Mort de Pierre Boulez, homme de culture, compositeur et homme d’action

Pierre Boulez Pierre Boulez

Ces pages s’inspirent directement des notes prises à la suite d’une longue visite de l’Exposition « Pierre Boulez » , Philarmonie de Paris  (17 mars/ 28 juin 2O14.

 

     La Poésie.

Ami, lecteur d’Yves Bonnefoy et de René Char cf ; « Le visage nuptial » et P.Boulez note : «  la forme est un intemporel face au temps vécu » aborde le hasard et Stéphane.

Mallarmé, le musicien d’affirmer que « le son apporte une paix de l’esprit ».

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Les Années 40 à Paris inspirent les visites de peintres « The work in progress » est une procédure musicale et les poètes s’ajoutent aux poètes, Antonin Artaud, Henri Michaux  et Alberto Giacometti le sculpteur entre autres. La musique sera d’abord présente dans les propos de René Leibovitz,,  puis ceux Olivier Messiaen. P.Boulez n’est pas un musicien « engagé » . P.Boulez devait être affecté en Indochine par passion des instruments extra européens mais la guerre coloniale l’en empêche. .Tenue à Paris  du «  Congrès pour la Liberté de la Culture, » pro-occidental en cette période de Guerre Froide.P.Boulez favorable à la diversité, ce qui implique la modernité que cherche ce pianiste théoricien. Du reste P.Boulez n’est pas indifférent à une «présence dans les œuvres d ‘une certaine mort du compositeur ».

Discussions avec Gilles Deleuze, Michel Foucault, Roland Barthes.

Le non à Malraux

Pour autant notre compositeur dit « non » à Malraux tenant d’une certaine réforme de la musique. Il se retrouve aussi dans la « grande famille » des années 50 cad la maison Jean-Louis Barrault et le compositeur Arthur Honegger : une autre « école. Soit plusieurs voyages en Amérique du Sud.  En même temps il est familier de Suzanne Tezenas, influente dans les cercles intellectuels,  il  se lie avec le peintre Nicolas de Staël .

Barrault héberge « Le domaine musical » création de P.Boulez où très jeune  nous nous rendions régulièrement non sans un certaine perplexité.

Gilbert Amy, un autre des compositeurs de cette tendance prend la direction après le départ de P.Boulez. Création in loco de l’ »Orestie » : trois pièces grecques avec musique « intégrée ». On lance le terme de « spectacle total ». Nouvellles relations avec André Obey auteur dramatique ?. Est-ce la rupture avec la forme linéaire comme cela se passe avec les « mobiles » d’Alexandre Calder, autre compagnonnage ? . Se doublant de celui de l’écrivain James Joyce, également versé dans les sortilèges de la création musicale. . Voire aussi l’intérêt en faveur de la technique dite de « l’enfouissement » chère au nouveau peintre ami, Vera Da Silva.

Les rencontres de Darmstadt (Allemagne), fondées par P.Boulez et ses collègues ont précisément pour objectif de « penser la musique aujourd’hui ». Comment la penser en ignorant les œuvres qui ont été crées dans des recherches d’un nouveau langage.La musique sérielle, la dodécaphonie,  présentes chez Arnold Schoenberg. Récemment à l’Opéra National de Paris, « Moïse et Aron » ; ou la redécouverte de « Wozzeck »de « , Lulu » deux chefs d’œuvre absolus d’Alban Berg. Pour autant l’opéra disparaîtra-t-il comme certains l’ont pensé il y a quelques décennies. Le souvenir des applaudisements à Bayreuth et du centenaire du « Ring » de Richard Wagner, précisément sous la direction de P.Boulez et la mise en scène de Patrice Chéreau, infirment cette crainte   La résurrection de l’Opéra National  de Paris avec l’arrivée à leur têtes de rénovateurs tels que Rolf Liebermann . Preuve parmi d’autres d’une permanence dans le renouvellement. Grand chef d’Orchestre P.Boulez a contribué à l’origine de « l’IRCAM », instrument de production et de recherche appartenant au « Centre Pompidou ».

La création récente de la « Philarmonie de Paris, sous une forme différente, apparaît aussi comme une pierre de plus dans ce collier de créations d’un homme d’action qui n’hésita pas à signer « Le Manifeste des I21 » lors de la longue guerre d’Algérie.

Pour rendre hommage à ce créateur multiple, la Philarmonie » proposait récemment une interprétation  de « Repons » pièce de notre auteur qui trouva enfin son lieu idéal pour se déployer techniquement avec une ampleur plus convaincante que lors d’un déjà ancien Festival d’Avignon.  

 

Claude Glayman     

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