LA VOIX SANS MAîTRE

Au sein  de vastes ensembles complexes,  il existe toujours des  éléments peu visibles sans lesquels ces machines aussi grandioses que subtiles ne fonctionneraient pas. Par exemple, l’Opéra, et ce qui en constitue son matériau premier, à savoir la Voix Humaine. Cet instrument qui, à la différence des autre , est en nous et dont nous sommes les pilotes absolus. Ainsi il existe ce qui s’appelle communément des « maîtres de chant » (terme recusé par Janine Reiss !).

Connaissez-vous Janine Reiss ? Savez-vous qu’elle interviendra dans l’ombre de Maria Callas  comme du ré inventeur de l’Opéra de Paris, Rolf Liebermann dès le début des années 1970 ?

Janine Reiss *schola cantorum,, pianiste, claveciniste, chanteuse, avait fait  des rencontres essentielles, comme celle de Wanda Landowska qui l’initia à la musique baroque ou bien encore, des compositeurs contemporains comme Francis Poulenc, Pierre Capdevielle ; d’autres interprètes telles Denise Duval, Créatrice de « La voix humaine » de F.Poulenc/J.Cocteau précisément. Cependant ses rencontres essentielles furent , à coup sûr, on y revient, Maria Callas par l’intermédiaire de l’agent artistique Michel Glotz. La « Divine » qu’elle conseilla lorsque celle-ci décida d’inscrire « Carmen » à son répertoire et qu’elle accompagna ensuite dans son exil parisien et solitaire. 

En 1970 lorsque l’Opéra de Paris ne parvenait pas à se débarrasser d’une crise profonde, Rolf Libermann en prit les rênes pour le mener aux succès que l’on sait, fit appel à Janine Reiss. Pointait l’époque où ce que ce livre qualifie de « mondialisation de la musique » avec les films annonciateurs de Joseph Losey consacré à « Don Giovanni » de Mozart. Plus tard également, sous le règne de Hugues Gall au Palais Garnier dans la « Carmen » filmée par Francesco Rosi, Tereza Berganza brillait dans le rôle titre tandis que s’annonçait Julia Migenes. Dès cette époque, ne l’oublions pas, autre trait de mondialisation, les opéras étaient chantés dans leurs langues « maternelles » ce qui nécessita bien des apprentissages,, plus ou moins rapides de langues étrangères et de conseillères capables de les communiquer. En 1977 au Festival d’Aix en Provence, apparition d’une nouvelle splendeur, Teresa Stich-Randall. Cet ouvrage dirigé dans un certain désordre chronologique  par Dominique Fournierqui abuse quelque peu de l’anecdote ! Cependant la leçon de Jeanine Reiss  captivera plus d’un lecteur profane avec ses petits conseils de praticienne.

Claude Glayman.

*Dominique Fournier : « La passion prédominante de Janin Reiss : la voix humaine » Préface bienvenue d’Alain Duault . Actes Sud, janv. 2013  153 p. 17E.

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