Samedi et dimanche, les grandes surfaces (gloire à elles !) vont admettre les militants des Restos du coeur à la sortie de leurs caisses pour qu’ils recueillent les produits que les clients généreux vont leur offrir... après les avoir payés aux dites grandes surfaces. Lesquelles font évidemment leur miel promotionnel de cette « généreuse initiative » qui ne peut que leur rapporter un peu plus d’argent. Par quelle perversion nous prêterons nous à cette opération de promotion déguisée en générosité ?
Ce n’est évidemment pas la première fois que la France entière se laisse berner par cette escroquerie manifeste. D’autant plus que certaines grandes surfaces, signalent même des « promotions » dédiées à cet acte de générosité.
Ce ne sont pas les Restos du Coeur qui sont en cause puisqu’en cette période de crise, ils sont encore hélas nécessaires, puisqu’en cette période chômage à 10 % et de pauvreté à 8 millions de personnes, la solidarité de l’Etat sarkozien fait défaut et qu’il faut panser les plaies du libéralisme avec la charité publique. Comme si c’était normal.
Il faut donc inciter les clients prisonniers des grandes surfaces à refuser cette charité qui commence par une contribution supplémentaire aux chiffres d’affaires d’Auchan, de Carrefour, d’Intermarché, de Franprix et de quelques autres. Si cette grande distribution était vraiment généreuse, elle donnerait elle-même, sans passer par le portefeuille de leurs clients, toutes les conserves et produits dont les Restaurants du Coeur ont hélas de plus en plus besoin, elles cesseraient d’arroser à l’eau de Javel et autre produits, les denrées qu’elles jettent en leurs immenses poubelles, pour empêcher les plus pauvres de venir récupérer des miettes de ce grand gaspillage en tentant d’oublier leurs hontes d’en être réduit à cet expédient pour survivre à la crise et à la pauvreté.
Alors, il faut que les clients (forcés, souvent) que nous sommes refusent cette charité si mal ordonnée et donnent directement de l’argent aux Restaurants du Coeur et aux autres associations pour qu’elles puissent elles-même acheter en gros, donc moins cher, ce dont elles ont besoin sans participer à l’enrichissement de la grande distribution. Et il y a tant de producteurs et de transformateurs de bio qui seraient heureux, en faisant un geste, de faire découvrir leurs productions à un public qui n'a pas l'habitude de ces bons produits.