DSK : une affaire d’Etat ?


Nouveau rebondissement dans l’interminable affaire DSK. La thèse évoquée dès le début d’un coup monté destiné à éliminer le candidat DSK à la présidentielle française refait surface. C’est Edward Jay Epstein, un journaliste d’investigation réputé Outre-Atlantique qui ravive cette piste en évoquant notamment le piratage possible du téléphone portable du Directeur Général du FMI. Claude Guéant peut bien parler de "fantasmes" et Jean-François Copé de "grosses ficelles", les zones d’ombres sont réelles.

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Le mal est fait ou le résultat atteint selon le côté où l'on se place. DSK est aujourd’hui un homme mort au sens politique et même de la vie en société. Celui qui avait de grandes probabilités de devenir président de la république a été éliminé de la course par des faits qu’on aurait déclarés il y a quelques mois totalement farfelus et seulement dignes des scénaristes d’Hollywood. Seulement voilà, l’invraisemblable est arrivé. Et dans ces circonstances, quand il y a un mort la première réflexion qui vient à l’esprit est : "a qui profite le crime ?"

La réponse est évidente : à l'Elysée et à l'UMP. La vraie question est désormais de savoir si les moyens de l'Etat ont été, à un moment ou un autre, détournés pour faire tomber DSK, et dans l'affirmative dans quelle mesure.

L'interrogation n'est pas dénuée de fondements. Elle repose sur des précédents. Principalement le dévoiement des moyens de l'Etat auquel s'étaient livrés Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, les protagonistes de l'affaire Clearstream. Nicolas Sarkozy en a retenu tous les enseignements. Dans le droit fil de cette dernière, sans qu'aucune voix ne s'élève, l'ancien ministre de l'intérieur à depuis son arrivée à l'Elysée totalement modifié la structure du renseignement dans notre pays. Tout désormais remonte à la présidence de la République qui a seule la haute main sur les grandes oreilles et les services action.

Sans aller jusqu'à affirmer qu'il y a eu une machination au Sofitel de New York, le "simple" piratage du téléphone portable du FMI serait à lui tout seul une affaire d'Etat.

Les révélations d'Edward Jay Epstein constituent des faits nouveaux qui doivent être examinés. La démocratie ne peut s'accomoder de doutes et de suspicions.

Dans une république irréprochable, ce serait à une commission d'enquête parlementaire que devrait revenir le rôle d'éclaircir les faits. Les cambriolages successifs dont avait été victime Ségolène Royal, candidate malheureuse en 2007, avaient déjà un arrière-goût de barbouzerie.

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