Jean-Pierre Coffe: un "honnête homme" en son jardin

Un artiste savoureux en sa cuisine

Les Français doivent à Jean-Pierre Coffe quelques améliorations dans les produits « infâmes » proposés par la grande distribution. Ils lui doivent aussi d’avoir mis sur la place publique quelques  arnaques et des scandales cachés dans la « malbouffe » dénoncée par José Bové. C’était, au-delà de ses coups médiatiques, de ses colères,  un monsieur de bonne compagnie qui révélait toutes ses qualités humaines dans sa maison prés de Châteaudun. Cernés pas des agriculteurs plutôt portés sur les pesticides qu’il dénonçait.  Là où il faisait goûter aux visiteurs sa bonne cuisine avant de leur présenter avec affection son jardin de simples, de légumes et de fleurs qui ressemblait au paradis des jardiniers.

J’ai encore au fond du palais le goût d’une extraordinaire d’une marmelade de fraises ou d’une brassée d’asperges cuites à point après avoir été cueillies le matin même dans son jardin qu’il faisait admirer avec un enthousiasme communicatif. Il s’arrêtait toujours devant les pivoines arbustives qui étaient l’une de ses passions. Je me souviendrais longtemps aussi de ces visites dans son paradis vert qui se terminaient à chaque fois dans l’ombre rafraichissante de sa tonnelle « Jean Carmet » où nous savourions les blancs de Loire qu’il partageait auparavant avec son ami comédien trop tôt disparu dans les années 90.

C’était un homme bien, un homme qui pouvait parler des heures de ses passions, de sa vie et de ses amis auxquels il restait éternellement fidèle. Dans son jardin et dans sa cuisine il n’était plus un prédicateur avocat de la bonne bouffe pas chère, mais un mec sympa dont les histoires enchantaient mais qui était toujours prêt à écouter celles des autres.

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