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Billet de blog 14 janvier 2026

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Argentine : L’école publique et les enseignants face au projet de la droite

Roberto Baradel est une figure reconnue du syndicalisme argentin. Il s’est récemment rendu à Paris afin de faire état, au sein de l’OCDE, des critiques sévères du mouvement syndical à l’égard du modèle social et économique du gouvernement de Javier Milei. A l’occasion de cette visite, il partage dans cet entretien quelques-unes de ces positions.

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Illustration 1
Roberto Baradel © Claudio Casparrino

Roberto Baradel est une figure reconnue du syndicalisme argentin. Il a joué un rôle important dans la représentation des travailleuses et travailleurs de l’enseignement face aux différentes tentatives néolibérales de démantèlement de l’éducation publique. Il est secrétaire général du Syndicat unifié des travailleurs de l’éducation de la Province de Buenos Aires (SUTEBA) ainsi que de la section régionale de la Centrale des travailleurs argentins (CTA) pour ce même territoire.

Il s’est récemment rendu à Paris afin de faire état, au sein de l’OCDE, des critiques sévères du mouvement syndical à l’égard du modèle social et économique du gouvernement de Javier Milei. A l’occasion de cette visite, il partage dans cet entretien quelques-unes de ces positions, analyse la situation de l’éducation et son articulation nécessaire avec la lutte pour les droits humains, ainsi que les défis auxquels fait face le mouvement ouvrier argentin.

Texte et photo : Claudio Casparrino

CC : Vous êtes venu à Paris pour participer à des réunions dans le cadre de l’OCDE, en raison de la demande d’adhésion à cet organisme formulée par le gouvernement argentin.

RB : Oui. Le gouvernement de Mauricio Macri[1] avait présenté une demande d’adhésion de l’Argentine à l’OCDE, et récemment Javier Milei a poursuivi ce processus à travers un mémorandum. Récemment, le secrétaire général de l’OCDE s’est rendu dans notre pays et a rencontré le gouvernement ainsi que les centrales syndicales.

Nous sommes critiques à l’égard de l’OCDE sur différents sujets, notamment en ce qui concerne les évaluations standardisées[2]. Mais, dans le même temps, l’organisation affirme défendre certains principes tels que la justice sociale, le dialogue social, le développement ou l’égalité de genre. Or, c’est précisément l’inverse de ce que fait Milei.

Mon intervention lors de la réunion au siège à Paris a été très claire. Le président de la Nation a affirmé que la justice sociale est une « aberration ». Que penseraient les ambassadeurs de l’OCDE si un responsable gouvernemental leur disait : « si tu as un enfant handicapé, c’est ton problème, pourquoi devrais-je m’en occuper » ? Ce sont pourtant les politiques mises en œuvre aujourd’hui dans notre pays. Sont-elles compatibles avec les standards de l’OCDE ? L’organisation devrait y réfléchir sérieusement avant d’intégrer l’Argentine.

CC : Comment définiriez-vous le programme politique et social que mène Milei en Argentine ?

RB : Milei est le produit de l’insatisfaction de larges parties de la société face à un projet politique qui n’a pas su apporter de réponses. La droite est très habile. Lorsqu’une expérience gouvernementale de droite échoue — comme celle de Mauricio Macri — et qu’elle est suivie par des gouvernements populaires qui ne traitent pas en profondeur les principaux problèmes rencontrés par le peuple, comme ce fut le cas avec Alberto Fernández[3], cette même droite réapparaît sous les traits de l’extrême droite en affirmant : « ce sont tous les mêmes ».

En apparence, ils proposent une rupture avec le passé, mais, en réalité, leur objectif est la consolidation de leur projet historique : maintenir les privilèges d’une minorité et refuser au plus grand nombre le bien-être que le pays pourrait offrir.

C’est pourquoi le miléisme revendique la période oligarchique de l’Argentine du Centenaire de 1910[4], durant laquelle 15 à 20 % de la population vivait très bien tandis que le reste survivait dans des conditions très difficiles et résistait. Dans ce modèle social, les organisations sociales et de travailleurs, l’organisation collective, représentaient un danger pour l’accumulation de richesses des groupes sociaux dominants.

Cela apparaît clairement dans les critiques de Patrón Costas[5] à l’égard des politiques sociales et du travail du péronisme : « Ce que je ne pardonnerai jamais à Perón, disait-il, c’est que le petit Noir[6] soit venu me regarder dans les yeux et exiger une augmentation de salaire. Il ne demandait plus, il exigeait. » Cette mentalité reste très présente dans certaines franges de la société.

Quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Mauricio Macri, Javier González Fraga, l’un de ses hauts fonctionnaires, affirmait que sous les gouvernements de Néstor Kirchner et Cristina Fernández de Kirchner[7], « on avait fait croire à la population qu’elle pouvait avoir des téléphones portables et des téléviseurs »[8]. Autrement dit, selon cette vision, l’ensemble de la société ne peut pas accéder à ce que ces personnes considèrent comme leur propriété exclusive.

Aujourd’hui, la droite va plus loin dans ce raisonnement, habilement, avec beaucoup de pouvoir économique et de stratégie, comme on l’a vu avec Trump aux États-Unis ou Bolsonaro au Brésil.

CC : Il se dit souvent que Milei est venu « remettre de l’ordre » dans l’économie. Quelles sont les conséquences concrètes de ses politiques ?

RB : Les conséquences sont un endettement public colossal et la mise en vente du pays. En 2015, l’Argentine avait le salaire minimum légal (« salario mínimo vital y móvil »[9]) le plus élevé d’Amérique latine en dollars[10] ; aujourd’hui, il est parmi les plus bas[11], tout en étant l’un des pays où l’on travaille le plus d’heures.

L’Argentine est devenue le pays le plus endetté au monde auprès du FMI. Cet endettement historique s’explique principalement par deux prêts majeurs accordés sous les deux administrations Trump aux États-Unis : l’un à Mauricio Macri, l’autre à Javier Milei. Dans les deux cas, les normes du FMI sur les limites d’endettement ont été violées. Il s’agissait de décisions politiques visant à leur permettre de gagner des élections[12]. Lors des dernières élections de mi-mandat en Argentine, Trump a déclaré : « nous allons aider l’Argentine, mais il faut voter pour Milei ». Une ingérence directe, une forme d’extorsion qui a influencé une partie de l’électorat conservateur.

Il s’agit de « prêts », entre guillemets, car cet argent n’a pas bénéficié à la population, mais a été immédiatement capté[13] par des acteurs privés via le système financier. Le grand problème de l’économie argentine reste le manque de réserves de change. L’économie ne peut tenir sans un soutien externe solide. Je pense qu’une partie de la société a choisi de donner la priorité à l’évitement d’une nouvelle crise économique. On ne sait pas combien de temps la situation actuelle pourra durer.

CC : Certains établissent une continuité historique — revendiquée plus ou moins explicitement par le miléisme lui-même — entre le gouvernement actuel, celui de Macri, le néolibéralisme des années 1990 et la dictature militaire de 1976-1983. Quelle est, selon vous, la place historique du miléisme ?

RB : C’est la même matrice de pensée. La vice-présidente de la Nation, Victoria Villarruel, représente elle-même des secteurs qui ont soutenu et participé à la dictature civilo-militaire[14]. Leur frange civile appuie aujourd’hui Milei.

Voici un exemple. Lors d’une réunion de l’OIT [Organisation internationale du travail] il y a deux ans, j’ai eu un échange avec un chef d’entreprise membre de l’Union industrielle argentine[15], réputé pour son esprit de dialogue. J’ai introduit dans la discussion l’idée d’un impôt de 1 % ou 1,5 % sur les grandes fortunes — nous ne parlons pas de 20 %. Son refus a été catégorique. En quoi une contribution aussi faible pourrait-elle affecter ses bénéfices, alors qu’elle bénéficierait, en plus, à l’ensemble de la société ? Sa réponse a été la suivante : « Ne demande jamais à un prédateur de rendre sa proie ». Et pourtant, il s’agissait de l’une des personnes les plus raisonnables de ce milieu. Voilà la matrice de pensée des grands acteurs économiques.

CC : Dans une interview récente, la sociologue argentine María Pía López affirme que Javier Milei incarne un « nouvel avatar dans la lutte des classes du pays »[16].

RB : C’est une idée très intéressante. Le pouvoir économique soutiendra Milei tant qu’il lui sera utile. Mais lorsqu’il cessera de servir ses intérêts, il sera remplacé par un autre « avatar ».

CC : Et que signifierait qu’il cesse de « servir ses intérêts »?

RB : Qu’il ne soit plus en mesure de garantir l’approfondissement du programme économique. La droite est très claire : tant que tu lui es utile, elle t’utilise ; ensuite, elle passe à autre chose.

CC : Quel est l’état de l’éducation sous Milei et quel est son modèle éducatif ?

RB : Le gouvernement a présenté un projet de loi visant à transférer des responsabilités aux familles et à décharger l’État, notamment à travers la promotion de l’« enseignement à domicile »[17]. Ils nous accusent d’endoctrinement dans les écoles, parce qu’ils veulent imposer une histoire officielle, sans regard critique ni formation de sujets de droit.

L’école publique et les enseignants constituons un obstacle majeur pour le projet de domination sociale de la droite. Nous allons combattre la réforme éducative que le gouvernement veut mettre en œuvre. L’Argentine possède une forte tradition d’école publique ; c’est aussi le cas dans l’enseignement universitaire. Lorsque le miléisme a attaqué le système universitaire, une réaction sociale massive s’est produite. Il en sera de même s’ils tentent de transformer le modèle éducatif scolaire.

CC : Vous suggérez donc un lien direct entre l’attaque contre les droits des enseignants et la tentative de réforme d’un système éducatif public universaliste, fondé sur les droits humains et une vision critique de l’histoire.

RB : Oui. Ils cherchent en permanence à dénigrer l’école publique. Lorsque Santiago Maldonado[18] a disparu, nous avons élaboré un livret distribué dans les écoles, posant la question : « Où est-il ? » Certains journalistes — ou, plutôt, des opérateurs médiatiques — nous demandaient pourquoi nous nous mêlions de cela. Pourquoi ? Parce qu’un citoyen argentin avait disparu et qu’il fallait demander ce qui s’était passé. C’était une manière de faire pression sur le gouvernement.

CC : L’engagement des syndicats enseignants en faveur des droits humains est manifeste en Argentine. Quelle a été la situation du secteur pendant la période de terrorisme d’État de la dernière dictature ?

RB : Près de 700 enseignants ont disparu. La première victime de la dictature civilo-militaire, dans la nuit du 24 mars 1976, fut Isauro Arancibia[19], secrétaire général adjoint de la Confédération des travailleurs de l’éducation de la République argentine (CTERA). Il a été assassiné avec son frère dans les locaux de l’Association des enseignants provinciaux de Tucumán (ATEP), dans la province qui porte ce nom.

Isauro Arancibia travaillait en lien avec Atilio Santillán[20], dirigeant historique des travailleurs du sucre de la Fédération ouvrière de l’industrie sucrière de Tucumán (FOTIA), assassiné deux jours plus tôt. Ensemble, ils soustrayaient les enfants au travail dans les plantations (la « zafra »[21]) et les envoyaient à l’école. Outre les disparus, il y a eu de nombreux cas de licenciements.

CC : Il existe donc de forts liens entre la question des droits humains, le syndicalisme et l’éducation.

RB : Absolument. Nous travaillons étroitement avec les Grands-mères et les Mères de la place de Mai, dans la recherche des petits-enfants kidnappés pendant la dictature, dans les activités de mémoire chaque 24 mars, et dans l’accompagnement des procès[22]. Nous pouvons affirmer avec fierté que notre travail en matière de droits humains est reconnu.

Une camarade de SUTEBA a proposé le programme « Je suis allé aux procès avec mon professeur ». De nombreux élèves de lycées de la province de Buenos Aires, avec l’autorisation de leurs parents et accompagnés par leurs enseignants d’histoire ou d’autres matières, ont assisté aux procès pour crimes contre l’humanité afin d’avoir connaissance de ce qui s’était passé durant la dictature. On imagine sans peine pourquoi la droite nous déteste…

Il y a quelques années, le journal Página/12 a publié une enquête demandant à des lycéens s’ils savaient ce qu’avait été la dictature civilo-militaire de 1976. 80 % ont répondu oui, et 70 % ont déclaré l’avoir appris à l’école publique. C’est l’une des raisons de la haine contre l’école publique. C’est cela qu’ils veulent démanteler.

CC : Après sa récente victoire électorale, Javier Milei a lancé une profonde réforme du travail. Quels en sont les points centraux ?

RB : Premièrement, supprimer ou réduire les indemnités de licenciement et prolonger la durée de la période d’essai. Deuxièmement, affaiblir le financement de la sécurité sociale et des mutuelles par la réduction des cotisations patronales. Troisièmement, modifier les conventions collectives : ils affirment vouloir maintenir celles de niveau national, mais autoriser des accords par entreprise ou par lieu de travail.

Une conquête majeure du mouvement ouvrier est l’« ultra-actividad[23] » : lorsqu’une convention arrive à échéance, elle reste en vigueur tant qu’une nouvelle version n’a pas été approuvée. Cela protège les droits. Mais sur le plan salarial, sans nouvel accord, les salaires restent gelés. Ils chercheront donc à imposer, par secteur, des accords fondés sur la productivité, l’allongement du temps de travail, la création de « banques d’heures[24] », etc. Ils tenteront d’imposer des conditions de travail dégradées pour gagner un peu plus.

CC : S’agit-il d’une tentative de fragmentation de l’unité ouvrière dans les processus de négociation ?

RB : Exactement. Ils voudraient un monde sans syndicalisme. C’est pourquoi ils le diabolisent dans les grands médias. Il suffit de regarder combien d’entrepreneurs sont diabolisés : presque aucun. Certes il existe de mauvais exemples dans le syndicalisme, mais ce n’est pas pour cela qu’ils attaquent. Leur problème n’est pas ces mauvais exemples. Ils attaquent les syndicats parce qu’ils incarnent l’organisation consciente de la classe ouvrière. C’est notre manière de nous unir et de lutter. Il n’est pas question d’un dirigeant ou d’un siège de syndicat, mais de la volonté collective des travailleurs de défendre leurs droits. Voilà pourquoi ils veulent nous détruire.

CC : Aujourd’hui, on observe en Argentine une désarticulation de l’opposition, qui a permis au gouvernement de Milei de conserver l’initiative politique. Quelle est la situation du mouvement ouvrier ?

RB : Ce problème existe aussi dans le mouvement ouvrier. Aujourd’hui, il y a deux CTA[25], alors qu’il n’y en avait qu’une auparavant. La CGT a également ses problématiques. Nous devons construire la plus grande unité possible. L’unification des deux CTA est un objectif que nous avons partagé avec de nombreux camarades des deux espaces. Et nous devons aussi construire des ponts avec la CGT, où se trouve une grande partie de la classe travailleuse.

Nous avons en outre un défi majeur : atteindre les 50 % de travailleurs qui n’ont pas de droits. Beaucoup sont des travailleurs précaires, indépendants et non syndiqués. On leur a fait croire que les droits sont, au contraire, des privilèges, et que si ceux qui disposent encore de stabilité et de protections les perdaient, leur situation s’améliorerait.

Il est également nécessaire de comprendre ce que pensent les jeunes sur des questions comme, par exemple, le travail sur les plateformes. Lorsqu’on leur propose des formes d’organisation collective, la réponse est souvent : « ne m’emmerde pas avec les horaires », car ils privilégient la flexibilité et des horaires fragmentés. Beaucoup préfèrent travailler depuis chez eux, au travers du télétravail. Il faut comprendre ces nouvelles réalités et les nouvelles générations pour construire une continuité dans l’avenir.

L’histoire ne commence pas avec nous et, heureusement, ne s’achève pas lorsque nous partons. Recréer un lien historique, c’est comprendre que d’autres ont lutté — et parfois donné leur vie — pour obtenir ce que nous avons aujourd’hui. Et, de même, ceux qui viendront après nous jugeront sur ce que nous aurons fait. Personne ne défend ce qu’il considère pas lui appartenir.

Finalement, il s’agit de pouvoir être heureux : avoir une famille, du repos, des vacances, accéder à l’éducation, être en bonne santé. La différence, c’est que certains pensent que ces droits sont réservés à une minorité, tandis que nous pensons qu’ils doivent appartenir à toutes et à tous.

[1] Président de la Nation entre 2015 et 2019.

[2] Voir : www.oecd.org/fr/themes/evaluation-et-assurance-qualite-de-l-education.html

[3] Président de la Nation entre 2019 et 2023.

[4] On appelle Centenaire de 1910 en Argentine la commémoration des cent ans de la “Révolution de Mai”, épisode qui marque le début de la rupture avec le joug colonial. Le Centenaire a été célébré dans le contexte d’un modèle oligarchique qui combinait prospérité économique pour une minorité avec une profonde exclusion sociale et une répression sévère des secteurs populaires et du mouvement ouvrier.

[5] Robustiano Patrón Costas (1878-1965), originaire de la province argentine de Salta, fut un important homme politique conservateur et propriétaire de la sucrerie San Martín del Tabacal. On lui attribue l’une des phrases les plus représentatives de la pensée anti-populaire de l’oligarchie locale.

[6] Traduction littérale du mot « negrito ». Expression méprisante et raciste visant les membres des classes populaires.

[7] Néstor Kirchner a été président de la Nation pour un mandat de 2003 à 2007, tandis que Cristina Fernández de Kirchner a exercé deux mandats consécutifs entre 2007 et 2015.

[8] Dans une interview radiophonique de mai 2016, l’économiste libéral Javier González Fraga — membre du parti de droite Propuesta Republicana (PRO) et président de la Banque nationale d’Argentine entre 2017 et 2019 sous le gouvernement de Mauricio Macri — a critiqué les politiques distributives des gouvernements kirchnéristes (2003-2015) avec la phrase suivante : « Nous venons de 12 ans durant lesquels les choses ont été mal faites. La surconsommation a été encouragée, les tarifs et le taux de change ont été retardés… Où l’on a fait croire à un employé moyen que son salaire suffisait pour acheter des téléphones portables, des écrans plasma, des voitures, des motos et voyager à l’étranger. » Voir : https://www.infobae.com/2016/05/27/1814472-gonzalez-fraga-le-hicieron-creer-un-empleado-medio-que-podia-comprarse-celulares-e-irse-al-exterior/

[9] Loi n° 20.744, chapitre II, articles 116, 117 et 118 : https://www.argentina.gob.ar/normativa/nacional/ley-20744-25552/actualizacion

[10] Voir :  https://www.undav.edu.ar/general/recursos/adjuntos/23042.pdf

[11] Voir : https://www.lacapitalmdp.com/argentina-tiene-el-salario-minimo-en-dolares-mas-bajo-de-la-region/

[12] Le gouvernement de Donald Trump a procédé à un sauvetage financier en faveur de Javier Milei afin d’éviter une crise de son modèle économique dans le contexte des élections de mi-mandat d’octobre 2025. Voir : https://www.pagina12.com.ar/859856-trump-tomo-el-mando-para-rescatar-a-milei-y-caputo/

[13] Les prêts en dollars mentionnés ont été utilisés pour pallier l’alarmante pénurie de devises à la Banque centrale ; ils ont été orientés vers le marché des changes et vendus à des acheteurs privés, accentuant ainsi la fuite des capitaux. La dette publique contractée a ainsi servi à financer la fuite privée de devises, tout en évitant une forte dévaluation en période électorale.

[14] Voir : www.pagina12.com.ar/584821-segun-victoria-villarruel-no-existe-el-terrorismo-de-estado/

[15] L’Union industrielle argentine (UIA), fondée en 1887, constitue la principale représentation des entreprises industrielles du pays.

[16] Voir : https://blogs.mediapart.fr/claudio-casparrino/blog/301025/le-mileisme-est-le-nouvel-avatar-de-la-lutte-des-classes-en-argentine

[17] Voir : www.pagina12.com.ar/2025/12/11/el-proyecto-de-milei-para-terminar-con-el-rol-del-estado-en-la-educacion/

[18] Santiago Maldonado, un jeune homme solidaire des luttes du peuple mapuche pour la récupération de leurs terres ancestrales, a disparu le 1er août 2017 lors d’une violente opération de dispersion menée par la Gendarmerie nationale sur un blocage routier dans la province patagonienne de Chubut. Alors que des recherches avaient été engagées dès sa disparition, son corps a été retrouvé seulement 78 jours plus tard dans les eaux du Río Chubut. Voir : www.anred.org/santiago-maldonado-ocho-anos-de-un-crimen-atroz-que-el-estado-no-quiere-esclarecer/

[19] Isauro Arancibia (1926-1976) fut un enseignant et dirigeant syndical argentin originaire de la province de Tucumán dans le nord du pays. Il a dirigé l’Association des enseignants provinciaux de Tucumán (ATEP) et cofondé la Confédération des travailleurs de l’éducation de la République argentine (CTERA), dont il fut secrétaire général adjoint. Il a été assassiné avec son frère, Arturo René Arancibia, par un « groupe de tâches » (unités militaires ou paramilitaires) dans la nuit du 24 mars 1976, début de la dernière dictature militaire argentine. Voir : www.tiempoar.com.ar/ta_article/arancibia-docente-asesinado-dictadura/

[20] Atilio Santillán (1935-1976) fut un syndicaliste argentin de renom, né dans la province de Tucumán au Nord du pays. Il fut secrétaire général de la Fédération ouvrière de Tucumán de l’industrie sucrière (FOTIA) et, avec d’autres leaders syndicaux tels qu’Agustín Tosco, Raimundo Ongaro et René Salamanca, fonda la « CGT des Argentins » (1968 et 1974), une articulation de syndicats non alignés sur la direction officielle de la Confédération générale du travail (CGT). Depuis cette instance, il participa aux mobilisations multisectorielles massives qui menèrent à la chute de la dictature appelée « révolution argentine » (1966-1973), dirigée par Juan Carlos Onganía. Atilio Santillán fut assassiné par un groupe armé au siège de la FOTIA à Buenos Aires le 22 mars 1976, deux jours avant le dernier coup d’État.

[21] La « zafra » désigne le travail de récolte et de traitement de la canne à sucre. Bien qu’actuellement largement mécanisé, ce travail agricole était historiquement effectué manuellement à la machette lors de longues journées sous la chaleur tropicale et subtropicale. Il est considéré comme l’un des travaux les plus pénibles de l’activité rurale. En l’absence de normes protectrices du travail, des conditions de travail très dures et de faibles rémunérations étaient fréquentes, y compris le travail des enfants.

[22] Procès des responsables de la dernière dictature.

[23] L’ « ultra-actividad » est le principe selon lequel une convention collective continue de s’appliquer, même après l’expiration de sa durée, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par une nouvelle.

[24] Il s’agit d’un mécanisme controversé qui permet de compenser les heures supplémentaires par des périodes de repos ultérieures, sans verser de majoration pour les heures effectuées en plus.

[25] La Centrale des travailleurs argentins (CTA) s’est constituée au début des années 1990 à partir de l’initiative de nombreux syndicats qui décidèrent de quitter la Confédération générale du travail (CGT). En 2010, une scission interne donna naissance à deux organisations indépendantes : la CTA des travailleurs et la CTA autonome.

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