French, comme French May, French Gourmay, French films, French Day, Flying Frenchman… Il fut un temps pas si lointain – les années 1960-70 – où HK ne comptait que deux restaurants français: “Le trou normand” côté Kowloon, et “La Seine” sur Victoria.

Aujourd’hui, ils sont légion. Et la plupart d’entre eux connaissent un franc succès. Ils ont d’ailleurs détroné les italiens, hier encore très en vogue.

Entre le quartier très in de Lan Kwai Fong et celui de SoHo, j’en ai dénombré une bonne douzaine: La marmite, Fleur de sel, Le bouchon, La Cabane à vin, Libertine, le Café de Paris …Et surtout Pastis, véritable QG de la francophonie et de la bonne humeur.

De grands chefs français y ont ouvert une succursale et à Kowloon, au 30ème étage de l’hôtel Peninsula, le palace le plus huppé, trône Félix, conçu par Philippe Starck, restaurant très théâtral, où transparaît le narcissime de son créateur. Parfait pour donner de la face à ses invités.

Le plus extraordinaire, ce sont…les toilettes homme: les urinoirs, décorés de verre sablé et de marbre blanc, bénéficient d’une vue imprenable. Toute la baie apparaît derrière le vitrage qui court du sol au plafond. Vertigineux.

A Hong Kong, la France est omniprésente avec ses magasins de luxe disséminés dans les galeries marchandes qui se sont multipliées ces dernières années.

Ainsi, Agnès B occupe des espaces considerables, notamment à Exchange Square. Mieux: elle a repris récemment les rênes d’un cinema style “art et essai”, dans le Hong Kong Art Centre, à Wanchai.  

Une statue géante de César, dénommée “The Flying Frenchman”, fut offerte par la Fondation Cartier en 1992 à la colonie, trois ans après le massacre de Tian An Men.

Mesurant 4, 80 m de haut sur 8,40 m de large, pour un poids de 6 tonnes, cette oeuvre, située près du Centre Culturel de HK, côté Kowloon, face à la baie et au Peak, représente un valeureux combattant.

Depuis la mort du sculpteur, en 1998, une polémique perdure: il semblerait que celui-ci ait d’abord souhaité nommer sa sculpture “The Freedom Fighter”, en réference à Tian An Men. Ce que les autorités contestent.

En 1993 lors de sa visite sur place, César déclara à Gérard Henry, rédacteur en chef du magazine Paroles: “C’est un symbole de liberté, un Icare en quelque sorte.”

Chaque veille de la date anniversaire, le 4 juin, des gerbes et des couronnes de fleurs blanches – couleur du deuil en Chine – sont déposées au pied du “Flying Frenchman”.

Il est un autre lieu français qui compte beaucoup. C’est une caverne d’Ali Baba nommée Parenthèses, “la” librairie francophone, unique en Asie, ouverte il y a exactement vingt cinq ans par l’amoureuse des livres qu’est  Madeline Progin.

Située au coeur de Lan Kwai Fong, au 14/18 Wellington street (second étage), Parenthèses réussit de tour de force de proposer le meilleur de la literature francophone et tous les ouvrages sur l’Asie qu’il faut avoir lu. Et bien d’autres perles encore.

De plus, Madeline et sa chaleureuse équipe invitent très souvent des auteurs de passage, qui viennent rituellement s’asseoir dans un fauteuil pour dédicacer leurs ouvrages aux fidèle lecteurs.

“Le fauteuil”, tel est d’ailleurs le titre du livre que la librairie vient d’éditer pour célébrer son anniversaire, avec les contributions de nombreuses plumes prestigieuses.

La France à Hong Kong doit aussi beaucoup à son Alliance et son école, la French International School, deux institutions et deux aventures auxquelles ma famille a été intimement mêlée.

Reste une success story qui va placer notre pays au pinacle.

En 1991, Gilles Chouraqui est nommé Consul Général de France à Hong Kong et Macao. Sinologue, homme de culture – il a été Conseiller Culturel à Londres - , marié à une artiste de talent, il comprend très vite que la France a une carte à jouer grâce à cette fameuse exception que le monde nous envie. Dès 1993, il lance le “French May”.

La première année, celui-ci bénéficie, enre autres événements marquants, de l’exposition Rodin, initialement programmée à Pékin, puis à Shanghai. Coup d’essai, coup de maître.

Après avoir célébré l’année dernière en grandes pompes son 20ème anniversaire, les organisateurs – essentiellement des responsables du Consulat et de l’Alliance Française, épaulés par de grands noms de la culture, lancent cette année de nouveaux défis, en proposant des thèmes – en 2013, les années folles, la Bourgogne – et en élargissant son emprise à Macao, où une grande exposition sur Napoléon et les trésors des palais impériaux sera présentée au Macao Museum, une autre sur l’excellent thème des “chinoiseries”…

Devenu le plus grand festival artistique d’Asie, grâce à une stratégie audacieuse dans le domaine de la recherche de mécenat, le French May dure plus de deux mois – cette année du 17 avril au 23 juin - et touche quasiment à tous les domaines artistiques.

Arnaud Barthélemy, Consul Général et Président du comité d’organisation dénombre avec une fierté justifiée dix-huit expositions, cinquante représentations, parmi lesquelles plusieurs créations, autant de projections, sans compter des événements touchant à la gastronomie – le “French Gourmay” – ou la mode.

Quelques exemples relevés dans le programme 2013: une exposition du grand photographe qu’est René Burri; une autre de Rodin (De Sarthe Gallery); Emmanuel Perrotin présente Xavier Veilhan dans son fabuleux espace du 50 Connaught Road; Jean Cocteau est à l’honneur au HK City Hall; Jean-Claude Gallotta donnera Daphnis et Chloé; un hommage sera rendu à Francis Poulenc…

Des centaines de créateurs français participent au French May, mais aussi des artistes, des orchestres, des troupes de Hong Kong.

La plus grande originalité de cette manifestation, c’est le “French Day”, organisé avec le très sélect HK Jockey Club, avec la “France Galop Cup”, le “French May Trophy”, des courses agrémentées de “performances”, comme celle des Tambours du Bronx.

Ces deux dernières années, le HK Jockey Club est devenu le sponsor principal du French May. Il fallait y penser.

 

 

 

 

 

 

 

 

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et, très remarqué : FRENCH MEN ' S ROOM