Magie indicible du paysage vespéral. Fragile, diffuse, foisonnante, surprenante. Tango d’averses soudaines, brutales ; brèves percées du soleil. « Matahari terbit, ya ? » (1).
Profondeur de champ infinie : air transparent et mer de nuages s’étirant au ras de la ligne d’horizon ; cumulus nimbus rebondis, innocents, pointés vers le couchant ; deux immenses voiles ébène percutant le vieux volcan.
Entendre le dernier chant des oiseaux, le son feutré des palmes et des feuilles, le sifflement sans fin des insectes; le muezzin lançant son appel à la prière ; les gouttes tambourinant sur la canopée.
Voir comme jamais les îles de Nusa Penida au sud et de Lombok vers le levant, l’océan indien si lisse ce soir, argenté, rosé. Pas l’ombre d’une écume à Taman Ujung, A l’est comme à l’ouest, sur les versants du Seraya et du Lempuyang, les arbres luttent contre la nuit, jouent de leurs derniers feux. La belle Nusa Penida et ses deux pointes effilées, long silex sculpté.
Agrandissement : Illustration 1
Violence de l’orage plongeant l’adret dans l’obscurité. Bourrasques. Fuir la terrasse, se réfugier sous la protection de la haute toiture. Le ciel revient, déchiré. Nouvelle vague d’une pluie rageuse. Et le calme.
(1) « Le soleil se lève / sort, n’est-ce-pas ? » Soleil : « mata-hari ». « L’œil du jour ».