Plaidoyer pour une implosion du PS

Aujourd'hui, Najat Vallaud-Belkacem a déclaré : « surtout, ne pas changer de cap. » Pierre Moscovici, quant à lui, considère « qu'il faut remobiliser l'électorat de gauche. » L'un et l'autre sont visiblement atteints du syndrome « d'autisme jospinien » qui avait abouti à la déroute du 21 avril 2002, avec l'élimination de Lionel Jospin à l'issue du 1er tour de la présidentielle.

Aujourd'hui, Najat Vallaud-Belkacem a déclaré : « surtout, ne pas changer de cap. » Pierre Moscovici, quant à lui, considère « qu'il faut remobiliser l'électorat de gauche. » L'un et l'autre sont visiblement atteints du syndrome « d'autisme jospinien » qui avait abouti à la déroute du 21 avril 2002, avec l'élimination de Lionel Jospin à l'issue du 1er tour de la présidentielle.

Surtout ne pas changer de cap ? C'est parce que le gouvernement socialiste mène les mêmes politiques économique et sociale que celles de l'UMP que les électeurs de Gauche, qui s'étaient mobilisés en faveur de Hollande en 2012, sont allés à la pêche ce dimanche. Remobiliser les électeurs du PS ? Il aurait été plus judicieux de les mobiliser avant le 1er tour par une politique réellement en rupture avec la précédente.

Depuis 1986, les majorités de Gauche à l'Assemblée nationale ont été systématiquement battues, pour ne pas dire balayées. En 1997, les Socialistes sont revenus au pouvoir suite à une erreur stratégique de Chirac. Et en 2012, c'est grâce au rejet de la personnalité de Sarkozy. Hormis en 1981, les Socialistes n'ont jamais accédé au pouvoir en raison d'une adhésion à leur projet pour la simple raison qu'ils n'en ont pas. À chaque fois, ils accèdent aux responsabilités en raison d'une sortie de virage de la Droite. À chaque fois, ils font leurs cinq ans de mandature et sont ensuite sèchement licenciés. Cette fois-ci, par une vague bleue fortement teintée de bleu marine à l'occasion de ce 1er tour des municipales 2014. Cinq petits tours et puis s'en vont, après, il est vrai, quelques réformes sociétales, seules à marquer la différence avec la Droite, comme la suppression de la peine de mort ou le mariage pour toutes et tous.

Le PS refuse, depuis la déroute des législatives de 1986, de s'interroger sur les raisons profondes de ce scénario infernal. En 2012, on a voté pour le changement. Il n'y a pas eu la moindre amorce de début de commencement de changement en matière de politique économique. Enfin si : l'adhésion sans réserve enfin avouée au libéralisme et aux thèses du FMI, de la Commission européenne, à l'orthodoxie des marchés financiers et de l'Organisation mondiale du commerce. Dans ces conditions, pourquoi voter socialiste, puisque l'on sait d'avance, que ça ne changera rien ?

Il aurait fallu ne pas gagner la présidentielle et les législatives de 2012. Il y aurait peut-être eu une chance, après un nouvel échec, que la gauche se recompose enfin. La victoire de 2012 a permis au PS de sauver les meubles et de camoufler son indigence idéologique. Va-t-il profiter de la débâcle de dimanche dernier pour se remettre en cause ? Les premières déclarations des responsables socialistes ne vont aucunement en ce sens. D'autres défaites sont donc nécessaires pour que la Gauche décide d'un nouvel Épinay... L'implosion du PS est le préalable indispensable à la reconstruction de la Gauche.

 

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