Les grandes douleurs ne sont plus muettes, les socialistes se lâchent et se noient dans leurs humeurs avec la bénédiction du Père Bernard-Henri Lévy qui leur a administré (parait qu’il est philosophe-prêcheur...) l’extrême-onction dans le Journal du Dimanche, le journal dont le propriétaire est le « frère » du Président. C’est dire si le corbillard est largement avancé. Dire n’importe quoi parait être pour les uns et les autres, au PS et alentours, le seul moyen de faire parler d’eux.
C’est dire si leur détresse est profonde. Comme pour toutes les grandes catastrophes il est donc urgent de rouvrir une cellule d’assistance psychologique et, probablement, convoquer à leurs chevets les divers représentants des religions ayant pignon sur rue en France. Pour que ces malheureux aillent à confesse ou pour que, dans les cas les plus désespérés, le Père Kouchner ou le Frère Hirsch puissent leur faire réciter publiquement des litanies de « Je vous salue Nicolas, président plein de grâce » avec Carla accompagnant ces patenôtres avec sa guitare, Xavier Darcos, faute, désormais, de Boutin, fournissant les sainte huiles aux plus atteints.
Dans une salle reculée de l’Elysée, les collaborateurs de Nicolas Sarkozy rangent soigneusement les débris du PS avant de les assembler pour les confier ensuite à un institut de sondage et à quelques légistes politiques qui s’efforceront de reconstituer les détails de la catastrophe sans avoir encore retrouvé la boite rose perdue dans les rues d’Aix ou dans les couloirs du Parlement européen. Allez savoir, le donne mon lang au chat. D’après les premiers experts, les instruments de navigation paraissent en cause depuis longtemps mais ils n’avaient jamais été changés. Seuls les fauteuils de l’équipage ont été réparés, voire changés.
Au delà du travail archéologique de reconstitution d’un monument socialiste dont il ne reste, comme sur de nombreuses avenues parisiennes, qu’une façade ancienne mal retapée, en trompe-l’oeil, la seule solution consiste à mettre sur pied, c’est à la mode, une cellule de support psychologique ; avec, autour du cercueil, un accès à une aide individualisée et donc à la possible rémission des pêchés ; il est clair, par exemple, que le péché d’orgueilcommis depuis des années par le parti socialiste, relève de la confession, qu’elle soit individuelle ou collective. La mortification publique ne suffira pas, même avec un Julien Dray mettant tardivement, sa spécialité, les montres à l’heure.
Donc, une cellule psychologique va devoir être installée en permanence rue de Solferino : car il ne faut oublier que c’est après avoir été témoin de l’horrible champ de bataille de Solferino, après avoir procédé au décompte macabre des morts et des blessés le 24 juin 1859, que Henry Dunant décida de fonder la Croix-Rouge. Pour les morts ou ceux qui ont déjà demandé l’asile politique chez les Verts, au Modem ou à l’UMP, la cellule de la Croix Rose ne pourra rien faire, sinon tenter de consoler les proches, leur expliquer que beaucoup ont lutté jusqu’au bout et que ne voyant rien venir, endormis dans leurs certitudes, ils n’ont pas vraiment souffert.
Pour les autres, handicapés de la pensée et de la frustration, prisonniers de leur déni de socialisme non assumé il faudra, en dehors du passage éventuel à confesse, appliquer des thérapies de choc : les mettre au bio, les enfermer avec des nucléocrates ou des amis de Manuel Barosso, leur faire passer un week-end avec Marie-George Buffet ou encore, dans les cas extrêmes, les envoyer en stage d’aide-berger sur le Larzac à portée de fumée de la pipe de Bové. Les psy devront individualiser les ordonnances et faire envoyer par chaque patient une lettre de demande de pardon à Karl Marx et à Jean Jaurès signée Ségolène Royale.