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Billet de blog 12 juin 2014

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Pourquoi je suis devenu collectionneur

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En Chine, il existe une société quasi secrète : celle des collectionneurs de 文革 wen ge, - abréviation pour « Révolution culturelle » - qui étend sa toile, telle une araignée, sur tout le territoire de l’ancien Empire du Milieu. Elle possède ses codes, ses signes, ses publications, son marché, ses rites.

Ainsi, depuis la mort du Président Mao, dont le corps embaumé repose soi-disant dans l’horrible mausolée de la place Tian An Men, certains de ces collectionneurs se réunissent-ils dit-on à Pékin chaque 26 décembre (1), en présence de l’une de ses filles, Li Min. J’ai espéré, un temps, faire partie de ces happy few. Non par idolâtrie, mais parce que, nolens volens, j’appartiens à cette confrérie.

                                               *

Enfant, je n’ai collectionné ni timbres, ni soldats de plomb. Adulte, quelques œuvres d’art contemporain, quelques photos, voilà tout.

Non, la collectionnite, cette étrange maladie, m’est tombée dessus beaucoup plus tard, en Chine.

Flash-back : en 1987, je propose à la direction du JT d’Antenne 2 de tourner treize histoires courtes pour le 13h et le 20h, à l’occasion du 13ème congrès du Parti Communiste chinois. Avec Christian Hirou, caméraman hors-pair, dont les reportages en Chine ne se comptent plus, nous commençons par couvrir le congrès lui-même, avant d’aborder d’autres thèmes visant à traduire l’atmosphère de l’époque.

1987, souvenez-vous : le petit timonier, Deng Xiaoping, mène tambour battant les grandes réformes qui vont transformer le pays. Nous décidons, quant à nous, de nous rendre dans le village natal du Grand Timonier, à Shaoshan, au centre de la Chine.

Le culte de Mao y est omniprésent. Ainsi filmons-nous des jeunes écoutant du rock chinois à l’ombre de l’immense statue de celui-ci.

Un autre jour, nous suivons un gamin natif de Shaoshan chez lui, puis dans son école. Sur le réveil qui sonne tôt le matin près de l’oreiller du gamin, deux gardes rouges brandissent un petit Livre rouge…

Notre mission touchant à sa fin, la rédaction parisienne nous passe une commande peu banale : ordre nous est donné de rentrer dare-dare à Pékin pour y filmer…le concert anniversaire d’Alain Delon, qui fête son cinquantième anniversaire dans un stade de la capitale devant 18.000 fans.

La veille, nous rejoignons donc le chef-lieu du Jiangxi, Nanchang, et profitons de la matinée suivante, avant de prendre l’avion, pour visiter un magasin de porcelaine.

Non loin de là, se trouve en effet la capitale mondiale de la porcelaine, Jingdezhen, où des pièces exceptionnelles sortent des fours depuis des millénaires. Pour tout spécialiste de la céramique, Jingdezhen est synonyme de la plus haute qualité.

La production de la bourgade s’était considérablement ralentie et appauvrie pendant la première moitié du XXème siècle.

Etonnement, le culte de personnalité de Mao Zedong avait relancé la production dès la fin des années 1950.

Lorsque la Révolution culturelle éclate, en mai 1966, cette fabrication prend des proportions inimaginables. Jingdezhen sort des millions de pins, théières, statuettes, vases, médaillons en porcelaine. Les artisans du cru, épaulés par des jeunes propagandistes, rivalisent d’imagination.

Le pays tout entier se voit irrigué et les autels des ancêtres changent totalement de physionomie : des bustes de Mao, des colifichets à son effigie rejoignent les statuettes de bois traditionnelles. D’autres « héros » et « martyrs » de la révolution entrent dans les foyers, maréchaux de l’empire en tête.  Lei Feng lui-même, ce contre-héros, est l’objet d’un culte.

Avec Christian, nous nous partageons les meilleures pièces, soigneusement enveloppées par la petite brigade du magasin et filons vers l’aéroport, avec notre vingtaine de statuettes en soute et en cabine, ravis de l’aubaine, les mains meurtries par les ficelles de paille qui servent de poignée…

Il y a là une patineuse en jupette bleu ciel les bras fièrement tendus vers le ciel, une basketteuse en survêtement portant une grande coupe dorée, un couple de paysans menaçant des propriétaires fonciers en robe, marque infamante, une petite infirmière aux pieds nus bravant la tempête, le buste d’une courageuse jeune fille qui se révèlera être, plus tard, la célébrissime Liu Hulan…Car disons-le, la plupart de ces personnages nous sont alors inconnus.

Les années passent.

Fin 1991, nommé attaché culturel à Pékin, je découvre plusieurs marchés qui regorgent de marchandises. Non seulement celui de Pan Jiayuan, alors beaucoup plus rustique et moins étendu que l’actuel, mais aussi celui du Ritan, près du Temple du Soleil, ou encore un petit marché dominical situé au bout du chapelet des lacs, au nord-ouest, fréquenté par le petit peuple de Pékin où les objets, très ordinaires, se négocient pour quelques yuan.

Un jeu commence.

Le jeu, c’est bien ce qui caractérise d’abord la collectionnite : vous commencez par acheter une centaines de médailles, d’assiettes, de statuettes et comprenez peu à peu l’incroyable diversité de ces icônes et des codes sous-jacents : dates, lieux mentionnés, slogans, couleurs, photos dont les représentations du « président » s’inspirent. Tout fait sens.

Dans un second temps, vous devinez, en approfondissant vos recherches, qu’une hiérarchie existe bel et bien.

Celle-ci s’est construite à partir de plusieurs critères : la qualité du matériau, métal, porcelaine, biscuit, tissu, voire jade ;  le personnage représenté, Mao Zedong étant hors-concours ; la référence, le plus souvent explicite, à un événement. Ici, telle réunion capitale, là tel acte de bravoure. La rareté joue aussi un rôle, comme dans toute collection. Sans parler de l’esthétique : le régime maoïste va, pendant la décennie 1966-1976, mobiliser les meilleurs artistes du pays. 

Les écoles des Beaux-Arts se transforment en laboratoires de production.

Comment ne pas évoquer l’étrange similitude avec l’atelier des Beaux-Arts de Paris en mai / juin 1968 ?

Même créativité,  même mystique collective. Une différence, de taille : en Chine, les directives viennent d’en haut, d’une petite cellule menée tambour battant pour Jiang Qing, l’épouse de Mao, grande prêtresse de la propagande ; à Paris, les sérigraphies, les affiches créées 24h sur 24 par un collectif débordant d’imagination témoignent de la subversion ambiante. Les situationnistes rôdent !

Soyons honnête : dans l’ambiance survoltée de la Révolution culturelle, ce chaos indescriptible, l’imagination est aussi au pouvoir, au moins pendant les deux premières années.

Si la plupart des ces créations se veulent anonymes, certaines sont signées. Ainsi, l’artiste alors déjà célèbre qu’est Shen Shaoyi conçoit la fameuse icône représentant le Président dominant la foule des gardes rouges du haut de Tian An Men, lors d’un de ces rassemblements où des millions de jeunes venus de tout le pays scandaient jusqu’à l’évanouissement parfois 毛主席万岁 Mao Zhuxi Wan Sui, « Longue vie au Président Mao », le slogan leit-motiv de toute la Révolution culturelle répété comme un mantra.

Mao, dont le bras gauche est orné d’un brassard de garde rouge, qui vient de lui être remis par une jeune activiste nommée Song Binbin, dont il vient de changer le prénom, - elle s’appellera désormais Song Yaowu, Song va-t-en guerre -, Mao lève le bras droit comme pour bénir la foule qui l’acclame.

L’œuvre initiale deviendra très vite un bois gravé. La tête de trois quart du « Grand Dirigeant » sera détourée, pour devenir le « sceau » le plus reproduit.

Sur du papier à en-tête, sur les journaux et les dazibao, sur les brassards, sur les Petits Livres rouges, sur les murs, sur les porcelaines, partout.

Une des super-icônes du culte, avec « Le Président Mao en route vers Anyüan », peint par Liu Chunhua sur ordre de Jiang Qing, avec aussi la photo du président coiffé d’une casquette militaire prise par Edgar Snow en 1936,  toutes trois reproduites à des centaines de millions d’exemplaires (2).

Si une collection se forge par jeu elle se construit aussi, me concernant, avec le regard de l’historien que je suis.

Cette collectionnite galopante a provoqué plusieurs « rebonds ». 

Le premier prend la forme de l’exposition MAO, à la Maison de la Chine, à l’occasion du centenaire de la naissance de celui-ci, fin 1993. Une seconde, intitulée « Mao y’a pas photo » se concrétisera en 1999, à Paris puis à La Rochelle, au moment du cinquantième anniversaire de la de l’avènement de la République Populaire de Chine, en 1949.

Second rebond : en 2001, les éditions Larousse m’ayant proposé d’écrire un Mao, la vie, la légende, je m’attache à utiliser ma collection pour souligner l’importance de l’iconographie concernant « le culte de la personnalité le plus inouï de l’histoire de l’humanité », m’amusant par exemple à composer une carte de Chine avec plusieurs centaines de médailles à la gloire du « Grand Educateur » ou à montrer certaines icônes emblématiques, photographiées par mon voisin et ami Thierry Girard.

Avec le photographe, peintre et collectionneur qu’est Guy Gallice, nous lançons en 2008 le très ambitieux projet de concevoir un ouvrage intitulé non sans humour Le Mao, porté par l’éditrice Nathalie Démoulin, au Rouergue, la création graphique étant signée Noémie Levain.  L’objectif de notre livre ? Montrer en images et aussi grâce à seize chapitres très concrets, le pourquoi et le comment de ce fameux culte.

Pendant plusieurs semaines, nous allons sillonner la Chine, nous rendre à Pékin, puis au Shandong pour y découvrir un musée privé rassemblant en rase campagne plus de 200.000 pièces, puis à Quanzhou, où Guy travaille sans désemparer pendant trois jours à partir de plusieurs collections privées et dans petit musée perdu de la province du Fujian.

Puis nous visitons le seul musée évoquant la Révolution culturelle à l’époque (3), financé à Shantou par un enfant du pays, le Chinois les plus riche au monde, Li Ka-shing.

Ce lieu désert, réplique en réduction du Temple du Ciel de Pékin, hommage au grand écrivain Ba Jin, qui fut, comme nombre d’autres artistes, littéralement martyrisé à l’époque, met en évidence les pires errements de dix années chaotiques et meurtrières.

Autrement dit, les petits collectionneurs que nous sommes témoignent, grâce à l’ouvrage paru en 2009, de la richesse de collections privées ou publiques, comme celle rassemblée à Pékin dans le Musée de l’Armée, sur l’avenue Chang’an… où nous opérons sans autorisation.

Un grand regret : ne pas avoir pu montrer l’incroyable collection de tapis et de tapisseries de l’étrange Monsieur Xu Bin. Absence en partie aujourd’hui réparée : deux de celles-ci ouvrent actuellement, à Shanghai, l’exposition Decorum (4).

Encore apprendrons-nous plus tard que d’autres maolâtres sincères ou manipulateurs ont constitué des ensembles encore plus conséquents, comme ces six ou sept musées thématiques visités il y a deux ans non loin de la capitale historique du Sichuan : musée des médailles en métal, par centaines de milliers, des objets de la vie ordinaire, tous estampillés « révolution culturelle », des porcelaines de tous acabits, certaines atteignant une qualité esthétique rare, des miroirs par milliers – ceux-ci ayant été le meilleur moyen, jadis, de repousser les mauvais esprits - , un musée entier où s’empilent tous les journaux, tous les dazibao récupérés ici ou là, les pendules carillonnant dans un beau tintamarre l’Orient est rouge, représentant le Grand Leader et son « plus proche compagnon d’armes », Lin Biao, avant la chute de celui-ci, un autre musée où sont projetées en boucle des séquences ô combien éloquentes montrant les foules hystériques lors des grands rassemblements de 1966.

Last but not least : en plein-air, le maître des lieux, apparemment richissime, Fan Jianchuan, a fait représenter, dans l’esprit de l’armée du Qin Shi Huangdi à Xi’an, tous les leaders communistes, par centaines, sous la forme de statues plus que grandeur nature – chacune mesure environ 2,20 m -, les plus illustres mais aussi ceux dont seuls les spécialistes se souviennent encore. Ils se tiennent debout, en plein-air, saluant le flot de visiteurs venus de tout le Sichuan – une province grande comme la France – et de bien au-delà, le plus souvent des femmes et des hommes d’origine paysanne.

La logique voudrait que je séjourne là-bas plusieurs semaines pour mener le travail d’archivage qui s’impose. Un temps, j’ai rêvé d’y tourner un film…Mais le feu de la passion s’est quelque peu éteint et je n’ai, à ce jour, trouvé ni producteur, ni diffuseur. A bon entendeur…

Il y aurait beaucoup à dire sur le jeu ambigu mené par certains collectionneurs de haute volée, utilisant leur « passion » pour mieux asseoir leur pouvoir local, régional, voire national.

Je pense ici à Bo Xilaï et à cet autre roitelet du Shanxi qui a non seulement rassemblé des millions de pièces, comme son « collègue » Fan Jianchuan, mais fait reconstruire à l’identique, non loin du complexe industriel dont il est le propriétaire, les bâtiments symbolisant les cinq « lieux saints » - shendi – du maoïsme !

Cette collectionnite s’est étendue à d’autres domaines.

Toujours dans le registre du maoïsme, j’ai eu la chance d’acquérir très tôt un jeu d’images, le plus souvent numérotées, ayant servi à des expositions itinérantes qui circulaient dans tout le pays à cette époque. Photos de propagande soigneusement mis en scène par des équipes de « pros », avec parfois un « casting » d’enfer : valeureux vieillards expliquant avec bonté aux jeunes générations, béates d’admiration, certains hauts faits, certains savoirs ; jeunes travailleuses trimant à l’usine sur des machines avec le plus beau des sourires ; mineurs couverts de suie aux allures triomphantes ; paysans et « jeunes éduqués » partant bras dessus bras dessous dans les rizières en chantant des hymnes révolutionnaires…Grâce à François Hébel, directeur artistique de Foto Industria (5) cette biennale photo très originale qui se déroule désormais à Bologne, j’ai présenté une partie de cette sous-collection l’année dernière. Et grâce à lui, je montrerai cette année un autre volet consacré au panorama aux Rencontres d’Arles (6).

Ah, le panorama ! Cette forme très particulière m’enchante. Je vous renvoie au texte qui figure sur le site des Rencontres et dans le futur catalogue de celles-ci. 

Disons ici que ce genre à part et très prisé par les collectionneurs en Chine. Au point qu’il me faudra un jour et demi, à Pan Jiayuan, pour négocier dix d’entre eux, avec cette inquiétude toujours chevillée au corps : s’agit-il de tirages authentiques ou bien de copies effectuées la veille ?

Si pour les porcelaines, pour les médailles, il est très difficile de savoir, les Chinois pratiquant la copie, ou le faux, depuis des millénaires, - des amis nous ont d’ailleurs signalé que Le Mao en présentait plusieurs, ce à quoi nous leur avons répondu que ces copies, ces faux appartenaient eux aussi à l'histoire – les photos sont a priori plus faciles à déceler. Les papiers sur lesquels celles-ci sont tirées sont différents. Encore que…

Puis j’ai élargi cette collection photo à ce que j’appelle « la famille Chine », trouvant parfois des tirages ayant un siècle, rarement plus. Certaines images datent de la fin de l’empire Qing. (1911), d’autres de la première république (1912-1949), d’autres encore de l’époque contemporaine.

Cette collection a connu un autre avatar, avec l’acquisition de plus d’une centaine d’albums. Albums de famille le plus souvent, quelques uns étant consacrés à Mao. Un seul montre des cadres emmenés sous bonne garde dans un stade où ils vont être torturés. Ces albums sont une mine pour qui veut comprendre l’ évolution de la société chinoise.

Une autre sous-collection est alors apparue : celle, très séduisante, des photographies de mariage, qui a donné lieu en 2003, lors de l’Année de la Chine en France, à une exposition, d’abord à l’Abbaye de Montmajour, grâce à l’initiative d’Anne Matheron, alors conservatrice en chef de ce musée, puis à Shanghai, dans la galerie d’art N°D de Qiang Jiong’er. Intitulée « Mariages à Shanghai », l’exposition fit un tabac en France comme en Chine.

Composé aujourd’hui de près de 300 clichés et d’une trentaines d’albums, cet ensemble, confronté à des photos de mariage françaises parmi lesquelles celles de Robert Doisneau, d’autres de l’agence Roger Viollet, celle d’un très jeune photographe chinois, Jia Daitengfei, et espérons-le aussi celles de Thierry Girard au Shandong, devrait faire l’objet d’une exposition présentée en 2015 au French May de Hong Kong, puis à Shanghai, en septembre, lors de l’ouverture du Bund Finance Centre et du la seconde Photo Shanghai Fair. Elle s’intitulera « Le Grand Mariage », titre d’une série d’images époustouflantes prises par Doisneau en 1949 pour Vogue.

Autres collections : celle d’affiches de pub le plus souvent créées à Shanghai ou à Tianjin, entre les années 1906 et 1940, parfois assez olé olé. Une autre de céladons et de bols plus ou moins anciens. Une autre de laques. Une autre de cages !

La dernière ? Une collection de sceaux. Autant de facettes de cette civilisation qui me fascine tant.

Pourquoi, me direz-vous, une telle frénésie, une telle boulimie ? Sans pouvoir tout expliquer, je vois au moins un élément de réponse : c’est la richesse proprement inimaginable du grenier Chine, même si, me semble-t-il, certaines sources s’avèrent aujourd’hui quasiment taries.

En écrivant cette vérité, maintes fois vérifiée, le collectionneur invétéré que je suis se dit qu’il serait temps, avant qu’il ne soit trop tard, d’arpenter la Chine, de rencontrer les vieux photographes propagandistes qui cachent des trésors, de fouiller dans des archives provinciales pour tenter d’exhumer des documents, photos, films, objets témoignant non seulement de la richesse de cette production – je pense à nouveau à la Révolution culturelle – mais aussi d’une véritable apocalypse qu’ignorent les jeunes générations, le Pouvoir actuel faisant tout pour nier l’histoire récente, Grand Bond en avant, Révol.cul – pour reprendre la formule d’un livre publié jadis par René Viénet et d’autres (7) - , tout pour détruire la mémoire d’un peuple, et provoquer ce « trou noir de l’oubli » évoqué par Jean-François Billeter dans son petit opuscule, Chine trois fois muette (8).

Apocalypse Mao

                                                    *

(1) Mao Zedong est né le 26  décembre 1893 à Shaoshan, dans la province du Hunan.

(2) La production avait été d’une telle ampleur, d’une telle variété que mes petites accumulations –quelques milliers de pièces  - sont très vite apparues comme dérisoires. Je  découvrirai beaucoup plus tard que d’autres collectionneurs ont rassemblé des centaines de milliers de pièces, voire, comme près de Chengdu, plusieurs millions !

(3) Un second musée, tout aussi critique, vient d’ouvrir à Hong  Kong.

(4) Cf. mon récent billet intitulé « Decorum à Shanghai : vole, tapis d’art vole ».

(5) Cf. http://fotoindustria.it/en/claude-hudelot/

(6) « La collection Claude Hudelot, Panorama : miroir de la Bureaucratie céleste » : www.rencontres-arles.com/

(7) Révol.cul.dans.la.Chine.pop, 10/18.

(8) Editions Allia, Paris, 2000. 

PS. Dans deux ans, la Révolution culturelle aura 50 ans…

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