence soient reconnues et enfin entendues.

Citoyenne Féministe

“En lutte contre les violences conjugales !”

 

 

1Un “Qr Code” est un type de code-barres que l'on peut scanner avec son téléphone portable, permettant d’encoder des données. Il s'agit le plus généralement d'un lien vers une page Internet (URL).

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