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Depuis le début de l’année 2017, Daniel Jeanneteau dirige le « Théâtre de Gennevilliers, soit T 2 G ; une soirée de présentation (à laquelle nous étions absent) et des documents écrits s’efforcent de préciser les intentions et projets des nouveaux leaders.Soirée du 16 septembre avec la participation de l’Ircam et de l’EIC (Ensemble Inter contemporain)Cette nouvelle coopération, marque à nos yeux, un choix capital :Ce que l’on appelle « L’Avant-Garde » rend visite à la banale banlieue (dont nous sommes nous, aussi l’un des habitants (pratiquement toute notre longue vie d’adulte).
16 septembre 2007.
A l’affiche « Rebonds et Artifices. Concert EIC : œuvres / Alexander Schubert, Iannis Xenakis, Enno Pope, Tolga Tüzunz ».
A.Schubert « Codec Error ». Un brillant athlète, qui se réclame d’une formation au « Free Jazz » et qui, ici témoigne, face à sa machinerie, d’une virtuosité peu commune, impressionnante mais qui n’est pas une découverte pour ceux et celles ayant fréquenté l’Ircam à d’autres occasions. Ainsi du brio dans la solitude d’une réalisation fascinante. Dans la pièce attribuée à Iannis Xenakis « Rebonds » si l’on ne s’égare pas dans le découpage des pièces, concerne évidemment l’un des grands ancêtres de la « nouvelle musique ». Une sorte de « moderato cantabile », un vertige plus modéré, y compris dans les gestes.
Et que chante le turc Tolga Tüzün ? Que visiblement n’apprécie guère la vie at home chez le torride Erdogan, dictateur quasiment parvenu au pouvoir absolu en son royaume.
Ce jour, où un journaliste embastillé au pays de Constantinople se voit enfin libéré.
Tout l’appareillage sonore, lumineux, tonitruant, violent à la limite du supportable, pour nous faire revivre l’univers concentrationnaire dont notre humanité est capable/coupable
Question cependant, si c’est un éloge, fuyons ou si c’est de l’ordure, s’en débarrasser au plus vite…
Le Brouillard des Aveugles
Identifié au Fog de Londres ou à un profond automne, comme on a parlé de « gorge profonde » à l’occasion d’une affaire de justice à un niveau présidentiel. Souvenez-vous !
Donc nous voici chacun/ chacune assis sur une chaise en un profond brouillard, quelque chose d’original, probablement identique à la cécité de ceux/celles qui ne voient pas. D’après une idée ancienne de l’écrivain belge Maurice Maeterlinck *. Librettiste du génial opéra de Claude Debussy, « Pélléas et Mélisande ».
Hélas la riche idée de base donne lieu et parole à un texte plutôt traditionnel ayant beaucoup de points communs avec perdition sur une île perdue dans une mer immense. Corne de brume ; Cris désespérés, Croassement animal ; un personnage distingué se lève, à peine bouge une chaise, se dissout dans le fog ; l’agonie d’un groupe ; l’éternelle histoire des malaises, graves ou s’évanouissant ; ceux parmi les distingués sont-ils supérieurs aux autres sans réactions ; orages, évocation du fleuve ; à proximité de l’île déserte il y a toujours un fleuve ; mystérieux ce fleuve mais heureusement qu’il est là, présent, utile probablement, cela dit les aveugles demeurent dans un hospice, à l’heure du sommeil
Claude Glayman.
*Consulter « Gaston Compère : Maurice Maeterlinck – La Manufacture, fin 1989.