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Billet de blog 12 octobre 2010

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Claire Houbert participe au rallye pour le respect de la loi SRU

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Samedi 9 octobre 2010

Un rallye pour le respect de la loi sur le logement social. La Frette, Le Plessis-Bouchard, Enghien…bientôt Auvers.


Trois bus ont été affrétés ; une organisation parfaite a permis que toute l’opération se déroule sans heurt.

Samedi 9 octobre au matin, une bonne centaine de personnes se sont donné rendez vous à Bezons à 8h30, sont parties en car afin d’aller manifester devant les mairies des villes de notre département qui ne respectent pas la loi SRU. Les trois communes choisies pour cette matinée : La Frette (4450 habitants, maire : Maurice Chevigny) Le Plessis-Bouchard (7600 habitants, maire : Gérard Lambert-Motte) et Enghien (12 200 habitants, Maire : Philippe Sueur).

L’initiative est venue du Maire de Bezons, Dominique Lesparre, rejoint par le maire d’Argenteuil. Ils en appellent au Préfet afin que celui-ci organise une pression sur les élus des villes hors la loi.


La pression doit s'organiser sur les élus hors la loi

Les arguments sont limpides : les villes comme Argenteuil et Bezons comptent entre 40 et 50% de logements sociaux : elles doivent préserver les capacités vitales de leurs population et la mixité sociale. Ces élus ne veulent plus accueillir les dossiers DALO (Droit au logement opposable) qui viennent des autres villes : celles qui n’ont pas de logement social.

Nos deux élus, Claire Houbert et Xavier Boggio, ont souhaité soutenir et participer à cette manifestation, comme citoyens et élus de la commune d’Auvers qui fait partie des villes du Val d’Oise qui comptent moins de 5% de logements sociaux.

C’est devant la mairie de La Frette que l’ambiance fut la plus crispée. Le maire recevait ses deux collègues de Bezons et d’Argenteuil dans son bureau alors que devant la mairie, un « comité d’accueil » composé de militants et d’élus de La Frette distribuait un tract faisant état des contraintes « bien connues » qui empêcheraient la ville de construire comme elle le souhaiterait. André Bourdon, adjoint au maire, est en colère: "Qu'on nous aide! la région a bloqué une subvention qui pouvait permettre de construire 17 logements dans un petit immeuble. Ce qui est insuportable, c'est qu'on vienne nous dire qu'on est des salauds, qu'on est contre le logement social; qu'on vienne chez nous nous donner des leçons, c'est inconcevable"


Claire Houbert discute avec les élus de La Frette

Surprise : Auvers est mentionnée dans ce tract : « Tout le monde admet (y compris les services de l’état) que cet objectif (330 logements sociaux d’ici 2022) ne peut être atteint compte tenu de la situation particulière de la commune qui est assez comparable avec celle d’Auvers sur Oise. » explique le tract défendant la gestion du maire de La Frette. On entendra aussi Philippe Sueur devant sa mairie d’Enghien évoquer, lyrique: « l’église de Van Gogh, qu’on ne peut quand même pas détruire pour construire des logements ! » C’est bien connu, le fond de la classe se serre les coudes.


Devant la mairie d'Enghien

Tous les ans, les rapports des ONG sur le mal-logement nous incitent à réfléchir à notre responsabilité, à la responsabilité des politiques en la matière. Nous le savons, il est possible de construire « bien » de construire « beau » et de construire « durable ».

Le Préfet, lors de la dernière assemblée départementale, répondait à Dominique Lesparre qui l’interpellait sur sa responsabilité dans la non application de la loi sur le logement : « oui, oui, bien sur qu’il faut construire, mais pas sans penser à l’emploi : le logement suivra automatiquement l’emploi » reprenant ainsi une règle sacrée qui veut que les gens viennent planter les tentes près des bassins d’emploi.

Nous ne sommes plus au 20eme siècle et encore moins au 19em et certaines expertises nous disent aujourd’hui exactement le contraire au regard de l’évolution de la population et de ses besoins.

Le logement est un droit. Un logement stable et sain permet l’épanouissement d’une vie de famille ou d’une vie d’homme, de femme ; c’est la condition premiere d’une égalité des chances effective.


Le texte des affiches: "Cette ville est hors la loi; il manque 6000 logements sociaux sur le Val d'Oise. Que fait le Préfet?"

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