(36) Dumping social chez ITER - exploitation aux dimensions du chantier, pharaonique

Je viens de rencontrer un ancien élève du Lycée Professionnel Beau de Rochas de Digne les bains (LP qui possède des sections du BTP).

Ce jeune, après son BEP du BTP a fait un Contrat de Qualification Professionnelle en Coffreur Bancheur chez Vinci (cette formation qualifiante n’existe que par CQP ou par formation pour adulte ou formation continue avec AFPA ou GRETA) à la suite de quoi il a exercé en boîte d’intérim.

Aujourd’hui il est embauché par une boîte d’intérim depuis 19 mois sur ITER.

Il raconte que la plupart de ses camarades de travail sont Polonais, Lituaniens ou Capverdiens, ... tous travailleurs détachés, et sont payés 6 euros de l’heure.

Cela constitue une pression pour demander des augmentations, mais aussi quand les autres salariés râlent sur les horaires imposés (jusqu’à 60 heures par semaine) ou sur les conditions de sécurité.

Par exemple ce n’est pas rare de voir des gars porter des charges énormes et se “ruiner” le dos.

En plaisantant, le jeune m’a dit : ”Quand je pense au harcèlement des profs de Digne pour qu’on porte nos chaussures de sécurité, notre casque, nos gants, nos lunettes, notre gilet fluo...et ce que je constate au quotidien  (rires)....”

 Quand on élève la voix, le chef d’équipe a vite fait de nous faire remarquer que les “détachés” attendent.

 Il a poursuivi en évoquant les conditions d’hébergement qui sont de la même eau...

Ce serait donc cela le modèle des années à venir ?

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