Les mouvements sociaux : provoquer une dynamique !

Suite à Sarah Roubato et réponse au commentaire de Jean Marc B

Toutes les  proposition, expériences et apprentissages sont bienvenus.

Eh oui ça fuse de partout . Il suffit de regarder des émissions comme "Le Média", de lire le "Canard Enchaîne" ou les billets de "Médiapart" : par exemple : Canteleu, Assemblée citoyenne, "Résiste, prouve que tu existes", ou le billet de Sarah Roubato ... etc ...

Tout le pays est en effervescence, mais je ne me rappelle pas avoir vu une telle veulerie chez les grandes organisations syndicales. Mettons de côté les "droites" classiques collaborationnistes par essence dès leur création, éternelles bénis oui-oui du patronat, ou la CFDT retournée vers le giron bien pensant clérical ... Mais, même la direction de la CGT a failli . On attendait tout de même un soutien à l'important mouvement populaire. Le soi-disant apolitisme incertain et monté en épingle des Gilets Jaunes est un mauvais prétexte à des  reniements et reculades éhontés. Ils ont tellement essuyé d'échecs qu'ils sont devenus incapables d'assumer ce pour quoi ils se sont créés aider les travailleurs à organiser leur défense. Des grèves se produisent partout qui attendent un relais médiatique national.(Quand le mouvement est très fort, même les médias pourris de l'oligarchie s'obligent un minimum à livrer quelques informations sous peine de trop se discréditer). Les mouvements féministes, des lycéens, des étudiants, les enseignants, les personnels hospitaliers, les postiers, les retraités, les verts et maintenant des banlieues s'y mettent,etc ... voire un syndicat de police ... Heureusement SUD est là, ainsi que des unions locales CGT, voire des unions départementales qui relèvent l'honneur de leur centrale.

Même l'ONU et l'Europe s'émeuvent.

Quant aux partis politiques ? on voit des groupes comme EELV se lancer seuls dans les élections européennes, parce qu'ils sont les meilleurs ( évidemment s'ils veulent n'être ni de droite ni de gauche, ou croire que la révolution verte pourra se faire sous les auspices du capitalisme ...bof ...).  LFI  également se lance seule dans ces élections, parce qu'ils sont les meilleurs... et d'autres encore ... Pourtant le parlement européen n'est qu'un alibi démocratique, il ne sert à rien ! aucune décision n'y est prise. Le résultat effectif pour nos vie n'en sera guère modifié. Mais l'effet politique, tant attendu par ces partis politiques en sera gravement affecté et l'effet sur le moral du bon peuple encore plus. Habituer les électeurs à ce que ces partis se ramassent des gamelles n'est pas du meilleur augure. Déjà, le PS qui se disait "de gauche" a payé ses trahisons et sa collaboration aux possédants, en disparaissant de l'horizon politique. Les partis "plus" à gauche veulent-ils aussi disparaître en laissant le champ libre au RN, ou au pouvoir macronien qui aujourd'hui est déjà pire en pratiquant une politique dictatoriale que l'extrême droite doit jalouser ? Si cette gauche un peu plus anti oligarchique veut éviter des échecs néfastes à tous, il faudrait tout de même qu'elle s'en donne les moyens en évitant de se discréditer par des batailles qui apparaissent à beaucoup "intestines", des nuances d'optiques politiques que finalement peu ne comprennent, ou refusent d'accepter. Un minimum d'unité d'action serait nécessaire.

Un aparté qui peut servir d'exemple : le scissionisme sur-aigu des groupes trotskistes : nous avons pris l'habitude  de voir des groupes trotskistes se présenter aux élections, en général non pour espérer de quelconques victoires dans un système qu'ils considèrent à juste raison comme totalement pipé, mais surtout comme occasion de se faire entendre. Evidemment les résultats en termes électoraux sont connus : de mémorables gamelles. Dans leur fonctionnement internes les nombreuses discussions quelquefois trop vives, des désaccords, ont conduit plus que souvent à des scissions. Il est évidemment trop facile de quitter un groupe très petit pour créer quelque chose qui risque de ne pas être beaucoup plus petit. Imaginons maintenant que LO, la LCR, L'OCI, voire quelques anars se soit unis pur se présenter en front commun ; le résultat aurait été euphorisant, la mise de côté de désaccords (qu'à l'extérieur personne ne comprend) aurait entraîné un gain de popularité et "comptable" plus important que la simple addition des originaux. Un exemple : la création du NPA a eu pour résultat de réunir un nombre d'adhérents supérieur à ce que comptait les groupes initiateurs (les désaccords internes qui existent se règlent par le biais des tendances qui peuvent même avoir une audition extérieure mais ne nuisent pas à l'image d'ensemble.)

Alors, pour ces fameuses élections européennes (qui on le comprend n'ont d'intérêt que de représentativité), il faut  tout même admettre que comparativement aux partis de droite ( LREM , républicains, etc... FN), les partis de gauche ont beaucoup plus en commun que de divergences . Il ne viendrait à personne l'idée de les comparer politiquement . Mais pourtant ils s'entêtent à n'extérioriser que ces divergences, qui pourtant on l'a déjà vu sont souvent historiquement circonstancielles, voire pire quelques fois: querelles personnelles ...cela se fait au détriment de leurs électeurs fidèles ou potentiels. Ces états majors politiques oublient que même dans épisodes strictement électoraux les comptabilités qu'ils manient ne sont jamais statiques, mais qu'elles dépendent surtout de motivations subjectives et d'élans provoqués dans un sens ou un autre. Il y a une dynamique qui s'opère et qui dépend essentiellement de crédibilité d'une perspective encourageante ou non. Se présenter en ordre dispersé montre que l'on n'a pas envie de "gagner". Se regrouper, présenter un front uni "réchauffe" et provoque un entrainement qui fait boule de neige ... En Allemagne, après la 1ère guerre mondiale, les communistes allemands en présentant un front uni avec les sociaux démocrates (qu'ils n'avaient pourtant pas dans leur coeur) gagnèrent énormément en importance, en nombre et prirent une place grandissante dans les syndicats. Plus près de nous, on le constate avec le système français d'élection présidentielles quinquennales : après une élection présidentielle victorieuse, même si elle s'acquiert avec un nombre de voix minoritaire, le parti du président élu remporte systématiquement une majorité à l'élection législative qui suit ! Ce n'est que l'effet d'une dynamique entraînante, euphorisante ...

Alors, des élections sans finalité "intéressante" peuvent avoir un effet finalement favorable : un regroupement peut amener un gain victorieux supérieur aux "petits" groupes initiateurs et peut provoquer un élan extra électoral , c'est-à-dire entraîner un mouvement social qui renverse tout !

Il faut provoquer une dynamique ...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.