Quatuors Chostakovi©h/ Beethoven Un brin de Baroque//Théâtre de la Ville

Ph Quatuor Takacs’ © EllenAppel Ph Quatuor Takacs’ © EllenAppel

Le Quatuor Takàcs est un habitué du « Théâtre de la Ville ».  Depuis sa création il a souvent changé de têtes et d’archets ; Initialement il est né de musiciens hongrois, en changent ou en perdent comme c’est l’habitude chez ces « voyageurs des sons ». Juxtaposer, ce 6 janvier, D.Chostakovich et L.v. Betthoven leur parut tout naturel et essentiel,  (en miroir disent-ils) s’agissant de deux opus assez méconnus pour le Russe, et du troisième dit Razoumovsky,,  plutôt célèbre, pour le maître de Bonn.   

 

  Le troisième de « Chosta » op  73.

 

Nous sommes en 1946, juste après la 2° Mondiale, le monde souffle. D.Chostakovich traverse une courte période de sérénité. La jeunesse est derrière le « reclus » de « Leningrad » (St Petersbourg), et il a déjà affronté les difficultés avec le régime L’opéra « Lady Macbeth de Mzensk », dont le cours n’est pas achevé. Mais pour l’heure une certaine sérénité et sans doute un certain rappel des facéties de jeunesse. Et dès l’Allegretto initial un thème guilleret qui ne se perd pas et qui pourrait faire songer à une sorte d’ « air de titi parisien ». Les « Takacs » nous mettent d’emblée dans l’ambiance : un naturel contagieux, comment échapper à ce coup de soleil dans la vie ? » Cela n’empêche pas, avec les autres quatre mouvements de récupérer la colère dont le musicien est un familier, tension, sévérité, à certains passages, la douleur, celle des ruines, des morts, d’une incontestable amertume, d’un certain pathétisme. Le compositeur n’ignore pas la complexité de l’écriture, de ce qu’un commentateur qualifie de «gaieté au cœur de la tragédie ». Et voici au cours des deux derniers mouvements, la jovialité qui revient et ne nous lâchera pas, un véritable refrain et qui nous rappellera toujours   que la « tragédie »n’est pas l’unique dominante »chez un compositeur qui témoigne d’autres facettes.

Merci aussi au QuatuorTakacs capable de rendre compte des cette diversité. L’humour depuis qu’il compose, n’est  pas une inconnue même si le Chostakovich populaire le laisserait pafrfois  croire. Ecoutez donc son Quatuor n°3 op.73

Ph Quatuor Takacs’ © Ellen Appel Ph Quatuor Takacs’ © Ellen Appel

 

                                   9° Quatuor de Beethoven, opus 59 n°3            .                             

Au cœur de son immense ensemble de Quatuors de Beethoven,  le « Neuvième » est sans doute l’un des plus impressionnants. Avec l’introduction de son « premier mouvement », à la fois lente, grave, austère et assez rapidement deux notes qui lancent « l’allegro vivace, le thème étant installé dans lequel le critique Jacques Lonchampt * croyait entendre l’énergie de trompettes, quasi militaires. Soit « L’Action », mais le faut-il ? dans une tradition philosophique germanique. ; passionnante vitalité musicale.

Suit un second mouvement, « andante con moto », soit une tristesse profonde, une gravité dont notre compositeur est une source féconde, contagieuse : raison de l’action,

évoquée ci-dessus. La mélancolie source de vitalité.  J. Lonchampt *cite ces propos intimes du musicien : «  De même que tu te jettes dans le tourbillon mondain, de même  tu peux écrire des œuvres, en dépit de toutes les entraves qu’impose la société. Ne garde plus le secret sur ta surdité, même dans ton art »  Après la mise à l’index de la désolation, un troisième mouvement « Menuetto »qui  glissera dans une « fugue écheveléé » , l’essentiel d’une désolation vaincue par une grandeur  inoubliable

Quatuor Takacs Théâtre de la Ville, 3O janvier, 15H.

  

Ph Quatuor Takacs © Ellen Appel Ph Quatuor Takacs © Ellen Appel
                                       

Un brin de Baroque.

 

Sur la scène du « Théâtre de la Ville », le « baroque » des siècles antérieurs est pleinement à sa place. Le clavecin fait toujours son effet, celui où Hedwig Bilgram honorera « Trois Sonates » de Domenico Scarlatti, on aimerait en entendre davantage mais Miss Bilgram disparaîtra pour retrouver son orgue. Fort opportunément Jean Sébastien Bach est de la partie avec une « Sonate pour violoncelle et clavecin,  BWv  1O27,  Lazlo Fenyo (violoncelle) Moment intense  de découverte, Tomaso Albinoni, Jean Baptiste l’oillet, John Stanley, Giovanni B. Viviani n’étant que de modestes convives.

Comme s’il existait un genre de musique légère au sein du Baroque, ignoré de nous jusqu’ici. N’oublions pas cependant Gabor Boldoczki (trompette), le Programme l’annonce  comme un héritier possible du grand Maurice André.

« Couleurs Baroques, Théâtre de la Ville, 6 février 17H

 

Claude Glayman                                                                         

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.