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Billet de blog 28 avr. 2011

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Quand le président du Sénat vole officiellement au secours des anti-éoliens

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Ce 29 avril au Touquet, le président du Sénat, Gérard Larcher sera présent pour appuyer et conforter les organisateurs d’un colloque destiné à organiser « Un atelier de mise en place d’un protocole de suivi d’impact des éoliennes sur la migration des oiseaux et des poissons ». Outre que l’on peut se demander s’il s’agit de se pencher sur l’avenir des poissons volants, on ne peut manquer de remarquer que cette réunion est organisée par Chasse, Pêche Nature et Traditions et son président Frédéric Nihous, par la plupart des associations anti-éoliennes soutenues par Valéry Giscard d’Estaing, par le député UMP Jérôme Bignon président du groupe le plus important de l’Assemblée nationale, le « Groupe chasse », et par le Maire du Touquet, un autre UMP, Daniel Fasquelle. Les organisateurs de cette réunion affirment qu’elle se tient « en lien avec le ministère de l’Ecologie ». Premier problème, le dit ministère n’est pas du tout au courant. Deuxième problème tout le programme de cette belle journée vise à remettre en cause les orientations données par la ministre de l’Ecologie et les préconisations du Grenelle de l’environnement et des deux lois qui ont été votées en ce qui concerne l’éolien. Il est donc plus que surprenant que le deuxiéme personnage de l’Etat, le Président du Sénat, vienne apporter sa caution à une réunion qui vise tout simplement à demander l’interdiction des éoliennes off-shore au nom des oiseaux et des poissons et une réduction drastique du nombre des éoliennes terrestres. Au moment où l’on commémore le 25 ème anniversaire de l’accident de Tchernobyl et où le monde entier se pose des questions sur l’avenir du nucléaire après la catastrophe de Fukushima qui se poursuit « tranquillement ». Mais dans le programme de cette belle journée on trouve facilement l’explication : « Une catastrophe nucléaire est apparue à Fukushima au Japon et chacun espère qu’il n’en restera pas un traumatisme du type Tchernobyl. Mais jeter aux oubliettes cette industrie n’est pas si simple : elle est entre autres peu productrice de CO2 et assure 50% des besoins énergétiques de la France. Elle assure une relative indépendance énergétique et stratégique dans un monde dominé par le pétrole et les sources alternatives sont encore loin de pouvoir fournir de tels résultats. Les risques sont-ils alors supérieurs aux bénéfices ? La question mérite d’être posée, même sous l’émotion d’une catastrophe ». Outre que comme d’habitude chez les anti-éoliens lorsqu’ils s’adressent à l’opinion publique le chiffre de « 50 % des besoins énergétiques » est faux (18,4 % selon le gouvernement), il s’agit d’une tentative de fédérer pour la prochaine élection présidentielle, ce qu’il y a de plus rance et de plus extrémiste contre les éoliennes et pour la poursuite du programme nucléaire. Il s’agit ni plus ni moins, de tenter de faire plaisir aux chasseurs les plus violents : ceux qui chassent le gibier d’eau en Baie de Somme et dans la Nord de la France.

On ose espérer que la ministre de l’écologie prendra officiellement la parole pour rappeler que la diversification énergétique fait toujours partie de son programme.

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