La Double Coquette, les Troqueurs : Travestir sans Trahir

Théâtre de la Ville / Festival d’Automne

 

        

 © Marc domage © Marc domage
Faire du nouveau, en reprenant une œuvre du 18° Siècle, et en renouvelant sa fiction ainsi que son commentaire musical. Soit ! A la base un  « opéra comique » d’Antoine Dauvergne (1713/I797) célèbre instrumentiste, homme de théâtre, compositeur, et pour finir « Directeur de l’Opéra de Paris », on lui associe souvent le nom de Philidor. Librettiste, à l’origine , Charles Simon Favart, avec des additions de Gérard Pesson compositeur renommé pour une forme d’humour qui lui est propre dont on a pu saluer plusieurs performances de « musique contemporaine » et le texte de l’ajout dû au poète  Pierre Alféry  

Clarice, Isabelle Poulenard soprano, souvent applaudie comme Florise Maïlis de Villoutreys , sont deux jolies femmes au temps des marivaudages même empuntés aux spectacles de foire. Clarise s’estime abandonnée de son amant Damon conquis par Florise. La vengeance germe dans l’esprit de Clarise qui se déguise en homme, moustaches comprises et ne voilà-t-il pas qu’elle s’éprend, dans la peau d’un nouveau « genre » comme on dirait aujourd’hui, de Florise chipé à Damon et ce sous le nom de Dariman.

Il faut avouer que l’on s’y perd et que tous les musiciens n’ont pas le génie de Mozart, celui des échanges symétriques  de « Cosi Fan Tutte ». D’autant que la musique est signée par Gérard Pesson devenu ici un compositeur des années 192O/3O dans l’ombre portée du Serge Prokofiev de « l’Amour des trois oranges », voire plus mordant encore de Kurt Weill. Sans compter que le texte chanté rassemble  les formules amoureuses,  désirantes, vengeresses,  etc. du florilège « dishuitièmiste ».

 © Marc Domage © Marc Domage

Ceci étant ce spectacle est brillamment mis en scène par Fanny de Chaillé sous  la direction musicale d’Héloïse Gaillard à la tête de l’Ensemble Amarillis  dans les magnifiques costumes d’Annette Messager, en particulier ceux de Florise, vénéneux en diable.

 Suis-je peut être « vieux jeu » mais les travestissements supposent une mécanique impeccable et des ajouts bénéfiques qui vous frappent, vous accrochent, vous semblent parfaitement justifiés. Malgré le plaisir capté à la fin de ce spectacle, on se demande si c’est le cas ; je préfère du nouveau qui assume plus ou moins toute sa nouveauté que du collage.  Ce qui suppose de fortes partitions et de grands textes.

 

Claude Glayman,

 

Théâtre des Abesses du 17 au 19 novembre 2O15.

Tournées : Metz  Arsenal, 28 janvier 2O16

Compiègne Théâtre Impérial 29 janvier 2O16           

Hanovre Kunsftfespiele 2O/21 mai 2O16

Charleston (Caroline du Sud)  28,30,mai et Ier juin 2O16

Montclair ‘New Jersey, USA) 4/5 juin 2016.

 

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