La grande chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker au Théâtre de Gennevilliers

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La  grande chorégraphe Anne Teresa De Keersmaker au Théâtre de Gennevilliers

  Cette relative petite dame qui vous fixe du regard, l’une des plus grandes chorégraphes de ce temps, était samedi 28 novembre (jusqu’au 29) sur les planches de la grande salle du Théâtre de Gennevilliers plein à craquer. Soit « L’Amour et la mort du cornette Christoph Rilke. » D’après un texte du poète austro/tchèque Rainer Maria Rilke sur une partition musicale, plutôt minimaliste , de Salvatore Sciarinno.

Ignorant personnellement  ce qui rayonne autour de l’art chorégraphique contemporain,  très apprécié, se traduit sur la scène, par un dépouillement absolu et un profond vertige très géométrique des  corps, qui ici forment un duo, se mobilisent dans le mouvement et s’immobilisent dans une trêve de gestes, de tensions et des membres qui fascinent le spectateur  chamboulé et un rien perdu dans cette propension à l’abstraction

Auparavant sur un plancher totalement nu c’est une autre jeune dame, Chryssi Dimitriou qui joue sur une sorte de grande flûte la musique relativement minimaliste de S.Sciarinno ,connu de nos concerts.

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        Nous nous situons au beau milieu du I7°Siècle lors de l’une de ces terribles guerres déclenchées sur le sol germanique et voisin. Certaines sont désignées officiellement par des chiffres : « Guerre de 7 ans, de 30 ans », toutes les nationalités s’y pressaient pour combattre le turc, l’adversaire non chrétien. Le palpitant poème de R.M.Rilke , car il s’agit d’un texte poétique, est dit en langue allemande tandis qu’une traduction est projetée sur la moitié d’un mur de la salle. Il faut lire rapidement si l’on n’a pas pris connaissance de ce texte auparavant

Le personnage central vient de Langeneau. Il est porte drapeau, on le suit sur son cheval ,  il écrit à sa mère dissimulant son courrier sous  sa côte  de maille au terme d’un périple s’achevant dans une fête. Rencontre bienvenue de femmes qui suivent plus ou moins ces combattants, itinérants,  souvent isolés  mais qui font forcément connaissance ;si un incendie nocturne ne les chasse pas  de leur logement de fortune. Et puis le drapeau molesté est retrouvé et cette espèce de longue marche reprend au matin rayonnant si  un Général ne  helle pas le modeste soldat.

A.T. de Kersmaeker qui a ainsi fondé la compagnie « Rosas »  aux nombreux succès lors de multiples déplacements bien souvent hors des frontières de l’Europe. Avec son  associé Michaël Pomero qui vit, aime, meurt dans la tension d’un mouvement étonnant par sa surprenante fragilité et sa non moins surprenante durée.

On découvre cet autre monde, cette performance qui inspirent une émotion inédite . Il serait malvenu de ne pas y revenir !

Claude Glayman.

 

Anne Teresa de Kersmaeker : « L’Amour et la mort du Cornette Christophe Rilke »

Théâtre de Gennevilliers, Festival d’Automne 25/29 novembre 2015. 

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