S’agit-il d’une « Comedia del Arte Nippone ? »

    

Gens de Séoul 1909 © Tsukasa Aoki Gens de Séoul 1909 © Tsukasa Aoki

Présent au Festival d’Automne à plusieurs reprises, Horiza Hirata, auteur et metteur en scène japonais, pour notre part jamais applaudi car jamais vu est présent cette saison, en compagnie de plusieurs autres artistes de la même origine. Il a présenté au « T2G »

«  Gens de Séoul 1909, suivi de 1919 », en deux parties.

Parlé dans la langue originale, complété des paroles coréennes, le tout sur -titré  sur grand écran. Ces « Séouls » ont pour trame les débuts de colonisation de la Corée par le Japon et le premier jour de son indépendance.

La difficulté à suivre un discours obscur et une distanciation totale avec s stéréotypes des situations coloniales que nous connaissons, ô combien, en Occident expliquent, sans doute, la difficulté de notre adhésion. La non-violence relative du spectacle de la famille japonaise Sinosaki  « bourgeois » du lieu recevant des relations durant une sorte de wee-kend. Certes on a bien observé que les domestiques, assurant le déroulement des agapes, présente bien des traits d’une véritable servitude, en particulier ces sortes de genéfluxions d’essence impériale lorsqu’ ils s’adressent à leurs maîtres en des gestes et, probablement des paroles typés

 Comédie à l’italienne, ou proches de certains films, de Luis Bunuel …par l’incessant mouvement des personnages, nombreux qui entrent, accomplissent leur mission, et se hâtent  de quitter la scène. Sans compter d’étranges visiteurs, extérieurs qui, également, traversent la scène et déposent leur petit rôle. D’où un rythme incessant accompagné de paroles, semble-t-il banales, « Je l’envoie à Tokyo » dit le père de famille par exemple, s’agissant d’un membre de sa famille. Ah !  Tokyo, la capitale inspirante aux yeux de ces provinciaux. Dont on devine cependant l’inquiétude dûe à leurs rapports avec les Coréens et leur pays. Dans la partie se déroulant en 1919, à l’évidence plus comique,

Gens de Séoul 1919 © Tsukasa Aoki Gens de Séoul 1919 © Tsukasa Aoki

On vivra cependant la prise de leur Indépendance par les Coréens, le jour même du Ier Mars 1919, alors que la Corée, ne sera libérée  des Japonais qu’en 1945.

Ignorant l’Histoire de ces pays et de ces peuples on est tout de même frappé par une sorte de non-violence, le climat ouaté de ces séquences ; n’ignorant pas que le souhait d’Horiza Hirata est de créer des atmosphères et non porter des jugements qu’il laisse aux spectateurs, à eux, mais en connaissance de cause !

 Il s’agit d un tamis qui filtre ce qui se passe. On n’est pas chez Shakespeare, ni même chez Racine ! Et il est frappant que toujours en 1919, les dames d’une grande élégance, notamment, celle de leurs chapeaux, papotent autour du mariage. Elles ont tâté le gros « sumo » tandis que l’un d’eux inventait alors ce nouvel arrivant en Suisse !           

M.Tristan Tzara évoquait le  « dadaÏsme », ce qu’avait déclaré un personnage,ignorant sans doute qu’il s’agissait de ce qui annonçait « le surréalisme ».

 

Claude Glayman

Théâtre de Genevilliers

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