Retrouvailles avec une compositrice finlandaise : Kaija Saariaho

Kaija  Saariaho Kaija Saariaho

 

La terre finlandaise est riche en compositeurs (souvent d’avant-garde) aussi d’une multitude de lacs et de monts. Durant cette année 2016, a disparu l’un des maîtres de cette école Einojuhan Rautavaara (né en 1928), producteur de  8 Symphonies – 9 Opéras , un temps contemporain de « Jean Sibélius », souvent présent dans les concerts européens.

En 2017, lors de son  prochain  « Festival Présences » (10-19 février), Radio France propose un portrait de K.Saariaho ( ), déjà bien connue à Paris. Pour  18 concerts comprenant également d’autres compositeurs étrangers et français

La rumeur Saariaho. a amorcé l’événement  en diffusant le 11-12 sur la Chaîne Mezzo son dernier opera, « Only the sound remains » crée en mars 16 au « Dutch 0péra National d’Amsterdam, dans une mise en scène de Peter Sellars, direction André de Ridder, et participation de notre compatriote Philippe Jarousky, haute-contre dont nous n’avons jusu’ici jamais éprouvé le talent d’acteur. En 2017 l’œuvre sera représentée à l’Opéra Bastille.

     L’opéra s’inspire de deux pièces de théâtre nô traduites par le poète-écrivain nord américain Ezra Pound. Le premier texte s’organise autour d’un luth, sous forme de méditation et d’action opposant un moine , David Tines, un personnage Noir d’une extrême présence, notamment dans la violence de son regard souvent filmée au plus près. Face à lui l’ange, un personnage fêté par le Roi ,mais  tué. C’est ce spectre qu’ interprète et chante Ph.Jaroussky, d’une candeur, d’une jeunesse assez étonnante tandis qu’ils sont soutenus par un quatuor vocal  et par le Chœur de chambre Néérlandais . La musique de K.Saariaho  est d’une grande délicatesse, « cloches, harpe, percussions » comme nous le prouvent ses nombreux enregistrements dirigés souvent par son condisciple Esa Pekka Salonen, et le concours fréquent  de la soprano américaine Dawn Upshaw.

 

        Tandis que le rideau, une toile couverte de gribouillis dessinés, très mode, change sans cesse de couleurs lumineuses (magnifiques rose, marron, bleu, gris)  se « déroule » une grande danseuse, dans des voiles, un linge uniformément blanc, et effectuant une extrême et extraordinaire trame de mouvements les plus inattendus (sans doute codifiés par la grammaire du nô). Nous changeons de saison, de climat,  lune de printemps,  fascinés  par ces variations de gestes féminins. Splendide vision en opposition avec la première pièce. Soudain l’illusion des courbes féminines devient atone et disparaît.

Un premier mystère est passé en un second  qui lui-même s’évanouit… On nous a prévenus que nous étions auprès de la mer frappée de tempête. La présence d’un manteau soulignait l’argument de cette seconde partie.

La musique de K.Saariaho devient plus bondissante, plus brillante. La longue femme a disparu Ne subsistent que les sons  cf. le titre : « Only the sound remains »

 

  

Claude Glayman

Festival Présences 2017 Kaija Saariaho. Radio France, 10 au 19 Février,  www. Maison de la radio.fr- Tel : 01 56 40 15 16.

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