via DENSITE 93 XENAKIS SALLE DES FETES DE GENNEVILLIERS

Xenakis Xenakis

 Alors que selon notre journal,  l’Université Paris 8 traverserait une zone de turbulences, « Densité 93  » pivot en Seine Saint-Denis de la création musicale autour de la « Musique Contemporaine » anime, comme chaque année, des activités publiques sur ces thèmes. En l’occurrence des représentations de « L’Orestie » de Iannis Xenakis  d’après Eschyle (1965/6) ; le 11 avril dernier, c’était à Gennevilliers, Salle des Fêtes qui jouxte le Conservatoire en réfection. Le 15 avril ce sera au tour de l’Auditorium de Bastille de les recevoir. Tandis que d’autres activités se dérouleront dans plusieurs cités de la région jusqu’à la mi-juin.

Musiques maximalistes

 Comme il y a des courants minimalistes : on a l’impression d’assister à une cérémonie  fondée sur la Trilogie d’Eschyle. Retour d’Agamemnon de Troie avec la jeune Cassandre qui prophétise du malheur. Agamemnon et la fille de Priam, seront assassinés par Clytemnestre (vengeant Iphigenie, sa fille sacrifiée par son père) et son amant au grand dam de ses filles tandis qu’Oreste le fils, revenu tuera sa mère et Egisthe. Mais l’engrenage de la vendetta est stoppé par la déesse Athéna qui fait juger Oreste, lequel sort  libre du tribunal  dans une sorte d’ « avènement démocratique » selon le musicien.

 

Nous assistons à une vaste cérémonie qui tient du No japonais, nous avons songé au vaudou, davantage inconnu etc. Des chanteurs, des acteurs, des instrumentistes (nombreuses Percussions) l’interprètent. Avec des artistes célèbres mais également des élèves, étudiants(« Le chœur, l’ensemble vocal Soli-tutti ; le Petit Chœur de St-Denis, l’Atelier choral de l’université Paris 8 ainsi que les musiciens de l’Ensemble Court Circuit »). Le tout sous la direction de Jean-Louis Forestier. Parmi les renoms, le baryton grec Spyros Sakkas, chante tantôt avec sa voix de baryton basse, soit avec une voix de fausset, alternant les deux registres. On nommera aussi l’increvable batteur Quentin Dubreuil, élève de Sylvio Gualda, un maître de la percussion des années antérieures ainsi que la très active Eve Payeur intervenant du côté opposé de la scène où agit Dubreuil. Sans oublier l’orchestre avec nombre de cuivres affûtés et un violoncelle important, Christophe Roy. Le public du lieu semble médusé, comme nous mêmes, car nous avions un peu oublié Iannis Xenakis comme Luigi Nono et d’autres, ces  dernières années. Le  tout non sans une certaine pudeur sonore, à ne pas confondre avec  l’archaïsme : une percussion réduite à une planchette frottée contre l’autre  peut produire des sons modernes.

 

Claude Glayman

 

Service d’action culturelle de l’Université de Paris 8 /Tel : 01494O6528           

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