LETTRES DE FINS DE VIE / LES ZWEIG

   On ne le sait que trop la guerre tue les hommes comme des mouches.

 Sans revenir sur l’appareil des  dégâts collatéraux comme on les  nomme aujourd’hui , signalons la désespérance des hommes qui les conduit à refuser de survivre dans une  vie ayant perdu tout sens, tout horizon.
Stefan Zweig et sa seconde femme Lotte se sont suicidés à Rio de Janairo le 23 février 1942.

Le célèbre écrivain autrichien s’était réfugié en Amérique du Sud et non en Californie  aux Etats-Unis comme plusieurs de ses collègues, S.Zweig tentait d’achever sa biographie de Balzac qui  fait toujours autorité. Sa Correspondance ainsi celle de son épouse, étaient surtout d’ordre familial, très peu personnelle, au-delà d’un état dépressif  que les auteurs tentaient de dissimuler .                .

Après l’Argentine, également les Etats-Unis, les Zsweig avaient choisi le Brésil qu’ils considéraient comme une « terre d’avenir » ; après tout ils ne se sont pas trop trompés à propos d’un « pays continent » ;  une prospective de près d’un siècle !

Mais l’étonnant provient de ce que patiemment pensé leur abandon de la vie  excluait la nouvelle pourtant toute récente de la déclaration de guerre du Japon aux Etats-Unis. Pas un instant les deux malheureux n’envisagent que cette «  déclaration de guerre du japon » peut marquer un  tournant et stopper enfin les forces de l’axe qui les avaient quasiment envoûtés dans leurs propres analyses. Est-ce Churchill ou De Gaulle qui avait noté à cette « nouvelle «  l’Allemagne avait désormais perdu la guerre «   !

Qu’à la suite également de la diffusion du suicide des époux Zsweig ,Thomas Man, Bertolt Brecht  et d’autres aient déploré cet « abandon de combat » par des « Germaniques », premiers concernés par le nazisme et sa destruction ne nous interroge guère si l’on considère comme un droit humain fondamental. Droit absolu d’attenter à sa propre vie ; qu’il s’agisse de célébrités ou d’un chômeur qui se suicide. Cela s’appelle « la liberté humaine ».

 

Claude Glayman    

  • Stefan et Lotte Zweig : Lettres d’Amérique : New York, Argentine, Brésil
  •  1940/ 1942. Avec un complément de notes sur des personnage peu connus de l’époque.     

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