La Poésie de Stéphane Braunschweig sied à Pirandello

Excepté le grand William Shakespeare, les auteurs de pièces de théâtre semblent avoir leurs saisons.  Ils dominent les planches une, deux, trois saisons et soudain disparaissent.
 © © Elisabeth Carecchio © © Elisabeth Carecchio
Excepté le grand William Shakespeare, les auteurs de pièces de théâtre semblent avoir leurs saisons.  Ils dominent les planches une, deux, trois saisons et soudain disparaissent. Je me souviens de Luigi Pirandello à l’affiche il y a  plusieurs années antérieures : « La Volupté de l’honneur / A chacun sa vérité/Six personnages en quête d’auteur » et notre Pirandello, né en Sicile, possédait également un don pour de petites pièces, tournant autour d’un ou de deux personnages.

Ici à la Colline, en cette rentrée 2015, Stéphane Braunschweig s’est emparé des « Géants de la Montagne », l’ultime partition de L.Pirandello  , demeurée inachevée, le maître devait mourir auparavant. Bernard Sobel, en son temps, nous avait révélé un labyrinthe,

Idée fixe de l’auteur et S.Braunschweig lui redonne des couleurs sans que l’on saisisse, toujours bien les articulations de cette pièce ambitieuse et compliquée.

D’un côté « Les Géants de la Montagne » on les entend gronder comme le tonnerre quand on passe à « L’enfant échangé », autre développement dont il est question dans une première partie et qui est l’essentiel de la seconde.

A défaut de capter, saisir les sons des trois groupes (Géants invisibles), ceux qui reçoivent dans leur villa Cotrone (Claude Duparfait) au bonnet turc, Mara-Mara et son parapluie, la Sgricia … puis la troupe de la Comtesse (Dominique Reymond), du Conte, espérant tous être hébergés dans la Villa et d’y jouer ?

La vraie réussite qui ne vous lâche pas, tient à la mise en scène qui mêle acteurs, images vidéo, illustrations photographiques fixes, musiques, beaucoup de cris comme si le metteur en scène souvent engagé historiquement, voire politiquement, ici devenait un poète qui nous entraîne, nous ravit en un irrésistible mouvement nous emportant dans son rêve étrange et attachant.

Claude Glayman

 

La Colline jusqu’au 17 septembre, du 29 septembre au 16 octobre 2015. + Plusieurs Tournées.        

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