SOS Éducation, qui a fait de la lutte contre l'illettrisme scolaire une de ses principales missions, propose donc quelques pistes aux familles pour aider les enfants à bien apprendre à lire et écrire.

 

Dès la maternelle :

La priorité : le goût de lire !

Avec le rythme de vie actuel, il n’est certes pas facile de trouver le temps pour lire une histoire chaque soir à son enfant avant le coucher. Pourtant, toutes les études rassemblées par SOS Éducation montrent que ce rituel est essentiel pour la formation de l’imaginaire et la maîtrise du langage chez les plus petits. Pour y parvenir, le choix d’un livre de petits contes, ou d’un récit aux chapitres brefs, peut être d’une aide précieuse. SOS Éducation invite à demander conseil aux libraires, qui sont souvent sollicités par les parents et bénéficient don d'un large retour d'expérience. Pas besoin de faire long, ce qui compte est de passer régulièrement un bon moment avec l'enfant, autour d’un livre. SOS Éducation souligne que cela suppose d’avoir éteint la télévision suffisamment en amont... 

Jouez avec les sons !

La prise de conscience de la variété des sons est essentielle à la lecture, mais elle n’est pas automatique, indique SOS Éducation. En effet, de nombreux enfants ne parviennent pas, lorsqu’ils ont 4 ou 5 ans, à distinguer les sons de la langue orale « au », « en », « on », « ein ».... D’où la nécessité d’un travail portant sur leur écoute et leur capacité de discrimination : inviter l'enfant à trouver des rimes aux mots, à distinguer les syllabes, à prononcer et écrire un couple de lettres, etc. On trouve en librairie de nombreux jeux de préparation à la lecture reposant sur ce principe, et SOS Éducation recommande en particulier ceux inspirés de la méthode Montessori. Dans la vie courante, tout peut être prétexte à cet apprentissage : les lettres sur les panneaux, sur les devantures de boutiques, sur les emballages alimentaires, les plaques minéralogiques...

Donnez du sens à l’écrit !

Les enfants voient de plus en plus leurs parents pianoter sur des écrans et des claviers, de moins en moins tenir un stylo... pourtant, les occasions de les faire écrire ne manquent pas ! Dès que l'enfant maîtrise l’alphabet, SOS Éducation propose de lui dicter, lettre par lettre puis syllabe par syllabe, une petite liste de courses, une recette, un mémo, ou rédiger des cartes postales, qui feront le bonheur des grands-parents.

 

En primaire :

Préparez le terrain !

Bien souvent, lorsqu'un élève à des difficultés pour lire, le problème vient d'ailleurs. SOS Éducation rappelle que faire vérifier la vue, l'audition de l'enfant est important, au moins une fois par an. Le sommeil compte aussi : une veillée tardive, c'est souvent le lendemain une journée d'école gâchée ! Enfin, l'accès aux écrans doit être régulé : des études citées par SOS Éducation ont montré qu'au-delà de 30 mn / jour, la consommation d'écrans (TV, ordinateurs, tablettes, jeux vidéos...) avait un impact négatif sur la réussite scolaire.

 

Déchiffrez !

Quel que soit le manuel de lecture utilisé, SOS Éducation souligne qu'un élève ne devient bon lecteur que lorsqu’il a acquis une compétence fluide de déchiffrage. Il est donc essentiel de faire travailler régulièrement l'enfant sur le déchiffrage de textes nouveaux, en ayant soin de lui expliquer leur sens, ou en le laissant choisir lui-même un livre qui l'intéresse ! SOS Éducation recommande aussi de s'appuyer sur une méthode de lecture progressive, cohérente et explicite (voir ci-dessous), qui permettra à l'enfant d’automatiser l’association entre phonèmes (sons) et graphèmes (associations de lettres).

 

Lire et écrire !

Apprendre à lire, c’est aussi apprendre à écrire. Dans le cerveau de l'enfant, détaille SOS Éducation, l’activité d’analyse (graphèmes-> phonèmes) est en effet intimement liée à l’activité de synthèse (phonèmes -> graphèmes). Autrement dit, pour  apprendre à l'enfant à bien lire, faites-le écrire ! Petites dictées, tenue d'un journal, ou tout simplement copie d'un petit texte, l'important est de varier les plaisirs, et de s'exercer régulièrement dans une ambiance calme...

 

Quelle méthode de lecture ?

Méthode alphabétique ou syllabique

Dans cette approche, le déchiffrage du code prime. Il s’agit de mettre en relation les propriétés phonétiques de l’alphabet avec les lettres, faisant opérer à l’élève l’association d’une lettre ou d’un groupe de lettres à un son. SOS Éducation évoque ainsi les maîtres d’autrefois qui faisaient chanter à tue-tête à leurs élèves les syllabes dessinées au tableau noir « pa, pe, pi po, pu, pé, pè, pê… » avant de leur proposer de débiter des phrases : « pa-pa fu-me sa pi-pe ». Ils introduisaient ensuite une par une les complexités de notre langue (liaisons, lettres muettes, etc.). La méthode syllabique met d’emblée l’élève en contact avec le mot dans sa construction, ce qui lui servira plus tard à repérer radical, préfixe et suffixe, à enrichir sa pratique de la langue en étant capable de regrouper des mots de la même famille. Elle lui demande de travailler de manière répétitive sur des objets simples : le « b-a.ba ». Très intuitives à utiliser, ces méthodes syllabiques sont à privilégier systématiquement, martèle SOS Éducation.

 

Méthode globale, semi-globales ou idéovisuelles

Les tenants de la méthode globale ou de ses dérivées privilégient la dimension de compréhension, l’immédiateté du rapport au sens. L’approche globale consiste à reconnaître visuellement le mot dans sa totalité. L’élève le « photographie » mentalement pour pouvoir, ensuite, le reconnaître dans un texte. Très vite, l’enfant a le sentiment de savoir lire. Il s’appuie sur sa mémoire, est invité à comprendre et à sauter l’étape ingrate du déchiffrage. Mais il lui est dès lors impossible de lire un mot qu'il ne connaît pas...  La majorité des enseignants s’appuie malheureusement aujourd'hui sur ces méthodes, déplore SOS Éducation, qui rappelle que 20% des élèves de 6ème sont aujourd'hui en situation d'illettrisme.

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