LEVOTHYROX : pourquoi lancer une action collective contre l'ANSM ?

Quatre ans après le changement de formule du Levothyrox ayant provoqué des effets secondaires chez des centaines de milliers de malades de la thyroïde, l’affaire prend un nouveau tournant lors de cette rentrée ! Après la victoire sur Merck et avec sa plateforme d'actions collectives myleo.legal, Christophe Lèguevaques (CLE) vient chercher la responsabilité de l'ANSM.

Pourquoi lancer une action collective contre l'ANSM ?

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CLE - Il faut d'abord rappeler que j'ai gagné l'année dernière contre MERCK devant la cour d'appel de Lyon. Cette décision permettra à chacun des 3300 requérants de voir leur préjudice moral indemnisé à hauteur de 1000 €. La décision de la cour d'appel de Lyon pourrait faire jurisprudence car elle ouvre une brêche dans le système de défense de Big Pharma. En effet, la Cour considère qu'un producteur de médicament à l'obligation directe d'informer les consommateurs de ses produits. On comprend mieux pourquoi MERCK a saisi la cour de cassation, il s'agit d'éviter que cette décision ne fasse jurisprudence.

Cette nouvelle action collective conjointe vise à rechercher la responsabilité de l’ANSM (Agence nationale de sécurité des médicaments) dans le dossier LEVOTHYROX et doit permettre aux victimes du changement de formule du LEVOTHYROX en 2017 de voir indemniser le préjudice moral d’anxiété à hauteur de 15.000 € par demandeur.  Pour le moment seul le préjudice moral sera visé. Le préjudice corporel, qui doit faire l’objet d’une expertise médicale individuelle, sera abordé dans le cadre d’autres procédures.

Que reprochez-vous à l'ANSM ?

CLE et les victimes du Lévothyrox (Lyon 7 janvier 2020) CLE et les victimes du Lévothyrox (Lyon 7 janvier 2020)
CLE - Avant même le début de l’affaire, la situation de monopole de Merck sur ce marché était anormale et il était de la responsabilité de l’ANSM de la régler. Dans les autres pays européens, aucun acteur ne détient plus de 50 % du marché.

L’ANSM ne semble pas avoir lu, compris ou tenu compte des précédents : Nouvelle Zélande, Israël, Canada, Belgique ou Danemark, nombreux sont les pays dans lesquels les changements de formule d'autres médicaments à base de levothyroxine, fabriqués par d'autres producteurs, ont entrainé des effets indésirables ou secondaires inattendus pour 10 à 30% de malades. Il fallait être particulièrement vigilant et prévoir, comme en Belgique, une information renforcée du personnel médical et une mise en garde directe des malades.

L’ANSM n’a pas exercé son esprit critique sur les données brutes communiquées par MERCK au moment du test de bioéquivalence. En tout état de cause, cet acteur public a fait une confiance aveugle au laboratoire en se contentant d’un simple traitement administratif.

Enfin, la gestion de la crise par l’ANSM a été catastrophique : mépris de la parole des malades, déni de la crise, réponses inadaptées... Il a fallu une mobilisation incroyable des associations pour que l’ANSM accepte, à contre cœur, d’agir.

Pour résumer, l’ANSM a eu une confiance aveugle dans l’industriel et une méfiance problématique vis à vis des malades, tout au long de cette affaire. 

Pourquoi avoir créer Myleo.legal, plateforme d'actions collectives ?

Myleo.legal, plateforme d'actions collectives conjointes © MYLEO Myleo.legal, plateforme d'actions collectives conjointes © MYLEO
CLE - Parce qu'avec l'ancienne plateforme, nous avons démontré que cela marchait dans les dossiers Levothyrox, Chlordecone, Linky, et d'autres.
Ainsi, nous avons réussi à mobiliser des milliers et parfois des dizaines de milliers de plaignants, tout en conservant une relation directe avec les justiciables. Nous refusons de les traiter comme des "numéros".

Le lancement de cette nouvelle action collective conjointe contre l’ANSM a eu lieu, le 14 septembre 2021, sur MYLEO.LEGAL, une nouvelle plateforme digitale d’actions collectives conjointes.

MYLEO, marche fidèlement dans les pas de MySMARTcab. La raison d’être de son prédécesseur perdure tandis que la sécurité des données sensibles, la présentation et l’accès aux services ont été optimisés.

Cette nouvelle plateforme vise à mettre à disposition des informations sourcées et vérifiées par des avocats et à faire en sorte de mener à bonne fin l’action collective. MYLEO, qui signifie « my legal office » (« mon bureau légal » en français), n’est pas un cabinet d’avocat, mais bien un medium par lequel est transmise l’information. MYLEO est également une boite à outils pour les avocats souhaitant communiquer avec les milliers de participants à une action collective.

L’objectif de MYLEO est de faciliter l’accès à la justice pour le plus grand nombre. Pour y parvenir, il est nécessaire de simplifier les démarches et de faire de baisser les coûts des procédures. Les actions collectives représentent la solution idéale pour remplir ces objectifs, car, en droit aussi, l’union fait la force

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