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Billet de blog 4 avril 2015

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Supplique incantatoire pour le retour presto sur les ondes de nos chères voix polyphoniques

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Oui, mais supplique à qui ? Au C.S.A ? Que pèse celui-ci ? A un président de Radio France grillé, incapable de concevoir un projet un an après sa nomination, dispendieux en diable et cloitré dans son bureau doré ? A cette autre technocrate que l’on dit Ministre de la Culture et de la Communication ? A un Président de la république qui traite avec une désinvolture affligeante culture comme communication ? Reste Manuel Valls, fils et époux de, a priori plus réceptif.

Monsieur le Premier Ministre,

Entendez-vous parfois ces voix, toutes ces voix sans lesquelles le quotidien de millions de françaises et de français serait plus terne ? Ces voix qui nous aident à nous réveiller  et à vivre? Celle du tandem Catherine Boullay / Eric Delvaux qui ouvre l’antenne d’Inter avec un grand sourire en semaine ou celle de l’excellente Dorothée Barba le week-end ? Celle sur France-Culture de l’infatigable et gouailleur Marc Voinchet?

Celle de Patrick Cohen, dont vous êtes un « client », vous connaissez…Savez-vous que Vincent  Josse déploie désormais ses talents sur France-Musique ?

Je pourrais continuer en soulignant l’excellence de nombre d’émissions – mes préférées : la Grande Table, L’humeur vagabonde, La fabrique de l’Histoire, Les pieds sur terre, La prochaine fois je vous le chanterai (parfois un peu paresseuse il est vrai), Sur les docks, çà peut pas faire de mal  -  et la qualité des informations, aussi bien sur France-Culture que sur France-Inter, avec l’incontournable 3D, le tonitruant « Un jour dans le monde », et France-Info. Et des correspondants affûtés.

J’aimerais souligner une évidence et une seule : la polyphonie exceptionnelle de cette maison ronde.

Tout n’est pas parfait, loin s’en faut. Certaines émissions pêchent par répétition ou bavardage, comme « Si tu écoutes, j’annule tout » par ailleurs fort réjouissante car impertinente ; d’autres sentent à plein nez une promo éhontée. Les choix musicaux s’avèrent souvent trop étroits, les prises de risque trop faibles.  

Il n’empêche : entre ces quatre chaînes, sans parler de FIP, l’offre est remarquable. D’autant que des progrès récents ont été faits dans plusieurs domaines.

A Inter avec des liaisons, plus souples, plus chaleureuses, une certaine féminisation, des voix singulières et un ton neuf – Augustin Trapenard et son très dynamique « boomerang »…A Culture, un rajeunissement, une écriture moins docte, avec le danger récurrent il est vrai de ressembler comme deux gouttes d’eau à sa sœur…

Ces dernières semaines, en manque de voix, d’infos, d’accompagnement, j’ai tenté de tendre l’oreille ailleurs. Impossible. Inaudible. Tant de publicités. Tant d’hystérie. Si peu de fond.

Alors Monsieur le Premier Ministre  que faire?  C’est simple : le C.S.A doit prendre ses responsabilités et corriger son erreur de casting ; le gouvernement se doit d’apporter tout son soutien aux personnels de Radio-France, fleuron du Service Public. 

Ma suggestion : accentuer considérablement le rôle de « maison de la culture » de celle-ci; faire en sorte qu’il y ait une meilleure adéquation entre ses programmes radiophoniques et les événements qui y seront organisés grâce au mécénat. Car l’expérience prouve que des manifestations d’excellence – concerts, danse contemporaine, expositions, festivals – situées dans un cadre aussi prestigieux peuvent attirer des financements privés, d’autant que les sponsors bénéficieront d’une haute visibilité.  

Les espaces existent. La dispendieuse rénovation apparaitrait ainsi plus légitime. Et puiser au sein du formidable vivier qu’est le personnel, salarié ou non de Radio-France, réorienter les éléments les plus motivés à même de développer cette stratégie, orchestres compris.

Sur ce point, je vous l’accorde, une réflexion s’impose. Et si des départs vraiment volontaires au sein du personnel de la maison peuvent être obtenus, pourquoi pas ?  Mais la vraie question, tout le monde l’a désormais compris, c’est la gouvernance de ce vaisseau, qui risque fort, sans grand timonier, de sombrer corps et biens.

Des femmes et des hommes de culture et de communication sachant mener et motiver une équipe, ouverts au dialogue, la France n’en manque pas.

Une telle proposition visant à amplifier la polyphonie qui caractérise déjà ce groupe aurait en outre le mérite de rassembler les énergies et de remobiliser l’ensemble du personnel.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.