« Oui, le Val d’Oise fait partie du Grand Paris ! »Une salve d’applaudissements a salué cette annonce. Le Secrétaire d’Etat Christian Blanc s’est exprimé devant plus de trois cent personnes rassemblées autour d’élus et responsables UMP du département lors d’un diner débat à Sannois. La question de l’oubli du Val d’Oise dans le projet emblématique de la Présidence Sarkozy a été posée à grands coups d’affiches et de communiqués par l’actuel Président du Conseil Général, Didier Arnal.La réponse est claire, le Val d’Oise est concerné. Le Ministre promet de surcroit « un projet précis de développement du Val d’Oise d’ici la fin de l’année ».Christian Blanc a souhaité placer son intervention sur un plan historique, n’hésitant pas à situer le projet « Grand Paris » dans la lignée des grands bouleversements de la Renaissance, époque de l’explosion des échanges entre les grandes villes hanséatiques du Nord de l’Europe. Le « Grand Paris » c’est quoi ?Le Grand Paris serait une structure institutionnelle englobant Paris et les communes environnantes, dont la création est recommandée par plusieurs projets qui différent sur son périmètre et ses attributions. (Source, Wikipédia)Pas très clair ? C’est aussi ce qu’ont ressenti les élus et représentants de notre groupe qui se sont rendu à l’invitation du député- maire de Sannois, Yannick Paternotte ce 8 juillet. L’idée générale qui orchestre ce grand projet a été longuement (et brillamment) développée par le Ministre en charge de la « région capitale » : il s’agit de se placer dans une continuité historique du développement de Paris et de sa place en Europe et dans le monde. Le sujet « dépasse les contingences locales » a précisé le Ministre, « il ne s’agit pas non plus d’un débat sur les équipements, cela, c’est un autre sujet, cela regarde la compétence régionale et l’établissement du SDRIFF (le schéma directeur de la région Ile de France) »Paris : « Ville-Monde »Tout part du concept de « ville-monde ». Vous serez fiers d’apprendre qu’il n’y a que quatre « villes-monde » sur la planète, et que Paris est une d’elle ! En effet, avec Londres, Tokyo et New-York, notre belle capitale entre dans le club ultra restreint (mais plus pour longtemps !) de ces villes dont l’attractivité, le mode de vie, la culture, bref, les « éléments de civilisation » font de chacune un « cœur du monde ». L’Histoire a donné à ces villes des capacités particulières en en faisant des lieux privilégiés de concentration de richesses, intellectuelles, industrielles et monétaires. Dans un avenir proche, elles seront rejointes pas Shanghai, Bombay et San Francisco. Christian Blanc s’est exprimé sur sa propre expérience qu’il « souhaite partager » Il a confié qu’il était à Shanghai au début de la révolution culturelle, et dans une des tours jumelles le 11 septembre 2001. Passionné de culture, observateur des évolutions du monde, il a insisté sur le rôle de la Chine, autrefois « usine du monde », demain 1ere puissance mondiale. « Il n’y a pas de place pour l’immobilisme » a-t-il martelé.Le « Grand Paris », c’est peut être une question de prise de conscience. « Nous n’avons pas conscience d’en être, et nous n’avons rien fait pour internationaliser Paris… » a-t-il regretté.L’histoire toute récente du développement parisien s’est fabriquée «en contrariété» avec les principaux acteurs. Le rééquilibrage vers l’Est par exemple, avec l’émergence de Marne la Vallée, n’a pas été un succès économique. Il a fallu attendre l’implantation de Disney pour dynamiser la ville nouvelle.Le ministre a longuement évoqué le rôle prépondérant des aéroports et des gares RER. Evoquant le Bourget par exemple, 1ere plateforme du tourisme d’affaire en Europe et dont les potentiels ne sont pas suffisamment pris en compte.C’est sur le plan des transports collectifs que l’exposé de Christian Blanc se fait plus précis ;Il situe le développement des transports parisiens sur un plan historique :1900-1905 l’époque héroïque : « 20 kilomètres de métro creusés au pic et à la pioche en 5 petites années. Un exploit qu’on serait bien en peine de reproduire aujourd’hui », ironise gentiment le ministre.1950-1960 l’époque Gaulliste : 107 kilomètres de RER avec à la clé, la création de la région Ile de FranceDans la lignée de ces grandes dates historiques, Christian Blanc annonce la création dans les années qui viennent d’un métro à grande vitesse : 130 kilomètres de métro automatique, reliant entre autre le Bourget à Roissy ; Lancement des travaux en 2012, planifiés sur 10 ans et un coût estimé à 35 milliards d’euros. La mise en lien de l’économie et de l’urbain « Dans un maillage de transports reliant l’habitat et l’emploi, associer le développement économique et l’urbanisation devient relativement simple » C’est sur cette idée ambitieuse que se construira le projet et c’est sur ce thème que le Ministre Christian Blanc achèvera son exposé avant de se soumettre au jeu des questions avec le public. Une dizaine de « territoires extraordinaires » ont d’ores et déjà été déterminés. Des ensembles urbains existants, au sein desquels une synergie s’est déjà développée sur le modèle « cluster » (c'est-à-dire du regroupement d’activités qui se fertilisent entre elles) Exemple : le secteur St Ouen/Aubervilliers qui regroupe des studios de réalisation numérique, des équipements pour la création de films, des studios de mode etc. et qui est destiné à devenir un des deux ou trois pôles de développement de créativité compétitive. Autre exemple au sud du périf. Autour de Villejuif, une « concentration d’hôpitaux connus, de labos, qui ne communiquent pas entre eux actuellement »(une pierre dans le jardin des élus locaux, qui d’après le ministre n’ont pas su créer le lien entre ces différentes entités)« Si la France veut garder son positionnement légué par l’Histoire, conclut le Ministre, il faut organiser un véritable plan de bataille pour se doter des capacités de développement dans un domaine clé pour l’avenir, le domaine de la biotechnologie, un des grands enjeux de la science du vivant »A la toute fin, le Secrétaire d’Etat a tenu à revenir sur une soirée récente, lors de laquelle, invité à Montfermeil, il assistait à une représentation des « Misérables » de Victor Hugo. Il a parlé de son émotion devant ce spectacle « plein de symboles » revisitant les valeurs de « de dignité, de culture et de travail » et prenant toute sa dimension dans une cité dite difficile.Apres le diner, de nombreuses questions venant du public ont été traitées, dont certaines ont donné lieu à des mises au point sur des sujets d’actualité pour notre département.Particulièrement la première question sur le projet de circuit de formule un dans le val d’Oise : « S’il doit y avoir un circuit de F1 en Ile de France, ce sera dans le Val d’Oise, et s’il se réalise, ce sera à Sarcelles » La rumeur qui a suivi cette annonce ne nous a pas semblée très positive. Ce projet est actuellement très contesté par les mouvements de l’écologie et de la défense de l’environnement regroupés au sein d’un collectif qui vient juste de recueillir le soutien de …Yanick Paternotte, hôte de cette soirée débat. La question de la gouvernance du futur Grand Paris a été posée.Sans se dérober Christian Blanc a déclaré qu’il n’y avait pour l’instant « pas de perspectives précises sur la gouvernance » et que la meilleure façon de ne pas se tromper en la matière était de « partir du projet pour aller vers la gouvernance » Le statut de la future « région capitale » est donc en stand bye.La question de la jeunesse, comment permettre aux jeunes de trouver suffisamment d’attractivité pour qu’ils décident de s’y installer et d’y bâtir un projet, le Ministre a choisi de répondre sur un mode assez « décalé », en évoquant la beauté de la ville « la ville de l’amour »(sic), son art de vivre, « plus attractif qu’un PIB » a-t-il lancé. Idem sur le dernier thème abordé durant cette soirée : le respect de l’environnement. Il a renié la terminologie faisant du futur Grand Paris le grand laboratoire du développement durable. Il a préféré là aussi évoquer l’ « Art de vivre de cette grande et belle ville » plaçant avec une certaine hardiesse la « beauté » comme un axe du développement durable, ce qui résonne positivement chez les défenseurs du paysage que nous sommes ! Plus concrètement il a évoqué trois domaines liés au développement durable : Les transports collectifs (déjà largement évoqués au cours de la soirée) le principe de construire le plus possible sur l’existant, et enfin le développement de l’innovation en matière de voiture propre, domaine ou nous accusons un gros retard sur le plan mondial.En dépit de la phrase de conclusion qui reprenait le concept un tantinet rebattu du « penser global pour agir local » (à moins que ce ne soit l’inverse) nous sommes sorti de cette réunion avec des informations intéressantes et l’impression favorable d’un homme brillant au service d’une cause ambitieuse. Les représentants de notre groupe ont proposé une question concernant le traitement des pôles touristiques et l’amélioration des liaisons ferroviaire qui les relient à Paris. Toujours dans le domaine du tourisme, nous souhaitions évoquer le devenir des paysages remarquables du Vexin que nous considérons comme acteurs à part entière du développement durable. Malheureusement nous n’avons pas eu de réponse sur le moment. Toutefois, le cabinet du ministre devrait répondre par mail aux questions posées. A suivre donc…
Billet de blog 20 août 2009
Compte rendu d'une conférence du Ministre Christian Blanc dans le département du Val d'Oise
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