François Maspero, « La joie de lire »

A peine libéré de prison, au début de l’été 1962, je suis allé en vitesse, Rue St Séverin, à « La joie de lire », la librairie Maspero.

François Maspero  © Jean Luc Bertini François Maspero © Jean Luc Bertini
A peine libéré de prison, au début de l’été 1962, je suis allé en vitesse, Rue St Séverin, à « La joie de lire », la librairie Maspero. Il y avait du monde comme d’habitude, François M. était là et nous avons échangé: « pourquoi ce refus de la guerre, parce que j’ai toujours estimé que l’Algérie serait indépendante et je ne voyais aucune raison de tenter par les armes d’empêcher l’inéluctable et le juste ». Les livres publiés par F.Maspero comme par les Editions de Minuit sont une grande part de nos lectures, des évidences qui se succédaient à une belle cadence. C’était notre épopée « tiers mondiste ». C’était l’idéologie « Maspero ». N’obéissant à personne qu’à ce que nous ressentions, à vingt ans et plus. Inoubliable ! Cela a duré jusqu’au coup d’état de juin 1965.

La vie disperse, la mort rapproche ! Et tout revient, vieux et beau film grâce à des hommes comme François Maspero !

                     Claude Glayman

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