Festival Présences 2017 – Radio-France : K. Saariaho et compositeurs du monde

Kajia Saariaho © Andrew Campell Kajia Saariaho © Andrew Campell

Vendredi 10 février, avant 20 h, l’affluence du public gronde aux portes de l’Auditorium de Radio France rénové. Les portes s’ouvrent sur le nouvel orgue, également sur une salle qui s’emplit de mélomanes pour cette 27e édition. Non pas centrée sur un pays  ou  un autre thème mais un portrait de compositeur, Kaija Saariaho, d’origine finlandaise ayant élu Paris pour port d’attache ainsi que de nombreux autres compositeurs, une sorte de petite ONU du son à découvrir ou à redécouvrir. Au total un festival copieux, dont une bonne part sera diffusée en direct sur « France Musique ».

 Graal Théâtre pour violon et orchestre de K. Saariaho

Ce Graal marque une inspiration dramatique qui renvoie aux vieilles légendes du Roi Arthur et du Saint Graal, et exactement d’une inspiration d’un livre du poète Jacques Roubaud. On remarque l’absence de pizzicato dans cette œuvre. Ici brille la violoniste nord-américaine Jennifer Koh qui se joue, et joue, si on peut dire un .véritable« Concerto pour violon ». Accompagnement transparent, à l’image, du « Philar de Radio France », sous la direction avisée du jeune chef russe Dima  Slobodeniouk (à ne pas perdre de vue). Et avec les entrées toujours mystérieuses des pièces de la finlandaise, où l’on paraît bien souvent un peu perdu face à une indécision de forme.

Raphael Cendo compositeur né à Nice, compositeur dont la paraphrase technologique nous laisse indifférent. En cette période où la passion pour des inventions technologiques se suivent, se ressemblent et conduisent parfois  à des discours sans fin. A l’ « Entracte », du moins sur les ondes, on nous proposa l’écoute d’une pièce de Magnus Lindberg, autre compositeur finlandais, quelle force ! Grand compositeur finlandais, ami et proche de K. Saarhiaho tout comme Esa Pekka Salonen (notamment chef d’orchestre)… Sans doute une descendance du maître Jean Sibélius, antérieur, sorte de Bela Bartók finlandais. Qui a ouvert la voie à cette naissance et renaissance, à  un réveil musical.

Adriana Songs de Kaija Saariaho

Il s’agit d’une pièce pour mezzo-soprano et orchestre qui renvoie à un opéra sur un livret d’Amin Maalouf (déjà librettiste du premier opéra « L’amour de loin » de K. Saariaho). Sans doute l’œuvre la plus intéressante de la soirée, belle écriture avec une orchestration transparente où s’illustre Nora Gubisch. Mezzo-soprano découverte il y a déjà beau temps dans des « Mélodies françaises » à l’Opéra de Massy. Pure imbrication des deux sources musicales, notamment du chant. Il y a de ce côté-ci un univers de K. Saariaho, toujours sur fond de dramaturgie. Importance des instruments à vent, flûte et percussions, aller et retour de la voix…

Musicienne quasiment internationale, Kaija Saariaho, actuellement à la tête de 26 œuvres, possède une assez riche discographie, aisément disponible.

Claude Glayman

Radio France, un portrait de Kaija Saariaho, 10/19 février 2017.

Par internet : www.maisondelaradio.fr / Par téléphone 01 56 40 15 16.

Au guichet, évidemment, Maison de Radio -France, 116 Av. du Président Kennedy Paris 16e. 

 

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