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Billet de blog 26 nov. 2022

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Merci pour ceux qui ont faim

Aujourd'hui, samedi, je me rends au centre commercial pour quelques courses. Il est dix heures, et celui-ci est déjà plein de monde : des jeunes gens surtout, des filles entrant, sortant des boutiques de mode, quelques-unes les bras chargés de sacs.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pour ma part, je me dirige vers le magasin d'alimentation et, là aussi, il y a du monde. C'est samedi, le jour où les gens font leurs courses pour la semaine. Les files d'attente s'allongent aux caisses, les caddies sont pleins.

Les caisses automatiques sont prises d'assaut.

A l'entrée de cet hypermarché, une dame d'une cinquantaine d'années, le visage fatigué, se tient debout. Elle porte un gilet sans manches portant dans le dos l'inscription : Banque alimentaire. Elle me tend une fiche où est inscrit une liste d'aliments à acheter : du riz, des pâtes, des conserves, des aliments pour bébés, etc. Et en Urgent : du sucre, du café, du chocolat.

J'explique a cette bénévole que je ne pourrai pas acheter grand -chose.

Elle me répond : « Un paquet de biscuits est suffisant ». Je fais le tour du magasin et je prends un kilo de riz et deux kgs de pâtes. J'aurai pu acheter un peu plus, mais comment faire quand c'est déjà difficile pour soi -même ?  Pour ma part, je me contenterai d'un bocal de compote de pommes.

Mes courses sont terminées, je passe aux caisses automatiques, je scanne et je sors avec mes courses.  J'aperçois un caddy, j'y dépose mes achats. C'est bizarre, il n'y a personne. Je dépose le riz, les pâtes, et là, je vois arriver le bénévole. Un monsieur d'origine africaine, avec un grand sourire aux lèvres, me remercie de mes achats. Je lui réponds que ce n'est pas la peine de me remercier, car pour moi, il est normal de s'entraider. Et je lui fais remarquer que son caddy est très peu rempli, que les gens ne donnent plus.

Et là, il lève les bras au ciel et me dit : « Dieu va nous aider ».

Je lui réponds : « Oui mais Dieu a tellement de travail qu'il ne sait plus où donner de la tête ». Il repart alors dans un grand éclat  de rire et cela me fait du bien de le voir rire car, il y a longtemps que moi, je n'ai plus envie de rire.

En partant,  il m'annonce : « il faut garder l'espoir ». Je lui réponds : « Hé oui, l'espoir fait vivre ! Mais certains Français en ont marre d'aider  les autres, la fraternité n'existe plus pour ces gens-là. Il faudrait changer la devise Liberté, Egalité, Fraternité. Elle ne veut plus rien dire. La faute à qui ? Aux inégalités, à l'injustice, au racisme qui ne cessent de progresser et cela me fait peur, car les politiques ne font  que souffler sur les braises pour aggraver la situation. Il suffit de regarder ce qui se passe à l'Assemblée, ces député(es) qui s'invectivent à tout bout de champ qu'ils en oublient qu'il y a des lois à voter.

Des lois à voter pour améliorer la vie des Français, mais c'est mal parti.

Et Coluche doit se retourner dans sa tombe car cela fait 37 ans que ce sacré humoriste, qui n'avait peur de rien, a lancé son idée d'une « grande cantine » gratuite pour nourrir les pauvres. Mais la pauvreté est toujours de mise dans ce pays, qui se dit riche. Des millions de Français sont passés par « les  restos du coeur » et cela durera encore de nombreuses années.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Et si Coluche n'avait pas existé, que se serait-il passé ?

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