Le Maestro humaniste qui vient du " Froid" : Valery Gergiev *

   

Valery  Gergiev Valery Gergiev

Né en 1953 dans un Caucase impressionnant, admiré depuis l’enfance. Pays des Scythes qui a inspiré le compositeur russe Serge Prokofiev. Et certainement le petit Valéry plus qu’encouragé par sa mère vers la musique dite classique.

   Enhardi par la découverte de Leningrad (ancienne St-Petersbourg). Il y choisira la direction d’orchestre sans oublier son piano.

   Cet itinéraire dans le livre signalé, fruit d’entretiens avec Bertrand Dermoncourt qui indique une prochaine direction d’une partie du « Ring » de Richard Wagner à Paris - Philharmonie.

   Cet ouvrage est pararoxal, nous révélant un ex. soviétique féru de son métier, comme un artiste libéral d’Occident et  dans le même temps rend un hommage ià son Président, Vladimir Poutine. Pour un journaliste d’ici il est impossible de le suivre. Et dans le même  temps décrit une passion musicale plutôt étonnante, convaincante, sans prise de parti de mauvais goût. En dépit d‘une fin renvoyant aux poubelles la musique de Pierre Boulez. Même si nous pouvons ressentir le relatif silence d’une certaine musique qualifiée de contemporaine comme la marque d’une pannne dans cette esthétique. En tout cas fin des descendants de Jdanov , Gergiev évoque à plusieurs reprises Staline , un dictateur dont on se demande comment il a été possible ?

   Vers le Marinskii Les politiques de Gorbachev en 1991, on évoque par ailleurs une  tentative de coup d’état. Nous avions suivi ces évènements et Gergiev parle de « risque de désintégration de l’ex URSS". dont semble -t-il, du moins dans le secteur des musiques, d’avoir suscité une sorte de « renaisance ». V.Gergiev est nommé par le Président Elsine  au poste de directeur du Théâtre Marinski (ex Kirov). Notre héros parle alors de bâtir tandis qu’il est appelé à l’opéra de Rotterdam et particulièrement au Met de New-York. Malgré l’ipressionnante liste de compositeurs de l’histoire russe. Il va falloir refonder une tradition; et d’évoquer Benjamin Britten, Léos Janacek, Penderecki, Henri Dutilleux (oeuvre lyrique assez mince), Olivier Messiaen, Galina Oustvolskia, Sofia Goubaïdoulina., Alfred Schnitke…

   La Musique Russe  ////  La direction d’Orchestre Il est évident  qu’un mélomane occidental moyen n’a qu’une connaissance très relative de l’importance de la musique russe. Gergiev rappelle fort justement que nous connaissons un peu mieux la musique germanique et celle de l’Italie! A ce titre la lecture de son livre est d’autant plus importante que ses listes révèlent  « Le Démon » d’Anton Rubinstein, aperçu un jour dans un dictionnaire. Mais sutout  les plus connus, Tchaïkovski, Moussorgski, passionément Igor Stravinski quoique citoyen mondial; Glinka, Rimski- Korsakov. A chaque évocation l’auteur  cite des souvenirs de mise en scène et des indications toutes personnelles qui amènent à réflexion. On retrouve la même éthique lorsque sont évolqués les grands créateurs-compositeurs et les chefs d’orchestre, les maestros. /Et ce qui pourrait devenir une phrase permanente,suscitée par Chostakovitch « Toute mort est prématurée !  «  .

Claude Glayman

* Valery  Gergiev  " Rencontre." entretiens avec Bertrand Dermoncourt. Actes Sud, 212 p.22 e

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