KML. Katia, Maria, Labèque et leurs pianos …

 

Les soeurs Labeque Les soeurs Labeque

 

 

Comme dit le narrateur « Deux Sœurs, séparées de deux années et qui ont  eu une enfance basque (du côté français). Leur enfance a été bercée par les sonorités d’un piano, celui de l’enseignement à domicile de leur mère. Une italienne exilée pour une famille pauvre.

 

Les sons taraudent les auditoires  au point que l’une des deux jeunes filles, s’inscrit au Conservatoire dans la classe de Lucette Descaves, l’une des égéries de l’époque avec la grande Marguerite Long.

J’avoue n’avoir pas été un « passionné », à l’origine, des deux soeurs et de leurs claviers.

Alors qu’elles s’aventurèrent d’emblée dans le « répertoire » de l’avant-garde, cad de la  « musique contemporaine » durant  ces années à qualifier «  d’années  Maurice Fleuret » du nom d’un critique musical du temps qui me conseillait comme d’autres curieux ou snobs. De ceux que Renaud Machart  étiquetait alors que dans ce livre  sur les KML il rapporte son adhésion, sans plus peut- être ? Lui qui assume une biographie bien menée surtout quand il traite de musique, musique pure.

Il écrit : « J’ignorais totalement  la musique contemporaine ! ». Mais les deux filles appartiennent au chapitre  « dans le vent de l’avant-garde »  Et surgissent des noms qui expriment un net choix esthétique : Jean Hubeau, Olivier Messiaen « les visions de l’Amen » sur un conseil d’un camarade de conservatoire ? Michel Berroff. Un critique allemand parlera des « Sœurs sauvages ! » alors que l’on connaissait les duos « Billard Azaïs, « Jacqueline Robin . Geneviève Joy , une figure familière.

Des moments clés.

Très journaliste R.Machart a eu l’heureuse idée de creuser un « dossier de presse », celui assez copieux de KML. Avec ses heureuses rencontres : celle de Luciano Berio qui ouvrira les portes des USA à nos trotteuses (Elles nous parlent savamment du rangement souvent problématique des instruments, sic !). C’ est quelque peu tout le gotha des figures majeures, sans parler de relations familiales le chef Semyon Bychkov, entendu x soirs à Pleyel avec l’Orchestre de Paris, ou de tentations  au sommet avec Simon Rattle, Seiji Ozawa.

La finesse et la curiosité. Le rappel qu’au 19°Siècle le grand répertoire (romantique) a été en partie connu grâce aux multiples partitions pianos. Quatre mains, voir chant (cf J. Brahms).   D’où un appétit pour les musiques nouvelles. Ne jamais cesser d’en renouveler !

Le piano forte, le violon de Viktoria Mullova…

On imagine également la passion du jazz auprès des deux sœurs notamment après le voyage nord-américain. Ce sont des stars aux Etats-Unis (du reste comme au Japon) et elles font la rencontre avec Léonard Bernstein : les Songs, West Side Story, Danses Symphoniques  comme celle post mortem, avec George Gerschwin,  Rhapsody in Blue, Concerto en fa cf.cd et vidéos.   Mais, étonnant, le personnage de Marco Postinghel, qui fait découvrir à nos deux amies la « germination italienne ». Ce qu’entreprend également la célèbre violoniste russe Viktoria Mullova, rencontrée sur ces lieux d’amitié où se retrouvent et fraternisent  ces artistes.  Artistes toujours  avides et que l’on retrouve dans un chapitre intitulé « Bach to the future »  et sur le chemin John Eliot Gardiner …

Face à face, côte à côte. Piano à deux mains ou deux pianos. Et comme le titre R.Machart KML : l’Indépendance en trois Lettres.

 

Claude Glayman

Cd :  

-       M Ravel : Rapsodie Espagnole : Prélude A La Nuit, Malaguena, Habanera, Feria...   KML recording

-       I Stravinski / Debussy  KML Recording

-       G Gershwin  « I got Rhythm » Music for two Pianos   Warner Classics

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