«Alerte aux gardiens de phare» version british

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Disparu en 2016, Peter Maxwell Davies aura été un musicien plutôt prolifique. Féru du passé de la musique anglaise, médiévale, renaissante et en même temps contemporaine. Dans cette veine nous connaissons de lui le mémorable « 8 chants pour un roi fou ». Le  grand Benjamin Britten n’a-t-il pas suivi un itinéraire voisin… ?

On serait quasiment en droit de considérer la représentation en cours, de « The Lighthouse » « Le Phare » à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet ? Ainsi respecter ce deux faces esthétiques de la musique telle qu’elle s’applique à bien des musiciens d’Outre-Manche.

Nous sommes en mer, le programme de la soirée met en évidence un  titre voisin de Virginia Woolf « La promenade aux Phare », et souligne l’empreinte d’un univers dominant sur nombre d’artistes british, petits ou grands.

Nous sommes en 1900, sur un navire dit ravitailleur qui s’apprête à assurer la relève de trois gardiens d’un Phare au large des « Hébrides », en Ecosse selon la coutume. Or la trilogie a disparu sans laisser la moindre trace. Affaire policière ou non ? Nul jamais, n’en saura rien. Il ‘agit d’un épais mystère, au point  que cela devint un événement quasi national, justifiant une commission d’enquête.

Premier Climat.

Les trois absents sont devenus trois agents d’une commission d’enquête créée pour la circonstance. C’est dire ! Voici trois chanteurs déposant devant un fonctionnaire de justice. Citons les : Chritophe  Crapez (ténor),  Paul Alexandre Dubois (baryton) et Nathanaël Kahn (basse) ; ce sont les interprètes costumés de ce first climat, tout à la fois, chanteurs, diseurs, acteurs, ensemble remarquable. Insoulevable mystère, malgré leur talent commun.

Cette séquence emprunte davantage à la musique contemporaine, une esthétique dont nous sommes familiers  et qui permet un appui sonore à la recherche  d’une dans une tour cxlignotante  vérité impossible à découvrir. Là est la modernité de l’œuvre, bien après la date de 1900, date de l’événement déclencheur. Philippe Nahon, déjà entendu pour notre plaisir, à la tête de l’ « Ars Nova », l’ensemble instrumental où l’on distingue la « diversité » des instruments. 

Ainsi s’opposera le « premier climat », à un second nettement voisin des souvenirs des musiques anciennes et d’un folklore évident, voire de chansons pour dire une sorte de crise mystique,   de délire et de violence plus ou moins contenus.

Second Climat.

Production « La grande fugue », nous voici embarqués dans un quasi interminable  délire mystique, où au milieu de bagarres plus ou moins entravées, stoppées,  ressurgissant dans un appel à l’évasion, une aspiration à la liberté pour trois personnages bloqués .  Simulation de ce qui s’est possiblement déroulé en vérité 

Dans une tour clignotante !

? Circulent des fantasmes, des appels à Dieu, à la bête destructrice de l’enfermement. 

 © Jean-Didier Tiberghien © Jean-Didier Tiberghien

Les documents consacrés à ce spectacle évoquent même les conflits actuels entre le pouvoir des technologies et le travail traditionnel. Et quoi de plus traditionnel que le métier de « gardien de phare ». Il n’est pas jusqu’au paradoxe d’évoquer une automatisation du phare remplaçant  dorénavant les trois gardiens permanents du lieu.

Belle habileté que de moderniser ainsi la tradition vaincue par ce qu’on appelait le « progrès » au lieu et place d’un « veau d’or » ? Sans cesse évoqué, déclamé par ces victimes du passé.

Des chocs instrumentaux peuvent évoquer les réactions violentes  des hommes prisonniers,  de la nature sauvage liée à la mer. Violence également de la musique, sons du passé, folklore, chansons traditionnelles joliment entonnées par chacun des trois protagonistes pour la plus grande satisfaction des spectateurs.

Une certaine conception d’un certain  expressionnisme  évoqué par le compositeur. 

Claude Glayman.

 

* Peter Maxwell Davies : « The Lighthouse » - Athénée. Théâtre Louis Jouvet. Juqu’au 28 avril.         

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