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Retraité du service public de l'emploi

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Billet de blog 17 janvier 2014

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LA MODERNISATION DU DIALOGUE SOCIAL À PÔLE EMPLOI ? SYNDICATS, DÉGAGEZ !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Depuis des lustres, le Syndicat national unitaire (SNU/FSU), l'un des principaux syndicats de l'Établissement public (55 000 salariés) occupe des locaux à Paris dans le XVème arrondissement, au rez-de-chaussée d'un immeuble HLM. Une douzaine de bureaux crasseux et une salle de réunion qui, depuis plus de 25 ans, n'ont jamais reçu le moindre coup de pinceau, forment un contraste frappant avec le bâtiment flambant neuf, luxueusement aménagé dans le 20ème, qui abrite l'armée mexicaine de la Direction générale de Pôle emploi.

L'actuel Directeur général a été nommé par la Droite et maintenu par la Gauche afin d'appliquer à la virgule près la politique de l'emploi décidée par le pouvoir précédent. Pour Jean Bassères, les bureaux modestes occupés par le SNU/FSU, c'est trop de faveur pour ce syndicat qui s'est opposé à la fusion de l'ANPE et des ASSEDICS et qui combat la libéralisation du service public de l'emploi.

Ce que le patron de Pôle emploi n'a pu obtenir, de gré, il compte l'obtenir de force. Il s'agit, en quelque sorte de la « brutalisation du dialogue social ! »

Les esprits chagrins diront qu'avec 5 millions de chômeurs et 9 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, on a d'autres chats à fouetter que les locaux d'une poignée de syndicalistes. Et la Direction compte bien sur l'indifférence des personnels de Pôle emploi qui sont « le nez dans le guidon » du matin au soir, croulant sous une charge de travail insupportable. C'est oublier que les organisations syndicales sont les premiers défenseurs, tout à la fois des victimes de l'exclusion et des salariés chargés de les aider à retrouver du travail. Et les priver des moyens élémentaires d'accomplir leurs missions, en les expulsant de leurs locaux, par exemple, est une atteinte flagrante aux droits des uns et des autres.

Enfin, s'attaquer à l'un des principaux syndicats du Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du « dialogue social », sous un gouvernement prétendument de gauche, c'est tout un symbole !

Depuis l'élection de François Hollande, la Direction générale de Pôle emploi multiplie les manoeuvres afin de museler les syndicats à l'échine insuffisamment souple. À chaque fois, elle a perdu devant les tribunaux. Pourtant, elle continue. La Direction ne peut agir ainsi sans avoir au moins l'accord tacite de la tutelle. D'ici à ce que Sapin envoie les CRS à Pôle emploi, comme chez Arcelor-Mital, PSA ou Goodyear...

L'affaire passe devant les juges le 18 mars prochain. À suivre, comme on dit.

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