Macron, la mort dans l'âme.

En 2002, à regret, honteux, j'ai voté Chirac. Je l'ai entendu dire qu'il nous était redevable, à nous qui avions encore les marques de la pince à linge sur le nez. Et oublier dès après son engagement de gratitude.

Je me suis promis ensuite de ne plus jamais céder aux sirènes du "vote barrage au FN".

Là, au premier tour, plein d'espoir, j'ai voté Mélenchon.

Le soir des résultats, triste et déçu, j'ai réaffirmé ma promesse de ne plus me faire avoir comme en 2002, que le second tour se jouerait sans moi, égoïstement.

Et puis j'ai vu à la télé, entendu sur les radios, Macron et Le Pen.

Je me suis dit qu'il était creux, prétentieux, égocentriste, peureux, et piètre orateur.

Je me suis qu'elle était retorse, menteuse avec art et aplomb, débatteuse de talent, oratrice charismatique.

Je me suis dit que le danger était là. Vraiment. Que l'ogresse ne ferait qu'une bouchée du petit marquis infatué. Et que se préparait pour mes petits enfants un monde de cauchemar.

Pour eux, et toute la jeune génération, avec un désespoir profond, moi aussi je suis revenu sur la promesse que je m'étais faite solennellement.

Je voterai Macron.

La pince à linge est prête.

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