Présences 2015 à Radio France : « Les deux Amériques »

Le nouvel auditorium de Radio France © RF/ Christophe Abramowitz Le nouvel auditorium de Radio France © RF/ Christophe Abramowitz

 

Ce que le directeur de la musique nomme joliment les « sons du monde entier ». Jean-Pierre Rousseau a répondu à quelques rapides questions sur cette 25e édition. Si ce n’est pas le monde entier, c’en est, du moins, une grande partie : soit quatorze concerts répartis en 17 créations mondiales et 11 créations françaises. Y participent les interprètes de la Maison, l’Orchestre national, l’Orchestre philarmonique, le Chœur et la Maîtrise de la Radio ; avec la connivence des chefs et des solistes très variées d’origine et de savoir-faire.

Présences sud-américaines

Dans une grande partie des cas, il s’agit d’œuvres inconnues où l’on note une distinction qui s’impose entre l’Amérique du Nord (Canada inclus, à l’exception de l’univers des Caraïbes) et celle du Sud gigantesque par la taille, la densité où il s’agit le plus souvent de dépasser le seul stade du folklore. Il s’agit bien de musique contemporaine savante, même si  les couleurs des pays ne manquent pas de pointer, car, nous dit notre interlocuteur, les « compositeurs ne s’exportent pas » et ne comportent guère de traces des multitudes querelles esthétiques qui ont œuvré durant le 20e siècle en Europe et ne sont peut-être pas closes ; même si le terme de « relative impasse » est écarté par J.-P. Rousseau.

Et de nous citer notamment le cas, désormais connu en Occident, de l’école vénézuélienne, avec à sa tête le charisme du chef d’orchestre Gustavo Dudamel qui fait école. Cette fois, le sous-sol d’un pays ne sert pas exclusivement à étancher l’appétit de quelques multinationales. L’institut du pétrole du Venezuela ne joue-t-il pas un rôle stimulant dans cette expérience musicale particulièrement réussie ? Et de citer quelques noms de cette musique méridionale dont nous découvrons les œuvres. Citons les Argentins Martin Matalon, plus connu en France, par exemple, que le Brésilien Esteban Benzécry, pour ne pas citer Oswaldo Golijov, engagé dans l’illustration musicale des films de Francis Ford Coppola.

Présences nord-américaines

Si l’on en accepte l’idée, on observe que les Etats-Unis ont commencé plus tôt, déjà avec Charles Ives, Eliot Carter, Conlon Nancarrow, John Cage, expérimentateur par excellence, dont l’« aria » est méconnu de notre catalogue; John Adams, musicien fertile, comme le percussionniste Steve Reich, au délicat Peter Lieberson et à la mezzo soprano Lorraine Hunt, sa femme, disparue trop tôt dans la maladie, ou des noms également plus classiques John Cornigliano pour l’univers symphonique, concertant, opératique ; l’étonnante présence de Richard Dubugnon, compositeur d’origine suisse et qui obtient de grands succès aux Etats-Unis.

Pour clore cet entretien, qui ne donne qu’une pâle idée d’un programme fourni, ne pas omettre l’étonnant Claude Vivier, grand électro-acousticien, lâchement assassiné à 35 ans et José Evangelista, Canadien d’origine espagnole. La musique se confondant avec la vie, comme le déclare J.-P. Rousseau, la mondialisation sonore est désormais en de bonnes mains. Rendez-vous aux concerts !

Claude Glayman

Présences 2015 du 6 au 21 février

www.maisondelaradio.fr

Tél : 01 56 40 25 16 10 h – 18 h, samedi inclus

Gratuit pour les moins de 28 ans.

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