LETTRE OUVERTE À GÉRARD FILOCHE ET AU PAPE FRANÇOIS

Cette adresse commune vous paraîtra curieuse, mais il me semble que l'actualité vous rassemble sur bien des points.

En premier lieu, vous adoptez, l'un et l'autre, des positions quelque peu en contradiction avec les organisations auxquelles vous appartenez. Certes, dans des rôle différents, Gérard, vous êtes clairement dans l'opposition interne, même si vous faites partie de la curie du parti socialiste alors que vous, François, êtes le premier des catholiques au sein du bureau politique de l'Église.

En second lieu, vous venez de produire, l'un et l'autre, deux textes majeurs, vous, Gérard, par une encyclique remarquable à l'adresse de vos amis du PS, lors du concile de Poitiers, vous opposant résolument à la ligne sociale-libérale dite « Macron-Valls-Aubry, favorable aux riches et défavorable à la classe laborieuse, pour faire simple et vous, François, par un texte d'orientation politique sur l'environnement qui devrait amener votre organisation à s'interroger sur l'un de ses principes fondamentaux : croissez et multipliez vous, ce qui remet clairement en cause quelques-uns des dogmes de l'Église, en matière de contraception, avortement, homosexualité.

En troisième lieu, il apparaît clairement que vos deux organisations présentent des points communs non négligeables : sclérose sévère ; immobilisme galopant ; intérêts collectifs sacrifiés aux profits individuels des clercs, de leurs chapelles et de leurs affidés.

Enfin, un point vous réunit tout particulièrement : bien que vous soyez écoutés par vos pairs, vous n'êtes pas entendus, mais vous vous obstinez quand-même à rester et à lutter de l'intérieur.

Si je puis me permettre un conseil, barrez-vous, aux noms de Dieu et Jaurès réunis ! Vous avez, chacun de vous, une notoriété qui vous permet, à coup sûr, de vous passer de vos appareils respectifs qui entravent vos actions progressistes. Il ne manque pas, j'en suis persuadé, d'organisations toutes prêtes à vous accueillir, bien plus proches de vos convictions les plus profondes.

Voilà. C'est tout pour aujourd'hui.

Bien à vous deux

Claude

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