Le Chant de l’Athénée,

                  

Pierrot lunaire © Gabriele Alessandrini Pierrot lunaire © Gabriele Alessandrini

Retour à l’adorable salle de l’Athénée pour deux concerts de mélodies. Branle-bas de combat dans la programmation : l’assez génial ténor Stanislas de Barbeyrac est absent car souffrant ; il ne chantera pas Ludwig van et sa « bien aimée lointaine », probablement reportée.. ..

Changement de lieder avec Hanns Eisler et Arnold Schoenberg, l’ex professeur d’Hanns retrouvé lors de leur commun exil aux  Etats-Unis durant la guerre de 39/45.

An programme  « 14 manières de décrire la pluie ». Je me souviens d’un véritable éblouissement de la musique en assistant très jeune, au film de Joris Ivens, documentariste  néerlandais qui, en 1941 n’était pas alors Maoïste. Ecrit pour les 3 cordes, flûte/picccolo, piano : partition qui semble discontinue et avoir perdu de sa beauté d’antant.

 

                             Schoenberg et son « Pierrot Lunaire ».

 

C’est la mezzo-soprano Marie Lenormand qui chantera/parlera (sprech/gesang)  les vers d ‘Albert Giraud qui pour moi, auront toujours une résonance Paul Verlaine alors que cela ressemble davantage à  de l’expressionnisme  germanique ; mêle cabaret,  comedia, dell’ arte. Ainsi que théâtre japonais de poupées « Burraku ». Jean-Philippe Desrousseaux en est le méticuleux metteur en scène, simultanément marionenettiste.

Les marionnettes son fort belles et très audacieusement manipulées par de longues silhouettes tout de noir vêtues . Reste silence dans les amours de Pierrot et Colombine,

Pierrot lunaire © Gabriele Alessandrini Pierrot lunaire © Gabriele Alessandrini

In fine, éliminés, sous la lumière de la lune, par le méchant Cassandre et la maquerelle, puisque nous sommes dans un bouge. Le chant-parlé de la mezzo-soprano Marie Lenormand, ayant longtemps travaillé aux Etats-Unis nous a paru trop discret, un manque d’allégresse, quasi de racolage. On chercherait, en vain,  il est vrai un Schoenberg « canaille » lequel n’a pas d’habitude cette image.

 

                            Le Passionnant op. 48 de Robert Schuman.

 

Les « Amours du poète »  est l’un de ses nombreux cycles de mélodies remarquables

à partir  de vers d’ illustres poètes, pour ne pas dire classiques. Il faut d’emblée reconnaître  également  le haut niveau. du ténor Cyrille Dubois, très étroitement accompagné par le pianiste Alphonse Cemin Nous sommes en 1840, Robert Schumann

a finalement épousé Clara Wieck au terme d’un assez long chemin. Sa joie est souvent présente dans ses mélodies,  différentes dans le propos mais pas dans le style .

Il y a des mélodies accordant, un certain espace au clavier tenu par le très précis A.Cemin (l’on m’a indiqué qu’il n’était pas le duettiste habituel du chanteur ce dont on ne se rend guère compte)

Si le sentiment, l’amour  sont ici omniprésents, il faut y ajouter la nature. Mais aussi des moments déchirants, l’une des caractéristiques du musicien romantique en diable ; les larmes sont présentes et paraissent authentiques non formelles. Même si pour nous il y un certain barrage de la langue, en dépit de pratiques  d’un allemand lycéen.

Pierrot lunaire © Gabriele Alessandrini Pierrot lunaire © Gabriele Alessandrini

L’auditeurs est également frappé  par la diversité des sonorités de C. Dubois . Il cligne des yeux,  ou les clôt sans doute pour préserver son autonomie, sans compter l’improbable trac . … ?        

 Preuve de la  diversité sonore du ténor, la puissance de son émission. Dans plusieurs « Sonnets » de Benjamin Britten tirés de Michel Ange,  admirant sa passion pour le jeune sculpteur Tomasso Cavalieri. Créé en 1940 à Londres par Peter Pears le compagnon du

compositeur, rarement donné en public.

 

Gabriel Fauré, avant dernier compositeur visité par Cyrille Dubois nous ramène étonnamment aux poésies de Verlaine . Mais on est loin d’Albert Giraud, Schönberg ,  « Cinq Mélodies de Venise op.58 » de Gabriel Fauré sont également débridées et l’on retrouve dans « Mandoline, C’est l’extase … » l’humour d’un certain « désuet » que Cyrille Dubois » enlève avec maestria. 

 

 -« Pierrot Lunaire » : Hanns, Eisler.  A. Schönberg,  - Athénée, 24, 31 mars.
-«  Les amours du poète  Robert Schumann./ Gabriel Fauré : Cinq Mélodies de Venise op. 58  / Benjamin Britten : Sept Sonnets de Michel-Ange » Athénée 27 mars

 

 Indications CD. A.schoenberg / « Pierro Lunaire » Ens. 2E2M _ 1 CD Adami 1996.

                              Robert Schumann « Lieder » D.F.Dieskau. Ch.Eschenbach. 1 cof 6 DG

 

                              Gabiel Fauré : « Cinq Mélodies de Venise. The Complete Songs.

                                                                                                          Hyperion 2004.

                             Benjamin Britten : « 7 Sonnets Michel Ange » B.Britten.Pears

                                                                                     Cd Decca « Historic » 1992.

 

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