Steve Reich, une musique nouvelle

Kronos_Quartet © cdherouville Kronos_Quartet © cdherouville

Les 12/13novembre la Philarmonie, exactement, la « Cité de la musique » avait organisé trois concerts intitulés « Steve Reich Unlimited » avec le concours du « Quatuor Chronos ». Chronos fidèle et remarquable complice du compositeur, et d’autre musiciens similaires qu’on a connus naguère sous le nom « dépassé », de « répétitifs ».                                                        

Nous avons privilégié le concert de l’après-midi du 13 novembre.

Avec notamment le « magnifique » « Diffèrent Trains », et 2 autres pièces plus récentes moins célèbres, quoiqu’un extrait, de « The Cave », * qualifiable d’oratorio, d’opéra, remonte à 1995. Depuis lors S.Reich a poursuivi dans cette ligne probablement plus maîtrisée. Davantage aboutie  que « Triple Quartet », et « WTC 9/11 », lié aux évènements terribles de septembre 2001.

En vérité S.Reich, aujourd’hui octogénaire, est le produit, désormais abouti d’un refus de l’esthétique de la musique occidentale. Le compositeur estime que l’orchestre a vécu ses grandes heures aux 18°/19 siècles. Négligeant, peut-être un peu vite le 20°, sinon le 21°, peu entamé ?  Dans le même état d’esprit S.Reich, musicologue averti, accompli rejette la musique « sérielle » 

« Diffèrent trains », une pièce mémorable.

Kronos_Quartet © dherouville Kronos_Quartet © dherouville

Lorsque on l’écoute, dans la salle de la Cité de la Musique, depuis la scène où David Harrington, premier violon et fondateur du « Chronos », on est immédiatement saisi par l’intensité d’une émotion imprévue et qui ne vous quitte pas durant 27 minutes. Composée à partir du quatuor, sorte de « basse continue », s’appuyant sur des voix doublées par des solistes, alto (Hank Dutt), voix féminine. La locomotive qui hurle pendant la première étape de l’’avant-guerre, et  un employé qui scande « New-York/ Los Angeles ». La seconde section, particulièrement forte, qualifiable  de « Train de la mort » convoyant les victimes des nazis, durant la seconde guerre mondiale,  direction les Camps de déportés, notamment vers Auschwitz.  Séquence quasi cinématographique, le sonore devient le voire. Le rythme est intense, on semble entendre les cris des captifs, ceux/celles qui refusent ce destin inique.

Comme de lointains échos de valses qui amènent à la troisième section, « après la guerre », lorsque précisément les trains ont disparu. S.Reich se souvient alors des premiers trains qu’il a connus enfant !

Différentes œuvres et autres compositeurs. 

De S.Reich lors du concert « sur les planches » : « Triple Quartet »,  soit trois Quatuors à cordes, nécessitant trois pré-enregistrements, simultanément à la bande préenregistrée. Des extraits assez réduits de « The Cave », ancien. Enfin WTC 9/11, l’acronyme du « world Trade center » qui met sur la piste du « climat » de « diffèrent trains » où s’entendent des psaumes »

Deux autres concerts ont été donnés par « L’Ensemble Moderne » avec des œuvres de Lou Harrison, John Cage. Le 13 novembre, en soirée Chassol un pianiste intervenait, suivi du collectif Berlinois Stargaze, et un compagnon de route, Chassol.

Que nous réserve l’avenir de ces inventions musicales…

 

Claude Glayman

 

« Steve Reich Unlimited ». Trois concerts 12/13 novembre 2016.

Cité de la Musique/ Philharmonie de Paris                                                                                      

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