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Le Club de Mediapart jeu. 25 août 2016 25/8/2016 Dernière édition

Non coupables !

 Maroc : 2 ans de prison. Malte : 3 ans de prison. Brésil : 4 ans de prison. Chili : 5 ans de prison. République démocratique du Congo et Indonésie : 10 ans de prison. Irlande : 14 ans de prison. Salvador : 40 ans de prison. Quel crime mérite donc des condamnations aussi lourdes ? Quel crime, dans ces pays, peut mener une femme à la case prison ? Avorter.

 Maroc : 2 ans de prison. Malte : 3 ans de prison. Brésil : 4 ans de prison. Chili : 5 ans de prison. République démocratique du Congo et Indonésie : 10 ans de prison. Irlande : 14 ans de prison. Salvador : 40 ans de prison. Quel crime mérite donc des condamnations aussi lourdes ? Quel crime, dans ces pays, peut mener une femme à la case prison ? Avorter.

A ces pays, il faut rajouter ceux qui restreignent le droit d’interrompre volontairement une grossesse : autorisation du géniteur, autorisation parentale pour les mineures, avortement uniquement en cas de viol, de danger pour la vie de la “mère”, de malformation du foetus, tarifs prohibitifs, mesures “désincitatives”. Derniers exemples en date : l’Espagne qui restreint l’accès à l’avortement pour les femmes mineures ; le Portugal qui a voté une loi déremboursant l’acte et soumettant la femme qui désire avorter à des entretiens préalables humiliants.

Une femme qui désire avorter est donc considérée comme une femme coupable, coupable d’avoir eu des relations sexuelles hors mariages, coupable de vouloir le contrôle sur son propre corps, coupable de vouloir échapper au pouvoir patriarcal qui s’exerce sur l’utérus des femmes.

 

Alors que la France a connu des avancées ces derniers mois, garantissant un peu plus le droit d’avorter, il ne faut pas oublier que seul 39% de la population mondiale vit dans des pays où l'IVG pratiqué à la demande de la femme est autorisé. En ce 28 septembre, journée mondiale pour l’accès à l’avortement sûr et légal, un chiffre fait froid dans le dos : celui du nombre de femmes qui décèdent chaque année des suites d’un avortement clandestin. 47 000. Soit une femme toutes les 9 minutes. Parmi celles qui en réchappent, beaucoup devront vivre avec des séquelles, quand ce n’est pas l’incarcération qui les attend.

Criminaliser l’avortement ne réduit pas le nombre d’avortements. Criminaliser l’avortement tue. La culpabilité incombe aux autorités qui, par idéologie, dogmatisme, conservatisme, refusent qu’elles puissent avorter dans des conditions sûres et dignes. Les femmes qui avortent sont non coupables !

Il est temps que la mobilisation des associations féministes trouve un écho institutionnel. Comment est-il possible qu’en 2015, chaque pays membre de l’Union européenne aie sa propre législation sur le sujet ? Alors que l’UE a inscrit dans la Charte des droits fondamentaux l’abolition de la peine de mort, elle fait la sourde oreille quant à l’avortement. Or, nous l’affirmons, avorter est un droit fondamental ! Garantir l’avortement à l’échelle européenne, c’est non seulement garantir l’avortement sûr pour toutes les femmes d’Europe, mais aussi lutter pour l’avortement à l’échelle mondiale. Si l’UE inscrit le droit d’avorter dans la Charte, ce qui se passe actuellement en Espagne et au Portugal ne sera plus possible. L’Irlande, Malte et la Pologne ne pourront plus jeter dans la clandestinité les femmes qui désirent avorter. Si l’UE inscrit le droit d’avorter dans la Charte, elle affirmera sa position unanime sur le sujet, et une diplomatie européenne des droits des femmes pourra exister. Les pays opposés à l’avortement savent s’organiser pour faire capoter toute timide tentative d’avancée en la matière, à l’ONU notamment. Aux progressistes de s’organiser. 

Nous voulons la liberté d’avorter pour toutes les femmes en Europe, car nous voulons la liberté d’avorter pour toutes, partout, sans condition et sans restriction. Mobilisons-nous pour faire pression sur l'UE !

Signataires 

Claire Serre-Combe, Porte-parole d'Osez le féminisme ! (France)

Betty Lachgar, co-fondatrice de M.A.L.I. Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Maroc)

Florentina Alarcón Hita, Présidente Fundación Mujeres (Espagne)

Maria José Magalhães, Présidente de UMAR (Portugal)

 

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Tous les commentaires

Et les mecs dans tout ça !
Ne sont-ils pas les premiers responsables ou coresponsables ?

 Franchement, moi je suis content d'être ici, et surtout content que ma mère n’ait pas fait de fausse couche lorsqu’elle me portait.
Je t'aime maman, papa aussi, mais il s'en fichait pas mal, du moment qu'elle lui donnait des enfants, dix dont deux fausses couches accidentelles. Ils ont eu une vie bien épanouie et bien remplie...

Je ne connaîtrai probablement jamais le bonheur d'avoir des enfants…
Mon ex-compagne a avorté, avec mon argent, sans m'en informer  et sans me dire qu'elle était enceinte, elle me l'a appris, preuve à l'appui, lorsque je l'ai quitté...

Nous étions marié, c'était en 1990, elle m'a demandé de l'argent pour partir un week-end à Londres avec des amis (e), je ne pouvais pas l'accompagner,  j'étais de corvé à mon travail.

Je ne peux pas lui pardonner... je ne peux pas me pardonner, j'ai ma part de responsabilité.

Mais elle n'avait le droit de faire ça, toute seule.

 

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L'auteur

Claire Serre-Combe

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