L'ère Boulez

                 Aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale la tradition du « Grand Homme » élisait Jean Paul Sartre qu’on l’aimât ou le détestât , sans compter Jean Cocteau et la poésie en général. Cela devait durer jusqu’en  1960, approximativement ! Et c’est Pierre Boulez qui prit progressivement le relai,  chamboulant l’habituel écrivain en faveur  d’ un musicien. Totalement inédit  !

Mais qui est Pierre Boulez à l’approche des 90 !  Il est compositeur, pianiste, chef d’orchestre et en outre, à la différence de la plupart des intellectuels, un « homme d’actions ». C’est un peu tout cela que raconte en grande partie l’Exposition qui s’ouvre à la Philarmonie, création  que nous devons pour une part à l’ influence du maestro.

En voici un modeste aperçu aux lendemains de son vernissage. Beaucoup de monde au Musée de la Cité de la Musique  augmenté spatialement. Le parcours de l’artiste en autant de stations, une liste incomplète des relations, et le nom de plusieurs de ses compositions, entendues sur place et dans une discothèque personnelle. Sans omettre ; quelques manques ayant frappé l’auteur, ou sa cécité. ..

  Des  moments clés.

Plusieurs axiomes : interprétation/ transmission ; complexité et cohérence. Une maxime de sa « morale » en grosses lettres sur un mur de l’Expo : «  N’est pas forcément meilleur ce qui est le plus lisible ».

  Né en 25, près de St-Etienne, maths initialement, Conservatoire de Paris en 1943, Olivier Messiaen comme prof. notamment. Le rebelle se rebiffe contre un enseignement jugé globalement traditionnel, cours privés, entre autres avec René Leibowitz, lui aussi contesté. Travaille sur les notions de sérialisme et dodécaphonisme dans le prolongement de la dernière Ecole de Vienne. Nous entendons extraits de la 1ère Sonate (piano),qui a insiré de la Seconde , les Notations suivie de leur orchestration. Séjour en Allemagne avec Bruno Maderna, Berndt  A.Zimmermann (ultérieurement « Les Soldats »).

A la vérité on doit dire que l’exploration de l’expo débute par les peintres qui ont compté : Paul Klee qui a inspiré un livre, Juan Miro, Nicolas de Staël, Piet Mondrian, Alberto Giacometti, Wassily Kandinsky, un Paul Cézanne etc…Des écrivains, René Char qui avec Stéphane Mallarmé nous paraissent présents dans ses titres d’œuvres, Antonin Artaud, Jean Genet, … Des collègues, Igor Stravinsky, Roger Désormière , Luigi Nono et sa Jolie femme,  Nuria, fille d’Arnold Schoenberg. Ajoutons des architectes dont Frank Ghery.

Nous entendons « Pli selon Pli » avec la soprano Christine Schäfer, en mai prochain à l’auditorium du Musée d’Orsay, « Rituel pour Maderna » et ses percussions ;  les flûtes d’ « Explosante Fixe » hommage à I.Stravinsky

En 1954 ouverture du « Domaine Musical » au Petit Marigny, inoubliable souvenir quoique parfois « hard ». Puis vient la direction d’orchestre à Caracas : « Le Visage Nuptial, Le Sacre du Printemps » et plus tard au Théâtre des Champs Elysées.  « Wozzeck »d’Alban Berg à l’Opéra de Paris. Cette direction aura d’évidentes influences sur les caractères des compositions ultérieures (« Dialogue de l’ombre double / Repons »).Ce qui n’empêchera pas P.Boulez de dire « non ! » aux propositions d’A. Malraux pour réformer l’0péra.

Il faudra attendre Le président Pompidou et son secrétaire à la culture, Michel Guy, pour que soit lancé le projet de l’IRCAM avec l’arrivée du numérique, des technologie Un  nouvel univers pour la musique. Entre temps notre homme est nommé au « Collège de France ».

Pour le centenaire du Ring il dirige à Bayreuth avec le metteur en scène Patrice Chéreau, suivis à Paris de « Pelléas et Mélisande de Cl. Debussy/   MoÏse et Aron d’A.Schönberg   Enfin avec P.Chéreau, une dernière fois « La Maison des Morts » de Léos Janacek.

    A voir et à revoir. Cependant pourquoi point de photos sur le travail de P.Boulez à l’étranger, Angleterre, USA, Allemagne notamment ? 

Reste une Exposition très dense au profit d’un  homme remarquable dans une époque qui ne l’est guère .

 

Claude Glayman

 

Exposition Pierre Boulez 17 Mars / 28 Juin 2O15 

 Catalogue , direction Sarah Barbedette.  Actes Sud / Philarmonie de Paris, 38 E.

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