Témoignage d’un chômeur, partie 3 : colère et peur

Cet article-ci n'était pas prévu, je le publie néanmoins au lendemain des annonces d'Edouard Philippe et de Muriel Pénicaud. Il est brouillon et peut-être décousu. C'est une réaction au lendemain d'une annonce de la chasse aux chômeurs.

Cet article-ci n'était pas prévu, je le publie néanmoins au lendemain des annonces d'Edouard Philippe et de Muriel Pénicaud. Il est brouillon et peut-être décousu. C'est une réaction au lendemain d'une annonce de la chasse aux chômeurs.


Aujourd’hui je me réveille tard, il  a fait chaud, j’ai mal dormi, mon compte en banque a occupé une partie de mon esprit et m’a taraudé jusque tard dans la nuit.

 

Ce matin je me réveille avec le sentiment que le ciel nous tombe, une fois de plus, sur la tête. Je revois les images de la conférence de presse à Matignon qui déballe les mesures punitives, violentes et injustes. Des mesures qui veulent conformer la réalité à une vision idéologique plutôt que de prendre en considération le réel et adapter les prises de décisions politiques à la catastrophe humaine que vit notre société : le chômage de masse et son cortège de dépression, angoisse, mal-être, familles brisées et morts qui l’accompagnent.

 

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Je revois les quelques capsules vidéos qui circulent sur les réseaux et je croise la route de celles qui en montrent le seul moment de vérité : le lapsus de Muriel Pénicaud. Cette réforme « pour la précarité ». Ce pourrait être drôle si seulement ce n’était pas aussi dramatique. Cette ancienne DRH du groupe Danone, devenue Ministre du travail digne héritière de sa prédécesseuse a déjà cassé le code du travail, supprimé les cotisations sociales, rendant de fait les négociations de l’assurance chômage impossible et conduisant directement à ce scénario : la reprise en main par le gant de fer de l’Etat de la réforme de la protection de l’ensemble des travailleurs et travailleuses pour le pire, le dur, l’inique et le violent.

Je me réveille donc dans ce monde où Thatcher dirige la France, avec son idéologie ringarde, dépassée et irresponsable. Et je dois vous le dire très honnêtement : je suis terrifié.

Terrifié de ce qu’il va collectivement nous arriver. Terrifié de l’absence de réaction des organisations politiques ou syndicales, impuissantes et rendues impuissantes.

Je tremble d’angoisse.

Et je tombe sur une autre capsule vidéo : celle de Christopher Barbier sur BFM, une nouvelle, qui après nous avoir gratifié de son point de vue sur les retraités qui seraient des enfants gâtés, sur les congés payés et la nécessité de supprimer la 5ème semaine, ânonne maintenant que la réforme « n’est pas assez violente ».

Je pense qu’il n’est même pas nécessaire de commenter cette prise de parole. Je ne le ferai pas.


Je vous laisse apprécier plutôt ce dessin d'actu fait par Allan Barte (soutenez-le !)

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Je suis terrorisé.

Je me demande ce qu’il va se produire lorsque j’arriverai en fin de droits, mes pauvres 26 euros par jour ne dureront pas éternellement. Je me demande ce qu’il va se produire. Comment je réglerai mes factures, me nourrirai me logerai.

Comment trouverai-je un travail, alors que d’emploi, il n’y en a pas ?

Et je revois les images des Ministres qui annoncent fièrement vouloir promouvoir le travail lutter contre le chômage et atteindre le plein emploi.

Je tremble de rage.

C’est gens auront notre peau. Ils nous détruiront. C’est ce qu’ils font depuis leur arrivée au pouvoir.

Je tremble. Je ne sais plus si c’est de colère, de rage, de peur, d’angoisse ou de terreur. Peut-être un peu tout cela à la fois ?

Je lis l’article de Dan Israel, un article que je vous conseille de lire ici, le ton journalistique laisse transpirer la colère de son auteur. Même lui, dans cette rédaction qui est devenue, qu’on l’apprécie ou non, un modèle journalistique, même lui ne peut contenir totalement dans son écriture sa colère et sa consternation.

Cette réforme est absurde, injuste et inique. Elle est punitive et violente. Elle fait faire des contorsions au réel pour le conformer à une vision idéologique quitte à casser, ce faisant, des individus, des êtres humains, pour parvenir à ses fins.

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