Création d’un comite d’organisation d’un nouveau conseil de la resistance

La lecture de la tribune du grand et jeune (97 ans) Claude Alphandéry « Pour résister à la pandémie… » a été pour nous une révélation. Nous voulons placer nos pas dans ceux de nos glorieux anciens pour écrire, ensemble, toutes générations confondues, une nouvelle page de notre histoire.

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Depuis le début de la pandémie de CORONAVIRUS/COVID19, nous sommes confinés. Certains désespèrent car ils imaginent le pire. D’autres sont persuadés que tout reviendra comme avant au nom d’un « business as usuel » porteur d’un déni mortifère et refusant d’anticiper les crises, notamment, climatiques qui nous attendent dans les prochaines années.

 

Nous, dans le temps libéré par le confinement obligatoire, nous nous sommes mis à rêver et à imaginer que nous pouvions reprendre notre avenir en mains, sans laisser à d’autres dans de discrètes officines ou des cénacles raffinés continuer à organiser le chaos pour mieux imposer un ordre nouveau dans lequel nous serions « libre d’obéir ».

 

Notre projet peut paraitre un peu fou, voire complétement utopique : nous proposons à tous celles et ceux qui ne veulent pas que demain soit une occasion manquée d’écrire ensemble notre avenir. Nous voulons retrouver le souffle de la Résistance qui a inspiré pendant plusieurs décennies la vie intellectuelle, économique et sociale de notre pays, avant d’être contrecarré par le souffle glacial du calcul égoïste d’une rationalité financière réduisant l’humain à une donnée que l’on échange, que l’on remplace ou que l’on méprise. Nous voulons résister à la gouvernance par les nombres dont la référence systématique au PIB est la meilleure illustration.

 

Comme Claude Alphandéry ou Stéphane Hessel, en son temps, nous pensons que l’œuvre du Conseil national de la Résistance (CNR) est plus que jamais conforme à l’esprit français et que sa méthode et ses principes peuvent guider la construction d’un avenir commun dans une France plus juste et plus forte. Si les objectifs du CNR restent valables, le monde a changé. Ce programme doit être aménagé pour tenir compte des réalités du temps présent et pour anticiper les menaces, notamment climatiques, qui se profilent à l’horizon.

 

Alors, sans être investi par quiconque, aucune parti, syndicat ou président ne nous a désigné, sans participer à une éniéme manipulation politicienne au bénéfice d’un politique sorti de sa retraite ou d’un autre essayant d’agglomérer autour de lui le sentiment diffus qui s’exprime, nous proposons à tous les citoyens qui le souhaitent de reprendre leur destin en main autour de trois idées.

 

La première consiste à substituer à une politique du renoncement une politique de l’engagement. Depuis 1979 et Margaret Thatcher on stérilise notre imagination en invoquant TINA (there is no alternative, il n’y a pas d’alternative). Eh bien, nous souhaitons faire entendre une autre chanson avec TINO (there is a new option ; il y a une nouvelle option). Si nous en pressentons l’air, il nous reste à écrire, ensemble, les paroles.

 

La deuxième idée simple est qu’il faut réinventer la démocratie qui s’est corrodée sous les coups de boutoir répétée des forces de l’argent. Ce n’est pas nouveau, ce risque était dénoncé depuis l’Antiquité. Mais, la pandémie du COVID19 illustre cette situation : absence d’anticipation au nom d’économies à réaliser pour payer la dette ; volonté de reprendre le travail coûte que coûte sans que le risque épidémique soit sous contrôle.

Alors, si, comme l’a démontré Montesquieu, la démocratie c’est la séparation des pouvoirs politiques (gouvernement, parlement et justice), nous devons faire un pas supplémentaire en affirmant et en organisant la séparation entre le pouvoir économique et les pouvoirs politiques.

Cela suppose d’affirmer que « le droit de propriété est borné comme tous les autres par l’obligation de respecter les droits d’autrui. Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté ni à l’existence ni à la propriété de nos semblables » (Projet d’articles additionnels à la Déclaration des droits de l’homme, 24 avril 1793). On peut également reprendre les recommandations d’éminents intellectuels qui publièrent une tribune dans Le Monde en 2018 ainsi rédigé « Le temps est venu de poser démocratiquement des limites à la puissance privée, pour qu’elle se déploie dans le respect de l’intérêt général. Des limites qui donnent un sens humain à l’extraordinaire potentiel d’innovation de l’esprit d’entreprise. »

 

Pour cela, et ce sera notre troisième idée, nous devons proposer des principes fondateurs et un programme ambitieux pour préparer demain. Nous inspirant très directement du programme du Conseil national de la résistance nous l’avons amendé et adapté en intégrant plusieurs éléments, à nos yeux essentiels :  comment faire face aux bouleversements climatiques que nous avons déjà commencé à vivre ? comment permettre à l’Europe de dépasser le « grand marché » pour devenir une véritable puissance politique seule à même de résister aux menaces pesant sur la démocratie ? comment, au nom de la solidarité internationale, réduire les inégalités (y compris sociétales comme l’éducation et le numérique) qui trouvent leur source dans la double fracture coloniale et environnementale ?

 

Nous avons conscience d’avoir oublié ou négligé des pans entiers de la réflexion et de l’action. C’est pour cela que nous proposons de le coproduire à toutes celles et à tous ceux qui le veulent bien.

 

Dans un premier temps, nous révélerons le 18 juin 2020, un « nouveau programme du Conseil national de la Résistance, rédigé en plein nuit du confinement. D’ici là, nous espérons mettre en place un site contributif pour permettre à ce programme de passer l’épreuve du débat public à la lumière du soleil estival.

 

Ainsi, du 18 juin au 14 juillet 2020, tous les citoyens qui veulent cesser d’être des consommateurs (cons sots mateurs ?) pourront déposer des contributions, des propositions, des résolutions qui viseront à approfondir le sillon des droits de l’homme et des principes nés des Lumières.

 

Enfin, si nous en avons les moyens et si la mobilisation est au rendez-vous, nous proposons d’organiser du 24 au 26 août 2020 à LYON, capitale de la Résistance, la tenue d’un « Nouveau conseil national de la résistance » avec pour objectif de discuter, d’arrêter et d’approuver ce « nouveau programme du CNR » qui devra nous permettre de trouver des solutions pour faire face à la pandémie et proposer des projets à forte valeur ajoutée écologique et sociale permettant d’éviter que les crises globales n’aggravent toujours plus les inégalités béantes.

 

Nous ne sommes que le Comité d’organisation du NCPR et nous n’avons pas la prétention de nous substituer à la volonté générale qui doit trouver les moyens de s’exprimer.

 

Pour nous guider, nous partageons cette conclusion de la « république moderne » de Pierre-Mendès-France « parce qu’elle n’est jamais pleinement acquise, la démocratie est toujours menacée. Par ses adversaires, sans aucun doute. Mais bien plus par la négligence ou l’inertie des citoyens. Eux seuls peuvent la faire vivre en la portant jour après jour dans une action incessante de solidarité ».

 

Citoyens, réveillez vous et passez à l’action.

 

Le comité d’organisation du NCNR – Pour nous contacter : comitedorganisation@protonmail.com

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