TERRIFIANTES CIGALES !

Qui n’a jamais entendu des cigales ? Ces charmantes bestioles sont le symbole même de nos souvenirs de vacances. Elles nous rappellent les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol, les vacances dans les pinèdes, des moments conviviaux de pastis ou de rosé bien frais. Elles sont le signe même de la chaleur de l’été.

Qui n’a jamais entendu des cigales ? Ces charmantes bestioles sont le symbole même de nos souvenirs de vacances. Elles nous rappellent les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol, les vacances dans les pinèdes, des moments conviviaux de pastis ou de rosé bien frais. Elles sont le signe même de la chaleur de l’été.

 

La chaleur de l’été, voilà, tout est dit.

 

J’habite un village de moyenne montagne, à environ 700 mètres d’altitude. Altitude modeste, mais le paysage environnant est très « montagne », avec l’énorme masse du Canigou qui surplombe la région à presque 3000 mètres d’altitude, des vallées profondes, des barres rocheuses noyées de végétation qui dissimulent autant de pièges verticaux. C’est une région pastorale, avec des torrents, des ravins ombreux, des prairies, une forêt abondante, des animaux d’élevage, vaches, moutons, chèvres, on y rencontre aussi bien le patou, grand chien berger des Pyrénées gardien de troupeaux, que des isards, sortes de bouquetins des Pyrénées.

 

Quel rapport avec les cigales ?

 

Et bien, depuis quelques jours, les cigales crissent dans les platanes, les châtaigniers, les mélèzes.

De mémoire de villageois, cet évènement ne s’est jamais produit. Les touristes, nombreux en cette saison, pensent que c’est une attraction locale supplémentaire, et sont charmés de ce bonus.

Ils n’ont pas compris que si les cigales chantent dans une zone pastorale de moyenne montagne, c’est parce que c’est un habitat qui commence à leur convenir.

A notre échelle, nous n’avons pas encore conscience du réchauffement climatique, et nous avons du mal à en mesurer les effets, même si nous subissons en ce moment une forte canicule. Mais l’implantation en zone pastorale  d’une nouvelle espèce dont l’habitat traditionnel est chaud et sec, voire brûlant, indique clairement que les choses changent, le climat se réchauffe, les espèces animales migrent et les nombreuses alertes des scientifiques nous avertissent que les choses n’en resteront pas là.

Ce processus semble irréversible, à quoi faut-il nous préparer demain ?

 

Terrifiantes cigales !

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