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Billet de blog 9 avril 2016

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« Famille je vous hais » A.Gide, Thomas. Bernhard. Studio d’Asnières.

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Illustration 1
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Déjeuner chez Wuttgenstein

Il y a plusieurs années, à partir surtout de la décennie de 1970  :
Paris et le public français découvraient l’écrivain autrichien Thomas Bernhard, « Minetti 1976, le Faiseur de théâtre 1984, Place des Héros 1988 … ». En 1984 Elfriede Jelinek, autre étoile des Lettres Autrichiennes, recevait le Prix Nobel de Litterature.
Entre autres caractéristiques ces auteurs ,ces artistes témoignaient d’une hostilité sans limites notamment à l’encontre de leur pays natal.
Cela nous frappe d’emblée et confirme ce que nous savons. La contestations est violente, constante et témoigne sans doute d’un malaise plus vaste.
« Déjeuner chez Wittgenstein » une pièce de théâtre de 1984 se lit immédiatement dans ce climat.en un discours sans concessions.  
   
   « Déjeuner chez Wittgenstein. »
  Tel est le titre de la pièce de T. Bernhard renvoyant à plusieurs acteurs de la culture autrichienne. Le dialogue s’ouvre entre deux femmes, à la silhouette différente et qui sont visiblement deux sœurs de même famille. La plus vive (Yvette Hamon ) tance la première pour être allée rechercher un troisième homme qui était enfermé dans un asile psychiatrique La plus imposante des deux dames se voit reprocher d’être complaisante à l’égard de cet individu posant bien des problèmes aux autres membres de ce qui n’est en définitive qu’une « famille ». Les portraits des parents sont accrochés aux murs de la pièce, en somme ils montent la garde, bien qu’absents et muets et qu’il semble même que la seconde dame au profil physique totalement différent de son interlocutrice ;  de relativement petite taille, ses yeux pétillent d’humour, notamment quand elle pianote faux délibérément sur le clavier, un clavier dont elle paraît, à l’évidence familière.  C’est . Ritter, la soeur cadette . Agathe Alexis, qui a donné son nom à la Compagnie. Son talent s’impose tout naturellement comme auprès des autres personnage.  On sent le métier, l’expérience de cette pièce  qui pourrait être aride, voire obsessionnelle à l’image de l’œuvre de T. Bernhard.    
L’homme n’est pas « normal » dirait un psy.
Caricature d’un « macho », il déplore sa présence en ce lieu alors que nullement étrangé à ce dernière. Le « naturel reprend vite le dessus et voici notre homme qui retourne les tableaux de la family ce qui défigure le groupe : qui sont-ils ces portraits qui ont la tête en bas ? La sœur ainée (Y.Hamon) pressent que quoi qu’elle fasse (sa sœur est absente du plateau) la situation est tendue, voir explosive. Cherchant l ‘accalmie la sœur ainée tente de faire plaisir à son frère, dans une colère noire, frappant la table  comme étant en transes comme un désormais « fou » de la famille , éructant, allant droit dans le mur malgré les profiterolles que sa frangine lui a amoureusement préparées. Désormais c’est la soeur cadette, Ritter qui  sera là. Le frangin se comporte sans garde-fous tandis que l’extinction des feux de la rampe sonnera la fin d’un bon spectacle. Même si ’obsession de rejet chez Th.Bernhard ne satisfait plus totalement.
Claude Glayman
Déjeuner Chez Wittgenstein » de Thomas Bernhard, mise en scène Agathe Alexis ;
Studio –Théâtre d’Asnières-sur-Seine, Jusqu’au Dimanche 10 avril (inclus)

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