Henri Duparc: de «La Difficulté d’être…» un compositeur

Damien  Bigourdan (Tenor) Damien Bigourdan (Tenor)

A « l’ Athénée »il appartient de briser l’anonymat du musicien Henri Duparc (1848.1933)  Une  vingtaine de mélodies, une poignée de pièces instrumentales et cet avis radical de M. Martinet, directeur de la célèbre salle : « le plus grand mélodiste français ! ».

D’accord ou non ?

Evoquons le récital du 23 mai 17, l’un des récents « lundis musicaux » du lieu.*

Le ténor Damien Bigourdan, et le pianiste Alphonse Cemin, artistes de haute volée, ont déroulé l’0euvre de H.D. Le reste a été détruit par le compositeur lui-même, tout au long de sa vie. 

Un choc. !..

Pour celui qui découvre ce mystère, il s’agit d’un véritable choc,  qui vous frappe à l’écoute de la première mélodie du concert du 22 mai.  Soit « L’Invitation au voyage », un poème majeur de Charles Baudelaire, à deux reprises inspirateur  du récital et qui contient deux vers magnifiques « Là tout n’est qu’ordre et beauté/Luxe, calme et volupté. » Vers entraînés par un accompagnement de piano, à peine entendu et aussitôt inoubliable. Toute, ou, quasiment toute la partie pianistique est de haute qualité d ‘une esthétique qui ne dissimule pas sa marque romantique. Ce qui, en gros, s’applique à l’intégralité des poésies et pourrait entacher cette 0euvre d’être  d’un romantisme en somme attardé. Décalage de nature à expliquer le cas général d’Henri  Duparc en dépit de ses références textuelles parfois plus modernes  et de son imaginaire sonore (exemple de Leconte de l’Isle, Théophile Gautier, notamment).

On a fréquemment l’impression  d’entendre  le piano de Franz Schubert, ou Robert Schumann. Décalages esthétiques-sonores ? Ne serait-ce  pas l’une des clés du cas volontiers unique d’H Duparc ?

Citons des titres, chants et pianos magnifiques : « Le Manoir de Rosemonde, Soupir, Lamento, Elégie, Romance de Mignon, Sérénade Florentine Phidylé Chanson Triste,la vie antérieure …          

Musiciens du « Balcon ». 

 Beaucoup de musical repose sur le ténor /Damien Bigourdan ex théâtreux mais également, nous l’avons souligné, présence du piano, celui d’Alphonse Cemin dont nous avons, déjà, apprécié l’infaillible talent. Le chanteur peut compter sur lui, le piano ne le lâchera jamais quelle que soit la circonstance. Et répétons-le le clavier est une pièce essentielle de l’œuvre de H.Duparc ; alors que d’autres ont franchi tout bonnement, le pas d’une modernité que nous connaissons bien mieux 

Le ténor Damien Bigourdan, qui  a, en effet, commencé sur les planches du théâtre,  est   de haute stature, il possède une présence physique donnant l’impression qu’il vit (dramatiquement) ce qu’il chante.  Timbre puissant, parfois presque raide, qui en impose et abonde dans notre écoute sans cesse visée. Il n’y a pas chez lui de mièvrerie, peut-être de la teinte néo romantique issue de la musique d’Henri Duparc.

 

Un regret qu’il n’ait pas composé davantage et n’ait pas laissé au public droit de regard sur sa production.

 

 Henri Duparc : «Mélodies » Lundi 22 mai 2017. / Lundis Musicaux de

Damien Bigourdan (ténor) – Alphonse Cemin (piano).  

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