Réchauffement du climat: Hollande, Sarkozy, Mélenchon, Fillon, Valls et tous les autres s'en foutent

Tandis que la guerre des nombreux chefs de l’UMP occupe les esprits et les médias, alors que le parti socialiste se demande s’il l’est encore en s’interrogeant sur qui et où il va pleuvoir, pendant que Madame Le Pen délire avec succès, tandis aussi que Mélenchon prend un repos largement mérité

Tandis que la guerre des nombreux chefs de l’UMP occupe les esprits et les médias, alors que le parti socialiste se demande s’il l’est encore en s’interrogeant sur qui et où il va pleuvoir, pendant que Madame Le Pen délire avec succès, tandis aussi que Mélenchon prend un repos largement mérité qui nous délasse et que Pierre Laurent se demande à quelle branche non pourrie des socialistes il pourrait bien se raccrocher pour survivre et que les politiques cherchent avec angoisse dans quel secteur ça va encore chauffer et pourquoi, comme disait Chirac, les emmerdes volent toujours en escadrille, c’est le climat dont le dérapage est à nouveau annoncé. Mais sans tambour ni trompettes.

Quoi ? Le climat ? Encore ? Vous plaisantez ?  Vous vous conduisez en ennemi du Peuple ! Vous n’auriez pas un autre sujet plus urgent ? Plus inquiétant ? Plus ancré dans le réel ? Plus proche des préoccupations des gens ? N’existe-t-il pas des nuages noirs plus noirs que ceux qui survolent l’évolution du climat, en France et ailleurs ? On verra plus tard, on a le temps.

Ségolène Royal a expliqué samedi en Haute-Savoie, dans l’indifférence générale et il est vrai sans grande conviction, que le rapport sur l’évolution du climat français demandé à une équipe de chercheurs du GIEC dirigée par Jean Jouzel, n’était pas très optimiste. Litote : très pessimiste même, mais la ministre de l’écologie était surtout venue en Haute-Savoie pour inaugurer le nouveau et célèbre Refuge du Goûter. La dernière halte des 20 000 alpinistes qui se lancent chaque année à l’assaut du Mont Blanc. En essayant de ne pas se bousculer car certains jours ils sont plusieurs milliers à faire la course vers un sommet submergé par les ordures qu’ils abandonnent en route. Ils ont raison de se précipiter, car à lire le rapport présenté à Ségolène Royal, non seulement la neige va manquer de plus en plus haut mais le dérèglement climatique va rendre la montagne, de plus en plus imprévisible et dangereuse.

Donc, retour au rapport qui évoque « seulement » l’avenir climatique français pour 50 ans alors que l’opinion publique et les politiques ne s’intéressent qu’au temps du mois prochain. D’abord, comme pour de nombreux pays, notamment dans ceux du sud où les conséquences sont déjà plus tragiques, ce rapport scientifique, n’est guère encourageant. Il souligne que le réchauffement est désormais inéluctable et que les mesures à préparer à la Conférence de Lima au mois de décembre prochain puis à décider à Paris en décembre 2015 ne pourront guère inverser les évolutions. Surtout si elles ne sont pas prises ou restent cosmétiques, laissées au seul bon vouloir de l’économie industrielle et du MEDEF qui dominent la planète et épuisent ses ressources.

Dans la Sud de la France, les températures moyennes augmenteront d’environ 5° pendant l’été et de 3,5° au cours de l’hiver sur tout le territoire. Les périodes caniculaires seront de plus en plus nombreuses, une tous les deux ans, avec un accroissement de 5 à 6° par rapport à la moyenne actuelle de ces épisodes de grande chaleur.

De nombreuses parties du territoire seront fréquemment touchées par des phénomènes climatiques extrêmes : fortes pluies, gros orages, tornades de type tropical souvent destructrices et fréquentes inondations que les grandes compagnies spécialisées refuseront d’assurer, comme cela se produit déjà aux Etats-Unis. Comme l’Espagne, la partie méridionale de la France souffrira de longues périodes de sécheresse affectant l’agriculture et les villes touristiques de la côte méditerranéenne. Notamment en raison de l’assèchement progressif de nombreuses nappes phréatiques. Les conséquences sur la grande agriculture seront importantes, notamment pour le maïs et les céréales mais aussi pour la vigne qui devra de plus en plus souvent grimper en altitude. Evolution qui condamne les vignes de plaine dont il deviendra impossible de contrôler la teneur en alcool, ses vins devenus imbuvables. Ce n’est pas par amour de la pluie que de grandes sociétés de champagnes achètent discrètement des terres en Grande-Bretagne. Et pendant ce temps là, les glaciers du Pôle Nord et du Groenland continuent de connaitre une accélération de leurs fontes (500 milliards de tonnes depuis 2012), contribuant à augmenter le niveau des mers. Celles, par exemple, qui attaquent et font reculer le littoral français.

Et pendant ce temps là, en plus, le gouvernement de Ségolène Royal, continuera à considérer l’écologie et la transition énergétique comme un luxe, détricotant (c’est une manie…) un texte de loi qui n’est même pas encore voté ! Mais les politiques, à commencer par Hollande, Valls, Sarkozy, Fillon et tous ceux qui s’agitent autour d’eux, ont des sujets plus importants à régler d’ici à 2017 ; alors que pour se préoccuper du climat et questions écologiques il faudrait raisonner à 20 ou 30 ans. Tous savent qu’ils ne seront plus là pour réparer les dégâts. Si c’est réparable. Mais comme dirait Hollande « avec nous le déluge »…

J’entends déjà deux questions. Et le NPA ? Et les écolos ? Vous les avez oubliés ? Pour le premier, même sac à indifférence : je viens d’écouter Olivier Besancenot parler 25 minutes sur France 3, il n’a pas prononcé une seule fois le mot écologie ni évoqué la chose. Quant aux Verts, adeptes des économies d’énergie, ils épuisent Le peu qu’il leur en reste pour régler des comptes et des mécomptes internes qui ne les passionnent même pas. L’écologie ne les intéresse plus vraiment.

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