« Le livre noir des ondes » sort dans l'indifférence générale.

L'absence de réactions face à un ouvrage collectif de scientifiques qui fait le lien entre pollution électromagnétique et santé montre le niveau d'aveuglement de la population face au danger sanitaire que représentent ces technologies.

La 5G : une question environnementale et politique

Pendant ces derniers mois, la 5G nous a été présentée à juste titre comme une question environnementale et politique.

En effet, son développement ne peut se faire sans une augmentation de la consommation énergétique globale, liée à la fabrication d'objets connectés et d'antennes de grande et de petite taille, ainsi qu'au fonctionnement du système dans son ensemble. La question sera rapidement cruciale, parce que la production d'énergie ne sera pas infinie. Par ailleurs, le temps de vie moyen de ces appareils est ridiculement court, au regard de toutes les ressources nécessaires à leur fabrication et à leur commercialisation.

De plus, un réseau fonctionnant en 5G, parfaitement inutile pour l'usage actuel, sera indispensable à la surveillance globale de la population, grâce à des caméras intégrées dans le mobilier urbain et aux multiples objets connectés, dont les compteurs communicants Gazpar et Linky. A ce sujet, Grégoire Chamayou, chercheur au CNRS et auteur de « la « La société ingouvernable ; une généalogie du libéralisme autoritaire» nous laisse anticiper que les nouvelles technologies constitueront un support performant pour étouffer toute contestation, afin que les entreprises multinationales puissent mener leurs affaires tranquillement.

Et la question sanitaire ?

Cependant, la question sanitaire est en train malheureusement de passer à la trappe. Ces dernières années, les applications de toute sorte se sont multipliées pour le plus grand bonheur des industriels, y compris dans les services publics (Education Nationale, impôts, organismes de protection sociale). La 5G apparaît comme un horizon plein de promesses. La vie « déconnectée » est devenue très difficile dans les actes de la vie courante. L'utilisation d'un smartphone est largement encouragée. Pourtant, c'est là que le bât blesse. Autant il est possible de câbler son ordinateur, autant le smartphone rayonne, d'ailleurs souvent au delà de la limite autorisée, comme l'a démontré l'association Alerte Phonegate. Aujourd'hui, même les enfants se voient équipés d'un smartphone et utilisent la 4G ; le téléphone est souvent porté près du corps (poche de pantalon, poche intérieure de veste). Les temps de connexion sont très élevés chez tous les utilisateurs.

Les médias, qui sont souvent dépendants financièrement d'un opérateur téléphonique, n'informent pas clairement le public. (cf l'ouvrage de Nicolas Bérard, « 5G mon amour »). Malgré tout, divers reportages se sont succédé, montrant les effets cliniques observés sur les êtres vivants. On peut citer en vrac : « Mauvaises Ondes », « Ondes de choc », « Smartphones, sommes-nous tous accros? », « Éleveurs sous tension », «L'onde d'un doute ». Le « livre noir des ondes », écrit par des scientifiques sous la direction du Professeur Belpomme ajoute une pierre à l'édifice. Selon lui, « les problèmes de santé pour lesquels on suspecte un rôle des champs électromagnétiques concernent avant tout les cancers, la maladie d'Alzheimer, la sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot, la sclérose en plaque, l'hypofertilité et les troubles du rythme cardiaque. » Par ailleurs, l'ANSES considère, au vu d'études internationales, que 5% de la population souffre d'électrohypersensibilité, soit 3,5 Millions de personnes en France.

Naïvement, nous croyons que si ces produits étaient toxiques, ils ne seraient pas fabriqués à si grande échelle. Pourtant, les exemples ne manquent pas pour comprendre que les industriels font largement fi de la santé des populations : alimentation ultra-transformée, pesticides, OGM, sites industriels polluant l'air et les sols... La montée de toutes les pathologies environnementales devraient nous rendre davantage méfiants par rapport au soi-disant progrès technologique.

Souvenons-nous déjà que les ingénieurs de la Silicon Valley tiennent leurs enfants à l'écart des téléphones et jeux vidéos et les envoient dans des écoles où les écrans sont rares et les professionnels d'éducation nombreux. Souvenons-nous également qu'en 2016, l'ANSES (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) alertait sur la nécessité de protéger les enfants des rayonnements électromagnétiques.

Devrions-nous attendre sagement que les pouvoirs publics diffusent en boucle des messages du type « limitez votre temps sur les écrans », « le smartphone, un plaisir à consommer avec modération » ? Pourtant, le site officiel radiofrequences.gouv nous enseigne que le téléphone portable doit rester à distance du cerveau, ce qui n'est pas sans lien avec l'augmentation de l'incidence du glioblastome (cancer du cerveau) constatée par Santé Publique France durant ces 30 dernières années. Le site radiofrequences.gouv n'a pas bénéficié de relais médiatiques ; néanmoins, au cas où un scandale éclaterait, il sera toujours possible au Ministère de la Santé de brandir ce joker et de clamer : « On vous l'avait pourtant dit, mais vous n'avez pas su prendre soin de vous».

En attendant le moment où il ne sera plus possible de cacher les dégâts faits par les rayonnements électromagnétiques, le travail effectué par des associations, telles qu'Alerte Phonegate, Robin des toits et Priartem, mérite d'être pris en considération par tous.

 

 

 

 

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